Dépendance alcoolique (mécanisme et traitement)

Physiopathologie

A faible dose, l'alcool est euphorisant et désinhibiteur. À forte dose, il devient un sédatif quelquefois très puissant et susceptible d'entraîner un coma. C'est la sensation agréable qui suit la consommation d'alcool qui, dans un deuxième temps, est remplacée par le besoin de reproduire cette première sensation. On peut schématiser le processus en disant que c'est la succession de gestes répétés des milliers de fois qui finit par développer une dépendance. Il existe des structures anatomiques (méso-limbe) situées dans le système nerveux central et plus précisément dans le cerveau, qui sont stimulées par les produits addictifs dont l'alcool fait partie. Ces zones font partie du système de récompense de notre organisme et la dépendance psychique est liée aux effets hédoniques (du plaisir) par l'intermédiaire de la dopamine (entre autres) qui agit comme neuromédiateur (substance de type hormonal permettant le passage de l'influx nerveux entre les neurones) dans cette région du cerveau. L'administration prolongée d'alcool renforce les effets sur la libération du neuromédiateur. Le sevrage est susceptible de réduire l'activité des neurones de cette région. Il existe plusieurs facteurs qui prédisposent à la rechute. Trois grands facteurs semblent jouer un rôle déclenchant :
  • Le toxique lui-même
  • Le stress
  • Les stimuli qui accompagnent la prise répétée d'alcool
  • Causes

    Les facteurs qui favorisent la dépendance à l'alcool sont :
  • Les facteurs psychologiques (alcoolisme d'entraînement, d'habitude, social)
  • Les facteurs génétiques (fragilisation du fonctionnement de la structure anatomique vue ci-dessus)
  • Les facteurs environnementaux (socioculturel, traumatisme psychologique survenant lors d'événements douloureux de la vie)
  • Traitement

    2 médicaments (l'acamprosate et la naltrexone) sont actuellement disponibles en France. Ils permettent le maintien de l'abstinence. Leur action est sans doute liée à un phénomène d'inappétence (manque de désir, dégoût) de l'alcool. Malheureusement, ces produits ne constituent pas une panacée. En effet, ils ne donnent pas de bons résultats chez toutes les personnes intoxiquées par l'alcool. C'est la raison pour laquelle un soutien psychothérapeutique par une équipe spécialisée est le plus souvent nécessaire. Celle-ci comprend des médecins alcoologues, des psychologues, des psychothérapeutes, des travailleurs sociaux, des accompagnateurs. Le traitement porte à la fois sur la personne intoxiquée et sur son entourage proche, généralement familial. Le traitement de la dépendance au tabac ou aux autres toxiques y compris les psychotropes (en dehors des drogues qualifiées habituellement de dures : héroïne et morphine) nécessite également la prise en charge par ce type d'équipe pluridisciplinaire. Il semble que la prise en charge mono-disciplinaire par le médecin généraliste ou par le psychiatre (entre autres) seul soit peu efficace.