Pneumoconiose
Introduction
Ensemble d'affections concernant l'appareil respiratoire dû à l'inhalation, dans les poumons, de poussières (minérales) contenues en trop grande quantité dans l'atmosphère ambiante.
Historique
Affection pulmonaire étudiée par Zenker en 1866.
Classification
On distingue deux variétés de pneumoconiose :
Les pneumoconioses fibrogènes comme celles survenant au cours de la silicose ou de l'asbestose. Au cours de ce type d'affection pulmonaire il est mis en évidence une diminution de l'élasticité du tissu interstitiel (tissu situé entre les alvéoles pulmonaires) à type de fibrose pulmonaire, correspondant un développement d'un tissu fibreux dont l'évolution ne se termine par à la fin de l'exposition de l'individu aux poussières, mais bien longtemps après.
Les pneumoconiose de surcharge au cours desquelles on constate uniquement une accumulation des poussières comme phénomène morbide (liée à la maladie).
L'anthracosique appelée également maladie des houilleurs correspond à la pneumoconiose du charbon (l'anthracose).
L'anthracosilicose correspond une affection pulmonaire liée à la pénétration et la fixation en trop grande quantité de poussières de charbon mélangées à de la silice. On parle également de pneumoconiose à poussières mixtes. Un des exemples de pneumoconiose mixte est celui des prothésistes dentaires.
L'asbestose et l'accumulation de poussières d'amiante dans les poumons.
La schistose est l'accumulation de poussières de schiste dans les poumons. Elle est également appelée maladie des ardoisiers. Ce type de pneumoconiose est particulièrement grave, quelquefois, car entraînant une atteinte de la plèvre (membrane de recouvrement et de protection des poumons) et l'apparition de plaques caractéristiques qui ont tendance à se calcifier, secondairement à faire perdre de la souplesse la plèvre (durcissement).
Certaines pneumoconioses n'entraînent pas de réaction chez les patients (on dit qu'ils sont asymptomatiques). Il s'agit entre autres de la sidérose des soudeurs à l'arc qui travaillent dans une atmosphère confinée, quand il n'y a pas de système d'aération ou d'aspiration des fumées. Dans ce cas la radiographie ne montre qu'un simple tatouage pulmonaire.
De nombreuses substances sont susceptibles de s'accumuler au niveau des poumons et d'entraîner une pneumoconiose. La liste non exhaustive est :
Les matières plastiques
Le polyvinyl
Le fer
Le titane
Le quartz
Les fibres de verre
Le talcPhysiopathologie
La pénétration de ces poussières comportant le plus souvent du charbon, de la silice, du fer, dues à une etc., après pénétration dans les poumons, est suivie d'une fixation sur les muqueuses (couche de cellules recouvrant l'intérieur des alvéoles pulmonaires).
En dehors de la nature des particules, d'autres facteurs jouent également un rôle physiopathologique (mécanisme à l'origine de la maladie). Il s'agit de (liste non exhaustive) :
L'intensité des particules inhalées
La durée de l'exposition
La susceptibilité personnelle d'influencer l'épuration par les poumons (tapie ciliaire, alvéoles pulmonaires entre autres). Autrement dit certaines personnes, mieux que d'autres, éliminent les particules toxiques à l'intérieur des voies respiratoires.
L'association ou pas d'un tabagisme actif (voir passif : intoxication par la fumée de tabac des fumeurs alors que l'on est soi-même non-fumeur) susceptible d'aggraver le retentissement respiratoire de l'accumulation des poussières.Symptômes
Les symptômes apparaissent qu'après plusieurs années d'exposition. Celle-ci est le plus souvent liée à une profession.
C'est généralement la radiographie (dans le cadre d'un suivi professionnel en médecine du travail) qui met en évidence la pneumoconiose.
Quelquefois une radiographie pratiquée pour tout autres raisons objective l'accumulation des poussières.
La gêne respiratoire n'est pas le premier symptôme, en tout cas pas celui qui amène à consulter.
Evolution
Insuffisance respiratoire
Traitement
L'exposition aux poussières doit être arrêtée.
L'insuffisance respiratoire nécessite quelquefois une oxygénothérapie (apport supplémentaire d'oxygène) sur un mode continu (à domicile) essentiellement pour les formes évoluées.
Prévention
Le port d'un masque de protection (placé sur le nez et la bouche) chez les mineurs et autres professionnels exposés à l'accumulation pulmonaire des poussières, est incontournable.
Une surveillance médicale (médecine travail) est également obligatoire et systématique surtout chez les professionnels exposés ou à risque.
Certaines pneumoconioses entrent dans le cadre de la maladie professionnelle. Il s'agit entre autres de la silicose des mineurs.