Auto-anticorps

Introduction

L'auto-immunité est un état pathologique c'est-à-dire un fonctionnement anormal de l'organisme au cours duquel le patient doit lutter lui-même contre ses propres défenses immunitaires. Autrement dit le patient fabrique desanticorps contre ses propres tissus ou constituants.

Les anticorps présents dans le sang sont dirigés contre un ou plusieurs constituants de l'organisme qui produit l'anticorps en question. Tous les auto-anticorps ne sont pas systématiquement pathogènes (à l'origine d'une maladie).

Les maladies auto-immunes sont des maladies au cours desquelles le système immunitaire d'un individu a perdu ses capacités à distinguer les antigènes externes appelés exogènes, des antigènes qui font normalement partie de son organisme c'est-à-dire les antigènes endogènes.

Généralités

Ce type d'anticorps qui est mis en évidence dans la partie liquidienne du sang (sérum sanguin), entre en réaction spécifiquement avec une autre partie de l'organisme du sujet qui a fabriqué (plus précisément sécrété) cet auto-anticorps. La partie en question se comporte en conséquence comme un antigène (auto-antigène).

Epidémiologie

Il semble que les maladies auto-immunes soient plus fréquentes chez les femmes âgées. Certains facteurs génétiques ont été mis en évidence : le système HLA et sans doute un déficit en complément. Le complément est constitué des enzymes fabriquées à partir de protéines (globulines) et présentes dans le tissu sanguin (et plus particulièrement dans le plasma qui est la fraction liquide du sang). Le complément total est constitué de 11 composants qui interviennent les uns après les autres dans une réaction en chaîne qui participe au système immunitaire antigène-anticorps, et joue donc un rôle très important dans la lutte contre les maladies infectieuses. Les médicaments représentent également un facteur favorisant. C'est ainsi que l'on décrit un lupus érythémateux médicamenteux.

Classification

Exemple de pathologies liées à des auto-anticorps (sans certitude):
  • Le lupus érythémateuxl: Antigènes nucléaires (ADN, Ro, Sm)
  • La sclérodermie: Scl -70
  • Les affections a frigore.
  • hypogonadisme : cellules élaborant les stéroïdes.
  • Le diabète sucré insulinodépendant : îlots de Langerhans (cellules bêta).
  • La myasthénie : récepteurs de l'acétylcholine, cellules thymiques, muscles striés
  • L' anémie hémolytique auto-immune : Érythrocytes
  • Lesmaladies auto-immunes à antirécepteur
  • Le syndrome deLambert Eaton
  • La thyroïdite de Hashimoto : microsomes thyroïdiens et thyroglobuline
  • Le purpura thrombopénique idiopathique
  • L' ophtalmie sympathique
  • Les leucopénies immunologiques
  • La maladie de Biermer
  • Le syndrome de bout de posture
  •  : membrane basale glomérulaire
  • La maladie d'Addison: microsomes cell.glomérulaires
  • La maladie de Basedow : anticorps contre les récepteurs de la TSH
  • L' endophtalmie-phako-anaphylactiquel
  • La maladie de Bouillaud
  • Le syndrome de Guillain-Barré
  • La sclérose en plaques
  • La maladie de Gougerot -Sjögren : épithélium des canaux salivaires, antigènes nucléaires
  • La cirrhose biliaire primitive : mitochondries
  • La périartérite noueuse
  • L' hypoparathyroïdie
  • L' hypogonadisme
  • Les connectivité mixte : acide ribonucléique
  • Le syndrome de Sharp : RNA
  • La dermatomyosite
  • La maladie de Behcet
  • La sclerodermie
  • La  spondylarthrite ankylosante
  • L'  anémie pernicieuse : microsomes des cellules pariétales gastriques, facteur intrinsèque
  • L'  aplasie médullaire : cellules souches de la moelle osseuse
  • Le purpura de Werlhof: thrombocytes
  • La colite ulcéro hémorragique
  • La maladie coeliaquecœliakie : réticuline, gliadine
  • La  maladie de Crohn
  • L'hépatite chronique  : muscles lisses, lipoprotéines des cellules hépatiques
  • L' alvéolite fibrosante idiopathique
  • La granulomatose de Wegener : cytoplasme des polynucléaires
  • Le pemphigus : substance intercellulaire de l'épiderme
  • Le pemphigus à bulles : membrane basale de l'épiderme
  • Le vitiligo: mélanocytes?
  • La maladie de Churg Strauss
  • L' artérite temporale
  • Certaines glomérulonéphrite: antigènes nucléaires et tumoraux, IgG, thyroglobuline avec lesquels ils forment des complexes immuns
  • Physiologie

    Le rôle du système immunitaire est la défense de l'organisme quand celui-ci est confronté à des germes extérieurs susceptibles de l'agresser.

    Le dérèglement de ce système entraîne l'apparition d'anticorps portant alors de ce fait l'appellation auto-anticorps. Ce dérèglement occasionne également l'apparition de cellules de type lymphocyte  cytotoxique nuisible à l'organisme qui les synthétise.

    Les maladies auto-immunes ont pour caractéristique principale de détruire un organe comme cela se voit par exemple au cours de la thyroïdie de Hashimoto se caractérisant par une destruction de la glande thyroïde.

    Un autre exemple de maladies auto-immunes est la neutralisation d'une fonction comme la transmission de l'influx nerveux des nerfs aux muscles comme cela survient au cours de certaine myasthénie.

    Physiopathologie

    Les auto-anticorps sont produits au cours de certaines maladies auto-immunes. Cette perte, par l'organisme, de discrimination, de discernement entre les antigènes externes et les antigènes endogènes (auto-antigènes) est à l'origine de la formation d'auto-anticorps et consécutivement des réactions auto-immunes de l'organisme.

    On ne connaît pas avec certitude le processus ou les processus au cours desquels se met en place le phénomène d'auto-immunité. On pense que certains auto-antigènes subissent des modifications à cause d'infection ou d'agressions infectieuses qui semblent être avant tout d'origine virale. D'autres mécanismes telles que les agressions d'origine chimique ou physique (rayons ionisants) sont également immunogènes.

    Il a été mis en évidence l'activation d'une variété de globules blancs: les lymphocytes B capables de produire des anticorps inappropriés et en quantité trop importante.

    L'auto-immunité physiologique, quant à elle, est source d'anticorps naturels essentiellement les IgM. Ce mécanisme permet de maintenir l'équilibre du système immunitaire.