Estomac (généralités)
Introduction
Partie agrandie du tube digtif qui fait suite à l'œsophage (par l'intermédiaire du cardia). L'estomac se continue ensuite par le duodénum (à travers l'orifice pylorique). Anatomiquement cet organe est composé d'une partie supérieure gauche volumineuse : le fundus ou grosse tubérosité à laquelle fait suite le corps puis d'une partie pylorique qui se termine par l'antre pylorique. Il s'agit d'une sorte de réservoir ayant la capacité de brasser, grâce à sa structure musculaire, et de sécréter, grâce à la présence de glandes, de l'acide chlorhydrique, la pepsine, le facteur intrinsèque et du mucus. La longueur moyenne de l'omacmac est environ 25 cm, sa largeur 12 cm et son diamètre d'avant en arrière 10 cm. Sa capacité en moyenne est de 1200 cl à1600cl.
Anatomie
L'omentum (terme issu du latin pour épiploon, en anglais omentum), appelé également épiploon est un répit du péritoine, généralement contenant beaucoup de graisse, qui unit la grande courbure de l'estomac au côlon transverse en ce qui concerne le grand omentum. Le petit omentum unit la petite courbure de l'estomac au sillon transverse du foie et aux régions proches de l'oesophage et du duodénum.
Physiologie
L'estomac est situé entre le foie à droite la rate à gauche, le diaphragme en haut le colon transverse en bas et le pancréas en arrière.La zone abdominale correspondant à l'estomac est l'épigastre. Le segment vertical : le fundus dont la partie supérieure est constituée par la grosse tubérosité est la portion la plus volumineuse de l'estomac, elle se situe à gauche du cardia. Son bord supérieur septal se trouve à la hauteur de la cinquième côte et plus précisément du 5e cartilage costal gauche. L'angle constitué par la grosse tubérosité est l'œsophage, il est appelé angle de His. Plus précisément, anatomiquement l'estomac comprend le fundus, une portion horizontale l'antre, une petite courbure qui est la partie concave de la lettre J majuscule et la grande courbure à bord convexe.C'est la partie antérieure du fundus qui communique avec l'œsophage par le cardia formant la grosse tubérosité. L'antre quant à lui est séparé du duodénum par le pylore où l'on décrit un sphincter puissant autorisant l'ouverture et la fermeture de l'orifice orienté vers l'intestin.La vascularisation de l'estomac et très abondante. Elle se fait par l'intermédiaire des trois branches du tronc Coeliaque. Plus précisément la vascularisation artérielle de l'estomac est schématiquement assurée par 2 cercles artériels : le cercle de la grande courbure et le cercle de la petite courbure. Le réseau veineux de l'estomac comprend la veine gastro-épiploïque gauche et la veine gastro-épiploïque droite.Le pancréas est séparé de l'estomac par l'arrière cavité des épiploons conférant à l'estomac une certaine mobilité.
La paroi de l'estomac comporte quatre couches qui sont de l'extérieur à l'intérieur :
La séreuse (péritoine)
La musculaire (constitué de fibres longitudinales circulaires et obliques permettant le brassage et l'évacuation des aliments)
La sous muqueuse constituée d'un tissu conjonctif lâche
La muqueuse constituée d'un épithélium prismatique comprenant des cellules responsables de la sécrétion du suc gastrique. La surface interne de l'estomac présente un aspect ridé. En effet à ce niveau on constate les plis gastriques qui au fur et à mesure que l'estomac se remplit, s'effacent si bien que la capacité de l'estomac augmente progressivement. La capacité gastrique maximale de l'estomac est d'environ 1600 cm³ c'est-à-dire à peu près un litre et demi. La surface de l'estomac est parsemée de cryptes profondes et étroites. Au fond de ces cryptes on peut observer les glandes gastriques qui contiennent trois types de cellules : les cellules accessoires qui sécrètent le mucus et les cellules principales qui fabriquent le pepsinogène (précurseur inactif de la pepsine). La pepsine est une enzyme dont le rôle est de détruire les grosses protéines qui constituent les aliments, en fragments plus petits. Elles contiennent également les cellules bordantes qui sécrètent l'acide chlorhydrique (HCl). L'acide chlorhydrique amène le pH (acidité) du suc gastrique aux environs de 1 et le pH du contenu de l'estomac aux environs de 2 à 3,5. Ce taux d'acidité rend le milieu favorable à l'activation et à l'action de la pepsine. Enfin l'acidité va permettre de débarrasser le bol alimentaire de la majeure partie des bactéries qui sont ingérées. Le facteur intrinsèque est une protéine associée à un sucre (glycoprotéine) et sécrété par le fundus. Il s'agit là d'un élément essentiel pour l'absorption de Vitamine B12 par l'intestin grêle.
La digestion dans l'estomacL'estomac possède une fonction de réservoir (grâce au fundus) et une fonction d'évacuation par l'intermédiaire de l'antre.La digestion mécanique est le résultat du travail important que réalise la musculature de l'estomac. À l'intérieur de celui-ci que les aliments sont broyés, malaxés puis brassés et enfin homogénéisés.L'estomac assure également la digestion chimique par l'ensemble de sécrétions gastriques appelées suc gastrique (voir ci-dessus).
La régulation de la sécrétion du suc gastrique se fait par l'intermédiaire de facteur à l'origine du déclenchement de la sécrétion de suc gastrique :Les stimulations d'origine psychique qui vont déclencher le réflexe de sécrétion du suc (par exemple la vue ou la perspective d'un bon repas).Les stimuli (les excitations nerveuses) provenant des récepteurs gustatifs de la bouche, des récepteurs olfactifs du nez, des récepteurs visuels. Le nerf à l'origine de la sécrétion gastrique est le nerf pneumogastrique c'est-à-dire la dixième paire appelé également nerf vague.La gastrine est une hormone qui est libérée dès que le bol alimentaire est en contact avec les parois de l'antre. Cette substance stimule énormément la sécrétion de suc gastrique. Lorsque une certaine quantité de suc gastrique a atteint un taux d'acidité suffisamment élevé, la sécrétion de gastrine est freinée. La gastrine est stimulée grâce à l'action de la caféine, de l'alcool (légèrement) et de la quantité en protéines des aliments absorbés.Le suc gastrique casse les protéines en petits fragments de polypeptides grâce à l'action de la pepsine. Les glucides (sucres) ne sont pas modifiés et restent tels qu'ils sont c'est-à-dire comme l'amylase de la salive les a laissé (en polysaccharides). Ceci provient du fait que le pH de l'estomac est trop bas, ce qui inhibe la digestion des glucides. Les lipides insolubles dans l'eau vont devenir des grosses gouttelettes de lipides (de graisse). Le bol alimentaire, enfin, est légèrement débarrassé des bactéries.Les nutriments c'est-à-dire les substances nutritives des aliments ne sont pas absorbées par la muqueuse de l'estomac. Néanmoins une petite quantité d'eau passe dans le sang ainsi que des sels minéraux et de l'alcool. À la sortie de l'estomac le bol alimentaire correspond à une bouillie contenant de grosses molécules de sucre et de protéine associées à des lipides. Celles-ci seront dégradées progressivement dans la partie suivante du tube digestif à savoir l'intestin.
La vidange de l'estomac. La bouillie qui est obtenue dans l'estomac grâce à la digestion mécanique associée à la digestion chimique est appelée le chyme. La durée du séjour des aliments dans l'estomac est fonction de leur consistance mais également de la force de contraction de l'estomac (tonicité gastrique). Ce sont tout d'abord les aliments liquides qui sont éliminés en premier de l'estomac. Viennent ensuite les aliments solides qui stagnent un long moment dans l'estomac. La durée moyenne du séjour du chyme dans l'estomac est d'environ 3 à 4 heures. Dans certains cas elle peut aller jusqu'à 6 heures, voir plus. Les contractions de l'estomac appelées contractions péristaltiques des parois gastriques ont pour rôle de faire progresser le chyme vers le pylore qui est normalement fermé. Le pylore s'ouvre alors, juste avant qu'arrive une onde péristaltique (onde de contraction) à l'origine de la projection du chyme directement dans le duodénum (première partie de l'intestin grêle). Au bout de quelques instants, le duodénum va, à son tour, émettre des signaux nerveux (stimuli) qui vont inhiber le ralentissement de l'activité du pylore (péristaltisme pylorique) à l'origine d'une déformation. Le chyme reste alors bloqué dans l'estomac jusqu'à ce que le duodénum accepte de recevoir une autre partie du bol alimentaire conditionné par l'estomac.Signalons que le duodénum inhibe l'ouverture du pylore lorsque le chyme est trop acide ou encore trop riche en substance protéinique ou lipidique, ceci est appelé : le cycle antéro-gastrique.
Le terme antipéristaltique (du grec ami : contre, péri : autour et stellein : resserrer, en anglais antiperistaltic) est quelquefois utilisé pour désigner les contractions qui s'effectuent de bas en haut dans l'estomac. Ce type de contraction a également lieu dans les intestins.
La neurotensine (en anglais neurotensin) est une substance (polypeptide) qui a été découverte par Carraway et Leeman en 1973. La neurotensine se trouve dans l'hypothalamus et dans le tube digestif. Il s'agit d'une substance ayant des capacités hyperglycémiantes (capables de faire monter le taux de sucre dans le sang). La neurotensine possède également la capacité de stimuler la sécrétion des hormones hypophysaires (hormones somatotrope, gonadotrope et prolactine). Enfin cette substance est capable de faire dilater les petits vaisseaux, de faire contracter les muscle lisse de l'intestin et de diminuer la sécrétion acide de l'estomac.Physiopathologie
Liste des maladies de l'estomac (non exhaustive):
L'ulcère gastroduodénale.
Le cancer de l'estomac (adénocarcinome gastrique). La linite plastique est une variété particulière de cancer représentant environ 5 % des cancers de l'estomac et correspondant à un adénocarcinome indifférencié.
La maladie de Biermer.
Le petit estomac (syndrome du petit).
Le mérycisme est la régurgitation (retour dans la bouche) d'aliments qui étaient dans l'estomac et qui peuvent à nouveau être mâchés.
L'estomac en pastèque (watermelon stomach). Appelé également ectasie vasculaire antrale, ce terme utilisé par Jabbari en 1984, qui en anglais se dit gastric antral vascular ectasia désigne un estomac ayant la forme d'une pastèque. Il s'agit d'une infection rare qui s'observe essentiellement surtout chez les individus de sexe féminin et après 70 ans. L'estomac en pastèque se caractérise quant à l'examine grâce à la fibroscopie (visualisation directe de interieur de cet organe par un outil constitué de fibres optiques) par la présence d'une muqueuse (couche de cellules tapissant, en l'occurence, l'intérieur de l'estomac) surélevé et érythémateuse (rose-rouge) et des plis de l'antre gastrique qui convergent vers le pylore. Si l'on effectue un prélèvement à ce niveau (histologie) on constate la présence de minuscules vaisseaux (capillaires) qui traverse la muqueuse et de la sous-muqueuse qui sont dilatés (dont le diamètre est augmenté de volume) et quelquefois thrombosés (bouchés par de minuscules caillots sanguins). Au cours de cette maladie rare que les patients présentent une anémie ferriprive (diminution du taux de fer dans le sang) de manière continue (anémie chronique). Cette anémie est le résultat de saignements répétitifs. Généralement les patients souffrent parallèlement d'une autre affection : la sclérodermie.
L'estomac en sablier ou biloculaire. Du latin his : deux fois et loculus : loge, en anglais
bilocular le terme biloculaire désigne une cavité naturelle subdivisée en deux
compartiments. L'estomac en sablier est un estomac constitué de deux cavités qui sont réunies par un goulot d'étranglement qui est le résultat soit d'un spasme (contraction), soit d'une cicatrice d'un ulcère gastrique.
Les diverticules de l'estomac sont une affection relativement rare. Ils sont situés sur la petite courbure de cette organe en dessous du cardia (orifice supérieur de l'estomac) et sont asymptomatiques c'est-à-dire que le patient ne présente aucun signe particulier. Cette affection gastroentérologique est susceptible de se compliquer de petites ulcérations (plaies) entraînant la survenue d'hémorragie ou de perforation. Cette pathologie est quelquefois confondue avec un cancer de l'estomac et exige une gastroscopie c'est-à-dire une visualisation directe de l'intérieur de la muqueuse de l'estomac. Il existe des diverticules de l'estomac qui nécessitent aucun traitement et dont l'évolution est bonne.
Le syndrome postprandial tardif des gastrectomisés qui porte également le nom d'hypoglycémie tardive est un trouble qui survient après une intervention portant sur l'estomac et dont le but est de retirer tout ou partie celui-ci (gastrectomie). L'ablation de l'estomac se caractérise par la survenue d'une chute brutale de la glycémie c'est-à-dire du taux de sucre dans le sang survenant une ou deux heures après les repas.
Le syndrome postprandial tardif des gastrectomisés est le résultat de l'arrivée trop rapide du bol alimentaire au niveau de l'intestin où il sera digéré, à l'instar de son arrivée, trop rapidement également. La conséquence de ce phénomène est que l'absorption trop rapide des nutriments entraîne une montée soudaine de la glycémie donc du taux de sucre dans le sang. Le pancréas qui est l'organe de régulation de la glycémie va se mettre à sécréter brutalement de l'insuline ce qui entraîne une chute anormale de la glycémie.
Les patients présentant un syndrome postprandial tardif des gastrectomisés ont :
Des troubles qui surviennent une à deux heures après les repas.
Une hypoglycémie s'accompagnant de malaise, vertiges, de sueur, de tremblement, de crampes de l'estomac et quelquefois de troubles de la conscience dans les cas un peu plus graves.
Les analyses de laboratoire permettent d'effectuer des dosages du glucose dans le sang et montrent des taux très bas de glycémie.
Une hyperglycémie provoquée (en donnant du sucre un patient) par voie orale permet de confirmer le diagnostic. En effet au cours de cet examen le taux de glucose monte très haut puis descend très bas.
Ce syndrome nécessite un régime pauvre en sucres rapides c'est-à-dire en sucres qui sont rapidement absorbés par l'organisme. Par contre il est nécessaire de faire absorber aux patients des repas riches en fibres qui permettent de ralentir l'absorption de sucre au niveau intestinal. Le syndrome postprandial tardif des gastrectomisés évolue progressivement avec le temps. Ceci se fait physiologiquement (naturellement) vers une adaptation spontanée des organes digestifs.
L'amyxorrhée (du grec a : privatif, mucus et rhein : couler, en anglais amyxorrhoea) est un terme utilisé par Kaufmann pour désigner l'insuffisance ou l'absence totale de sécrétion du mucus par l'estomac. Le mucus est la sécrétion qui protège les muqueuses c'est-à-dire l'ensemble des couches qui recouvrent les organes creux en contact avec l'air. Il s'agit d'une substance visqueuse comparée souvent à la glaire.
L'autodigestion est un phénomène qui se caractérise par la digestion de l'estomac et du tube digestif en général. Dans certains cas mêmes les annexes du tube digestif tels que le pancréas et le foie
subissent ce genre de phénomène également.
La triade de Borchardt est une maladie comprenant trois symptômes qui caractérisent le volvulus aigu de l'estomac. Il s'agit de symptômes indiquant la présence d'une occlusion au cours de laquelle le patient se fatigue à effectuer des efforts infructueux pour vomir. À cela s'ajoute un météorisme c'est-à-dire une accumulation de gaz au niveau de l'épigastre (estomac) et de l'hypochondre gauche (sous la dernière côte gauche). Le troisième symptôme est une incapacité pour l'équipe médicale de cathétériser l'estomac.
Le signe de Bouveret est le rejet brutal de liquide contenant des particules d'aliments pendant ou après un lavage d'estomac alors que jusque-là ce lavage ramenait un liquide clair.
Le cardiospasme (du grec kardia : cardia et spasmos : spasme, en anglais cardiospasm), appelé également phrénospasme ou phrénocardiospasme se caractérise par un rétrécissement du cardia et de l'oesophage dont on ne connaît pas avec exactitude la cause et qui entraîne la survenue de spasme du cardia empêchant le passage des aliments allant de l'œsophage vers l'estomac. Ce phénomène est susceptible d'engendrer, après un certain temps, une inflammation de l'oesophage (oesophagite) ainsi qu'une dilatation de celui-ci aboutissant plus ou moins rapidement à une dénutrition, voir un état de cachexie (atteinte sévère de l'état général) du patient si celui-ci n'est pas pris en charge médicalement.
Le signe de Cruveilhier correspond à un durcissement survenant par épisode et s'accompagnant de douleurs de l'estomac. Ce phénomène est le résultat de contraction de la musculature gastrique (de l'estomac) en présence d'une sténose du pylore c'est-à-dire de rétrécissement de l'orifice inférieur de l'estomac qui fait communiquer celui-ci avec le duodénum correspondant la première partie de l'intestin grêle.
Le syndrome de Debré-Semelaigne (en anglais Debré-Semelaigne syndrome correspond à une augmentation de la musculature de nature congénitale s'accompagnant de rigidité et s'observant chez le nouveau-né. Ce syndrome concerne les membres le visage, l'estomac, le diaphragme et le coeur. Ces enfants présentent d'autre part un retard intellectuel, un nanisme et un syndrome mixœdémateux. Le myxœdème est une maladie due à l’insuffisance ou à la suppression de la sécrétion des hormones thyroïdiennes. Cette affection se caractérise par une coloration blanchâtre de la peau due à un oedème auquel s'associe des troubles sexuels et intellectuels.
La faim douloureuse (en anglais hunger pain) correspond un ensemble de symptômes et plus particulièrement à des douleurs survenant au niveau de l'épigastre (zone anatomique correspondant à l'estomac), douleurs tardives. Ce phénomène apparaît quand l'estomac est vide et que la faim réapparaît. La douleur, grâce a l'ingestion d'aliments, se calme. Cette affection se voit lors des ulcères du duodénum.
La dilatation de l'estomac (en anglais dilatation of the stomach), appelé également gastrectasie, correspond à une augmentation considérable du volume (la capacité) de l'estomac. Il s'agit d'une distension de cet organe s'accompagnant de phénomènes d'occlusion (arrêt du passage des matières et des gaz dans le système intestinal) qui survient quelquefois après certaines interventions portant sur l'abdomen. Cette distension est sans doute le fait de la compression du duodénum par la racine du mésentère. Le mésentère est la partie du péritoine qui permet d'unir l'intestin à la paroi de l'abdomen.
Cette accumulation massive de gaz et de liquide dans l'estomac s'observe après une opération, essentiellement concernant l'abdomen, un accouchement ou encore un traumatisme.
Les symptômes surviennent quelques jours après l'intervention chirurgicale. Il s'agit avant tout d'une fatigue intense, de nausées, de vomissements abondants, de douleurs abdominales qui sont quelquefois particulièrement intenses. Le patient ressent des ballonnements très importants au niveau de la partie supérieure de son abdomen qui est tympanique et le siège d'un bruit de clapotage provenant de l'estomac. Les vomissements et les pertes en ions (essentiellement chlore) peuvent être la source d'une hypovolémie (diminution de la quantité de sang) d'une alcalose métabolique (contraire d'acide ) associés à une hypokaliémie c'est-à-dire une diminution du taux de potassium dans le sang.
Le diagnostic de dilatation aiguë de l'estomac se distingue de celui d'occlusion intestinale haute grâce à la radiographie de l'abdomen sans préparation c'est-à-dire simple. Cette radiographie montre un estomac qui est augmenté de volume et il n'existe pas d'images hydroaériques au niveau de l'intestin.
Le traitement de la dilatation aiguë de l'estomac nécessite des lavages gastriques et une aspiration continue grâce à une sonde gastrique convenablement placée. La correction des troubles hydroélectriques et hydriques est nécessaire également.
Le terme clapotage est un terme qui provient de l'allemand klappen qui signifie faire du bruit. Il s'agit d'un bruit qui est obtenu quand on imprime, du bout des doigts, de petites secousses répétitives et relativement brutales à la paroi abdominale qui est relâchée et quand l'estomac ou l'intestin sont dilatés et qu'ils renferment une quantité plus ou moins importante de gaz et de liquide. La recherche du signe de clapotage permet l'appréciation du degré de dilatation de l'estomac et des intestins.
Un son tympanique (du grec tumpanon : tambour, en anglais tympanitic résonance) appelé également tympanisme, est une sonorité dont le timbre est particulièrement aigu et que l'on rencontre dans certaines régions du corps au moment on les percute. Les zones tympaniques de l'organisme sont plus essentiellement l'hypochondre gauche c'est-à-dire la partie située à droite du nombril sous la dernière côte quand l'intestin est distendu par des gaz. Le tympanisme peut également se rencontrer au niveau de la poitrine, indiquant alors qu'il existe un épanchement de gaz entre les plèvres : le pneumothorax.
Le terme flatulence (du latin flatus : souffle et de flare : souffler, en anglais flatulence) correspond à la production de gaz provenant de l'estomac et des intestins et entraînant l'apparition d'un ballonnement plus ou moins important de l'estomac ou de l'intestin. Le plus souvent les flatulences entraînent l'émission de gaz par la bouche (rot, éructation) ou par la bouche par l'anus (pet, vent).
La périgastrite (en anglais perigastritis) est une variété de péritonite qui survient autour de l'estomac.
L'exulceratio simplex de Dieulafoy (en anglais exulceratio simplex, Dieulafoy's ulcer), appelé également maladie, syndrome ou ulcère de Dieulafoy correspond à une ulcération (perte de substance) de la muqueuse de l'estomac mais ne concernant que la muqueuse et la sous-muqueuse. Par définition une muqueuse est un ensemble de cellules qui recouvrent organes creux en contact avec l'air, en l'occurence l'estomac. Le mécanisme de de cette affection est le suivant. Au fond de la sous muqueuse se trouve une petite artère qui présente des anomalies et en particulier un diamètre important. D'autre part sa forme et tortueuse et elle est abîmée, érodée. Ce type d'ulcère siège généralement la partie haute de l'estomac. Son évolution se fait souvent vers l'apparition d'hématémèses abondantes et qui récidivent. Le terme hématémèse désigne des vomissements de sang provenant du tube digestif.
Le phytobézoard (en anglais phytobezoar) est un corps étranger se trouvant à l'intérieur de l'estomac et constitué de substances végétales.
Le terme hyperpéristaltisme désigne l'exagération du péristaltisme c'est-à-dire des mouvements du tube digestif qui permettent de faire avancer à l'intérieur de celui-ci, le bol alimentaire. Les organes concernés par l'hyperpéristaltisme sont l'estomac ou l'intestin. L'hyperpéristaltisme est quelquefois la cause des vomissements du nouveau-né. Ce terme est comparable à celui d'hypersthénie (du grec huper : avec excès et sthénos : force, en anglais hypersthenia) qui désigne l'augmentation des forces ou l'exagération de la motilité (faculté de se mouvoir) de l'estomac ou de l'intestin.
La pneumatose (du grec pneuma : air, en anglais pneumatosis) est le terme utilisé par les médecins du 18e siècle pour désigner certaines maladies liées à la présence de gaz dans les tissus, dans les organes ou dans les cavités, en particulier l'estomac et l'intestin. Habituellement ces organes ne contiennent qu'une petite quantité de gaz. Ce terme est surtout utilisé pour désigner les kystes gazeux de l'intestin. Il s'agit de petits kystes gazeux situés dans l'épaisseur de la paroi de l'intestin et susceptibles d'entraîner, à cause de leur nombre élevé, une perte d'élasticité de la paroi intestinale plus ou moins étendue, comparable au processus physiopathologique (mécanisme morbide) pouvant être lié à un cancer. Dans environ 85 % des cas, la pneumatose vient compliquer une pathologie préexistante du tube digestif. Il peut s'agir d'un ulcère, d'un cancer digestif, d'une sténose du pylore. Il peut s'agir également d'une maladie respiratoire tel qu'une bronchite chronique, un emphysème ou encore un asthme. Moins souvent, c'est-à-dire d'environ 15 % des cas, la pneumatose apparaît comme primitive c'est-à-dire non expliquée. Enfin, plus rarement cette affection est associée à une maladie systémique comme par exemple la sclérodermie ou plus rarement le lupus, la connectivite mixte, la périartérite noueuse ou la polyarthrite rhumatoïde. La pneumatose kystique intestinale est soit asymptomatique (ne s'accompagne d'aucun signe),soit à l'entraîne des symptômes digestifs essentiellement des douleurs abdominales diffuses, un ballonnement abdominal, une alternance de diarrhée de constipation, des coliques ou une diarrhée s'accompagnant de glaire. Les examens complémentaires et plus précisément la radiographie de l'abdomen sans préparation montre quelquefois la présence de kystes gazeux qui sont regroupés en grappe de raisins. Le lavement baryté permet de mettre un évidence les pneumo-kystes sous forme d'image lacunaire. Enfin, la tomodensitométrie (scanner) met un évidence des bulles de gaz généralement alignées et situées autour de la lumière de l'intestin (tunnel ou passent les aliments) et parallèlement à la paroi du tube digestif. L'évolution de cette maladie est le plus souvent bénigne et régresse totalement d'elle-même. Le traitement ne comporte aucun médicament spécifique sauf pour traiter chaque symptôme que présente le patient.
Le polypadénome gastrique diffus ou en nappe, maladie découverte par Ménétrier en 1888 (en anglais Menetrier's disease) appelée également maladie de Ménétrier, gastrite hypertrophique géante, muco-adénomatose gastrique diffuse correspond à une variété, survenant rarement, d'inflammation de la paroi de l'estomac et se caractérisant par une augmentation très importante des plis de la muqueuse de l'estomac (plus précisément de la grande courbure) s'accompagnant d'une hypertrophie des glandes prenant l'aspect, quelquefois, des glandes ressemblant à celles du côlon. C'est la raison de laquelle on parle de métaplasie. Les symptômes présentés par les patients atteints de maladie de Ménétrier dont l'évolution est habituellement bénigne, sont : une diminution d'appétit, des brûlures et des douleurs de l'estomac entre autres. Les analyses de sang mettent en évidence une diminution du taux de protéines dans le sang à cause de la fuite anormale de celles-ci au niveau de l'estomac. Cette diminution aboutit à une altération de l'état général quelquefois sévère (cachexie). Dans certains cas (pour environ 10 % des malades) on constate la transformation de cette hypertrophie des glandes de l'estomac en maladie cancéreuse. Dans d'autres cas les patients présentent une perte protéïnique de l'organisme qui est liée à la sécrétion exagérée de l'estomac à cause de l'augmentation de la surface des glandes. Le diagnostic est posé grâce à la fibroscopie gastrique qui permet de visualiser de volumineux plis gastriques. Les examens radiologiques du transit oesogastroduodénal, également. Des endoscopies régulières permettent de surveiller une éventuelle évolution vers un syndrome néoplasique (survenue de cancer de l'estomac). La biopsie au cours de cette affection gastroentérologique (spécialité médicale du tube digestif) est indispensable. Elle montre une hyperplasie (augmentation de volume) des glandes un mucus qui s'allonge et pénètrent jusque dans la musculeuse (couche constituant la paroi de l'estomac). Dans certains cas la biopsie permet de mettre en évidence une transformation cancéreuse des cellules habituellement normale. La maladie de Ménétrier ne doit pas être confondue avec un lymphome gastrique à bas degré de malignité. Le traitement de la maladie de Ménétrier est mal codifié. Il nécessite l'administration de médicaments antisécrétoire acide (oméprazole, ranitidine) et éventuellement une intervention chirurgicale quand les médicaments sont insuffisants. Un régime riche en protéines est nécessaire quand le patient présente une hypoprotéinémie (baisse de la quantité des protéines dans le sang). L'intervention chirurgicale consiste à procéder à l'ablation de l'estomac dans les cas de dénutrition sévère ou quand il existe une dégénérescence maligne c'est-à-dire un cancer.
Symptômes
Le syndrome postprandial tardif des gastrectomiser
Examen Physique
L'épigastre (du grec épi : dessus et gaster : estomac, en anglais epigastrium), appelé également région épigastrique est la zone anatomique située à la partie supérieure et médiane de l'abdomen. Cette zone a pour caractéristique de présenter un léger creux (petite dépression) que l'on appelle le creux épigastrique. Celui-ci et est délimité sur le côté par les hypocondres (droit et gauche) et correspond à l'estomac et au lobe gauche du foie (plus spécifiquement hypochondre droit).
Technique
Le tube de Faucher est un tube de caoutchouc permettant le cathétérisme de l'estomac.
Examens Complémentaires
La gastro-duodénoscopie appelée également fibroduodéno-gastroscopie est un moyen d'investigation et d'exploration visuelle du duodénum et de l'estomac qui utilise un fibroscope introduit dans l'oesophage puis l'estomac.
La niche de Haudek mis en évidence par l'Autrichien Martin Haudek né en 1880, mort en 1931 (en anglais Haudek's niche) est une image radiologique qui apparaît chez un patient souffrant d'un ulcère de l'estomac le plus souvent perforé et bouché. Pour les spécialistes en radiologie, il s'agit d'une image de forme arrondie différente de l'image de niche pédiculée. Le fond de la niche est rempli d'une substance qui apparaît opaque aux rayons X et le sommet contient une bulle d'air. Cette image ne soit pas être confondue avec l'image diverticulaire qui est une image radiologique d'un diverticule du tube digestif. Cette image est le résultat de la pénétration de la bouillie (radio) opaque qui pénètre dans le diverticule et donne sur l'écran de contrôle radiologique une image ressemblant à une niche. Ce type d'image apparaît également au cours de l'ulcère de l'estomac.
Le signe du ménisque en radiologie est un signe qui n'a rien à voir avec une quelconque lésion du genou ou des ménisques du genou. En effet, ce signe décrit par Guéret et Lambling en 1949 (en anglais meniscus sign) correspond à un aspect radiologique du cancer de l'estomac à son début. Il se caractérise par l'apparition d'un sillon clair de forme concave situé vers le bord de l'estomac. Il sépare l'ulcération cancéreuse du reste de l'ombre gastrique. La périphérie bien délimitée et la tache de baryte ne déborde pas les limites de l'estomac.
Traitement
La gastrectomie (du grec gastêr : estomac et ektomê : ablation, en anglais gastrectomy est le terme qui désigne l'ablation totale ou partielle de l'estomac. Il faut distinguer :
- La gastrectomie totale suivie de l'anastomose directe du cardia au jéjunum. Il s'agit d'une technique de chirurgie réparatrice en gastro-entérologie (spécialité médicale du tube digestif) qui est utilisée au cours de certains cancers étendus et haut situés.
- La gastrectomie pour exclusion correspond à une variété de gastrectomie qui est quelquefois utilisée chez des patients présentant un ulcère que les chirurgiens ne peuvent pas extirper (enlever). Il s'agit d'un ulcère situé à la face postérieure du duodénum. Dans ce cas les chirurgiens gastroentérologues réséquent (enlèvent) les deux tiers inférieurs de l'estomac. Le geste effectué sur le duodénum consiste à le sectionner (couper) au ras du pylore et à le laisser en place. Il s'agit d'une technique dont le but est de supprimer la sécrétion acide réflexe qui a lieu au niveau du Findus gastrique.
- La gastrectomie pour réduction d'acidité a pour but, comme son nom l'indique, de diminuer les sécrétions acides de l'estomac. Il en existe deux variétés : la gastrectomie pour exclusion et la gastrectomie des types Kelling Madlener. Celle-ci consiste à effectuer une résection chirurgicale du pylore et des deux tiers inférieurs de l'estomac. Quant un patient présente un ulcère du cardia et que celui-ci n'est pas résécable c'est-à-dire qu'il est impossible pour le chirurgien de le retirer, l'estomac est laisser en place. Il s'agit d'une technique dont le but est de supprimer la sécrétion acide qui se produit de manière réflexe c'est-à-dire automatiquement au niveau du fondus gastrique. Le fondu gastrique est le pôle supérieur ou grosse tubérosité de l'estomac.
- La gastrectomie totale élargie s'accompagne d'une ablation de l'artère coronaire stomachique et de ses ganglions ainsi que d'autres organes tels que le grand épiploon, une partie du pancréas, de la rate, et quelquefois une portion du gros intestin. La gastrectomie partielle ou subtotale est une intervention relativement fréquente qui consiste le plus souvent à pratiquer une pylorectomie (ablation du pylore) plus ou moins complète. Les chirurgiens qui ont permis d'améliorer ces techniques et qui portent leur nom sont : Péan, Finsterer, Billroth, Polya.
- L'opération de Dragstedt appelée également vagotomie bilatérale correspond à la section des deux nerfs pneumogastriques au niveau de la partie inférieure de l'œsophage. Cette intervention chirurgicale a pour but de supprimer les sécrétions de l'estomac. Elle est envisagée quant un patient présente entre autres un ulcère de l'estomac et plus spécifiquement quand il s'agit d'un ulcère du duodénum ou un ulcère peptique.
- Le goutte-à-goutte alimentaire (en anglais drip feeding) désigne l'alimentation qui s'effectue goutte par goutte en utilisant une sonde fine qui est introduite par le nez jusque à l'intérieur de l'estomac ou du duodénum qui est la première partie de l'intestin faisant suite à l'estomac. Il est possible de maintenir le goutte-à-goutte alimentaire en place durant une longue période (plusieurs jours ou plusieurs semaines). Cette méthode d'administration d'aliments permet de faire passer au patient une solution nutritive contenant des protéines, du sucre (glucose) et des sels (minéraux) ainsi que les vitamines. Ce type d'alimentation est utilisé chez les patients particulièrement dénutris (cachexie) ou incapables de déglutir c'est-à-dire d'avaler. C'est le cas entre autres des individus comateux.
- La nutripompe est une pompe électrique qui est utilisée pour réanimer certains individus. Il s'agit d'un instrument très proche du goutte-à-goutte alimentaire avec la seule différence que cet instrument est destiné à injecter à l'intérieur de l'estomac une alimentation artificielle liquide ou semi-liquide.