Plus précisément il s'agit d'une variété de protéine (globuline sérique) possédant la propriété particulière de se combiner de façon spécifique à une ou plusieurs substances étrangères pénétrant l'organisme, de nature soluble ou faisant partie d'une cellule. Ces éléments étrangers sont appelés
antigènes. Les antigènes peuvent être essentiellement :
une bactérie, un virus, un parasite, un champignon, un venin, un vaccin, une cellule cancéreuse et de façon générale tout
corps étranger pénétrant dans l'organisme.
Les anticorps sont des d'immunoglobulines appelées également globulines du système gamma ou globulines immunes, les immunoglobulines sont des protéines jouant un rôle essentiel dans la défense de l'organisme contre les agressions. Elles appartiennent au groupe des gammaglobulines présentes non seulement dans le sang (plus spécifiquement le sérum : partie liquide du sang, plasma débarrassé de certains agents de la coagulation) mais également dans d'autres liquides de l'organisme.
Les anticorps ont été étudiés en particulier par Jerne, Ch. Salmon et R. André.
On distingue plusieurs variétés d'anticorps.
Les anticorps synthétisés par les plasmocytes (variété de globules blancs) et ceux par les lymphocytes B qui apparaissant le plus souvent après l'introduction d'antigènes dans l'organisme. Leur mode d'action est le suivant. D'abord ils procèdent à la reconnaissance des corps étrangers (antigènes) puis agissent sur eux en les immobilisant, en les agglutinant, grâce à l'action de leurs agglutinines.
La phase suivante consiste à procéder à la destruction ou la dissolution de ces corps étrangers. Quand il s'agit d'un anticorps neutralisant, il neutralise l'élément figuré en question, s'il s'agit de cytotoxines, de lysines, d'hémolysines.
Quand le corps étranger est un virus qui pénètre dans l'organisme, des enzymes ou des toxines et plus particulièrement des antitoxines, l'anticorps procède également par neutralisation tout d'abord.
L'anticorps procède par précipitation en utilisant ses précipitines quand il s'agit de substances albuminoïdes (protéine).
L'attaque des antigènes se fait par déclenchement (activation) du complément s'il s'agit d'un agent destructeur présent à l'état inactif dans la partie liquidienne du sang : le sérum. À ce moment-là le complément se fixe sur l'antigène après s'être combiné avec l'anticorps, il s'agit d'un phénomène de sensibilisation.
Les anticorps sériques ou circulants appartiennent à la catégorie des agents de l'immunité humorale. Une autre variété d'anticorps : les hétéro-anticorps apparaissent dans le sang (plus précisément dans le sérum sanguin) à la suite de la pénétration dans l'organisme, d'antigènes qui proviennent d'individus d'une autre espèce.
Les iso-anticorps quant à eux, apparaissent après la pénétration d'un antigène provenant d'un individu de la même espèce. Certains anticorps sont susceptibles d'apparaître de façon spontanée sans qu'il soit nécessaire qu'un antigène pénètre dans l'organisme.
Les auto-anticorps. À la suite d'un dérèglement du système immunitaire Certains anticorps sont susceptibles de se retourner contre les cellules propres de l'organisme qui les produit. On appelle ces anticorps auto-anticorps. Ils sont responsables de maladies auto-immunes. Il peut s'agir du lupus érythémateux disséminé, de la maladie de Biermer, thyroïdite de Hashimoto etc.Il est possible de rencontrer spontanément dans le sérum d'individus des anticorps dits anticorps naturels. C'est le cas entre autres des hémo-agglutinines.
Les anticorps antimitochondries (en anglais antimitochondria antibody) correspondent à une variété d'anticorps (non spécifiques d'un organe) dirigés contre certains tissus, que l'on appelle également des auto-anticorps et qui réagissent contre les antigènes de la membrane interne des mitochondries. Les anticorps antimitochondries sont présents dans le sérum (partie liquidienne du sang) dans certaines affections hépatiques (maladies du foie) telles que, essentiellement, la cirrhose biliaire primitive, mais aussi l'hépatite chronique active.
Les anticorps anti-tissus (en anglais antitissue antibody) sont des anticorps qui réagissent contre les antigènes des tissus. Le plus souvent, ils réagissent contre les tissus du sujet qui ont fabriqué ces anticorps. On les appelle des auto-anticorps. Quelquefois, ils réagissent contre les tissus d'autres individus de même espèce ou d'espèces différentes. Le plus souvent donc, ces anticorps sont spécifiques d'un tissu en particulier. Il existe des anticorps anti-tissus non spécifiques d'un organe : il s'agit des anticorps antinucléaires et des anticorps antimitochondries. Il existe d'autres anticorps anti-tissus, tels que les anticorps antithyroïdiens (survenant au cours du goitre de Hashimoto) qui s'attaquent à un seul type de tissu ou à un seul organe ou viscère. Cette variété d'anticorps est relativement nombreuse. Citons par exemple les anticorps estomac, les anticorps salivaires (présents au cours du syndrome de Gougerot Sjögren), les anticorps anti-glandes surrénales, les anticorps anti-muscles-lisses, les anticorps anti-muscles striés, les anticorps anti-épiderme, les anticorps anti-foie, les anticorps anti-myéline (présents dans la sclérose en plaques), les anticorps anti-membrane glomérulaire et alvéolaire (syndrome de Goodpasture).
Le terme pananticorps, comprenant des panhémolysines et des panagglutinines, en anglais panantibody, désigne un anticorps du sérum (partie liquidienne du sang) possédant une activité contre une variété d'antigène tel qu'un globule blanc, une plaquette ou encore globules rouge. Cet antigène est issu du patient lui-même ou d'un individu sain mais appartenant à la même espèce ou au même groupe sanguin quand il s'agit de globules rouges (hématie).
Le terme sérodiagnostic désigne la méthode diagnostique qui utilise la recherche d'anticorps à l'intérieur du sérum c'est-à-dire la partie liquide du sang, chez un patient. La mise en évidence de ces anticorps est le résultat d'un contact préalable avec un antigène, le plus souvent de nature infectieuse. Il peut s'agir d'un virus, d'une bactérie ou encore d'un parasite voir d'un champignon.
Le terme séropositivité qualifie l'état de réaction immunitaire qui est le résultat de ce contact préalable avec l'antigène. autrement dit la séropositivité et l'État d'un patient dont le sérum contient des anticorps qui sont dirigés contre un antigène le plus souvent de nature infectieuse. Il est clair que l'utilisation actuellement restreinte du terme de séropositivité réservé à l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine (SIDA) n'est pas fondé ni justifié.
- Quand le taux d'anticorps est élevé, lors de deux prélèvements successifs, il est possible d'avancer que l'affection est en train d'évoluer.
- Quand le taux d'anticorps est stable il est possible de dire que le patient a eu une maladie dans le passé et qu'il est immunisé contre les germes responsables de cette pathologie.
- Quand le taux d'anticorps est nul il est possible d'avancer que le sujet concerné n'a pas encore eu cette maladie et n'est donc pas protégé contre elle, c'est-à-dire immunisé.
- Il est possible d'affirmer un diagnostic en dosant simplement la quantité anticorps produits au début d'une maladie infectieuse. Le plus souvent ces anticorps, qui sont de type IgM, disparaissent assez rapidement alors que les anticorps plus tardifs de type IgG, quant à eux, persistent.
Le terme sérologie (du latin sérum : petit-lait et du grec logos : discours, en anglais serology) désigne l'étude des sérums et de leurs différentes propriétés. Ce terme désigne également l'étude des modifications que présente le sérum à cause d'une pathologie.
Le terme séro-épidémiologie, anglais semepidemiology, désigne étude des maladies et de leur diffusion en rapport avec la recherche de réactions immunologiques de la partie liquidienne du sang (le sérum).
Le terme sérologique désigne tout ce qui est en rapport avec la sérologie. C'est ainsi que l'on parle de guérison sérologique pour désigner une guérison qui est contrôlée et au cours de laquelle on remarque la disparition des modifications qui sont dues à une maladie préexistante, les modifications surviennent à l'intérieur du sérum d'un individu qui n'est plus malade.
Le terme sérofibrineux (en anglais seroflbrinous) désigne le composé constitué de sérosité de fibrine (variété de protéines contenues le sérum sanguin) tel qu'il est rencontré au cours de certaines maladies comme la pleurésie par exemple.
Le terme sérofloculation (en anglais serofloculation) désigne la formation de flocons à l'intérieur du sérum sanguin. Le diagnostic de certaines maladies parasitaires est possible grâce à la sérofloculation.
Le terme sérogroupe désigne l'ensemble de plusieurs sérotypes qui possèdent chacun en commun un composant caractéristique.