Anguillulose
Introduction
L'anguillulose est une parasitose (maladie due à un parasite) après infestation par des anguillules (petits vers appartenant à la classe des nématodes d'une longueur de 2à 3 mm) qui s'implantent dans l'intestin grêle et plus particulièrement dans le duodénum. Cette affection se caractérise par une diarrhée survenant par intermittence, accompagnée de douleurs abdominales et une augmentation du nombre des éosinophiles (variété de globules blancs) ainsi qu'une anémie (peu nette).
Epidémiologie
L'anguillulose est une helminthiase qui élit domicile sur les sols chauds et humides souillés de matières fécales humaines, essentiellement sous les tropiques, en Extrême-Orient, au Proche-Orient, en Amérique centrale, en Afrique, en Amérique du Sud et en Méditerranée (plus rarement).
L'helminthiase est une parasitose due à la présence d'helminthes.
Les helminthes sont des vers parasites, les larves d'anguillule, vivants dans l'intestin de l'homme et des animaux.
Les larves pénètrent ensuite dans l'organisme par la peau, gagnant par voie sanguine et par voie lymphatique l'appareil respiratoire et les poumons. Ensuite, elles migrent vers l'intestin grêle où elles se développent.On assiste alors à l'éclosion des oeufs femelles et à l'élimination des larves par l'intermédiaire des selles.L'association anguillulose et ankylostomiase n'est pas rare.
Causes
Cette maladie tropicale des pays chauds et humides est due à un nématode du nom de strongyloïdes stercoralis ou strongyloïdes S. fülleborni.Le cycle de l'anguillulose est comparable à celui de l'ankylostome.
Il s'agit de larves très fines présentes dans les sols humides et qui finissent par entrer dans la circulation veineuse en passant par la peau. Après avoir atteint les poumons du sixième au neuvième jour, elles s'installent dans le tube digestif où elles se transforment en femelles (pour les spécialistes : parthénogénétiques) qui se fixent à l'intérieur des cellules qui tapissent l'intérieur de l'intestin (la muqueuse intestinale) vers le 18e jour du cycle. Elles profitent de ce nouveau domicile pour pondre leurs oeufs qui sont à leur tour transformés en larves qui sont éliminées par les selles au 28e jour.Dès cet instant on constate la présence d'une auto-infestation endogène (le patient s'infecte lui-même). Autrement dit il n'est pas nécessaire de contracter une larve venue de l'extérieur pour avoir une nouvelle anguillulose.
Un phénomène a été récemment mis en évidence : c'est celui de l'emballement de l'infestation et de la dissémination des vers dans tout l'organisme quand le patient présente des capacités immunitaires déficitaires ou quand il est soumis à un médicament immunosuppresseur (destiné à faire baisser son immunité tels que les corticoïdes ou les rétrovirus).
Symptômes
Les symptômes sont quelquefois absents ou bien ne correspondent pas à une parasitose.
La pénétration de la larve à l'intérieur de l'organisme se fait par la peau, c'est la raison pour laquelle on constate, chez les patients, la présence d'un érythème (coloration rouge) et des pétéchies au point de pénétration de la larve. Les pétéchies correspondent à des petites taches cutanées de coloration rouge tirant sur le violet et dues à une infiltration (pénétration de sang sous la peau).
Cette pénétration transcutanée (à travers la peau) peut être source d'épisodes d'urticaire et de prurit (démangeaisons).L'apparition de cordon sous la peau est le résultat de la migration des larves à ce niveau. La progression se fait à raison de plusieurs centimètres par jour d'où le nom de larva currens. Les cordons ne forment pas une ligne continue mais au contraire discontinue. Ils sont localisés autour de l'anus, dans la région lombaire ou au niveau de l'abdomen.Les autres symptômes sont :
Une toux liée à l'atteinte pulmonaire.
Une dyspnée (difficulté à respirer) due à l'atteinte des poumons.
Des douleurs diverses plus particulièrement abdominales.
Des brûlures épigastriques (situées au-dessus de l'ombilic).
Des diarrhées à répétition. Celles-ci se caractérisent par une perte de morceaux d'aliments qui ne sont pas digérés et par la présence d'une grande quantité d'eau.
L'anguillulose disséminée qui survient chez les patients immunodéprimés se caractérise par la survenue de diarrhée très importante, une inflammation des méninges, la présence de bactéries Gram négatif dans le sang (septicémie). Ces germes sont transportés par les vers.Labo
Chez certains patients on constate une hyperéosinophilie (augmentation du nombre des éosinophiles dans le sang). Ceci apparaît essentiellement au cours du stade d'invasion ou au cours de celui de réinfestation (quand le patient se réinfeste par ses propres larves).
Examens Complémentaires
Le diagnostic est obtenu après mis en évidence de larves dans les selles. Il est nécessaire d'aspirer le contenu du duodénum en utilisant une sonde spéciale.
Pour les spécialistes, quand le nombre de larves dans les selles est peu important il est utilisé une technique d'enrichissement : la merthiolate-iode-formol appelé également MIF.
Un autre test consiste à avaler une capsule qui contient un fil dont une des extrémités est retenue à l'extérieur. Il s'agit de l'entérotest. Au bout de trois heures le laboratoire recherche la présence d'anguillules dans la glaire (mucus) qui entoure le fil qui a été retiré par l'extrémité libre.
La méthode d'extraction de Baermann permet quelquefois de poser le diagnostic quand aucune des deux méthodes précédemment citées n'est possible. Il s'agit de mettre, dans de l'eau tiède, des selles suspectes. Ceci favorise la concentration des larves qui bougent plus.
Evolution
L'anguillulose peut occasionner une perforation des intestins avec
péritonite (plus rarement).
La survenue d'une nouvelle infection (dans ce cas interne) à partir de la muqueuse de l'anus se voit chez quelques malades.
L'inflammation de la muqueuse du duodénum (duodénite) occasionne d'importantes pertes en eau, quelquefois à l'origine de déshydratation grave et de malabsorption.
En ce qui concerne l'anguillulose disséminée celle-ci présente une évolution péjorative dans environ 80 % des cas. Chez certains patients elle est associée à une autre infection (sida entre autres). Cette parasitose est alors susceptible d'évoluer vers une atteinte de plusieurs viscères entraînant une incapacité pour ceux-ci d'assurer leur fonction principale, c'est ce que l'on appelle la
défaillance multiviscérale.
Traitement
Molécule au choix : Tiabendazole (à raison de 25 mg par kilo de poids, deux fois par jour pendant trois jours).
Abendazole 400 mg par jour pendant trois jours à une semaine.Ivermectine 200 µg par kilogramme en prise unique ou pendant deux jours.
Si nécessaire répétition de la cure en cas de constatation de présence de larves.