Refsum (maladie de)
Introduction
Maladie héréditaire rare transmise selon le mode récessif autosomique (il est nécessaire que les deux parents portent l'anomalie génétique pour que l'enfant présente la maladie) qui apparaît dans l'enfance ou dans l'adolescence et appartenant au groupe des leucodystrophies.
Physiopathologie
La maladie de Refsum qui apparaît entre la petite enfance (quelquefois entre 5 et 10 ans) et 50 ans et dont les symptômes surviennent essentiellement vers 20 ans, touche autant la femme que l'homme et fait partie du groupe de maladies génétiques touchant la gaine de myéline qui est le revêtement lipidique (gras) joue en le rôle d'isolant des fibres nerveuses du cerveau. La maladie de Refsum se caractérise par une accumulation anormale d'acide phytanique dans le plasma sanguin et les tissus. L'acide phytanique qui n'est pas fabriqué par l'organisme du malade provient de l'alimentation comme les produits laitiers, les viandes et certains fruits de mer.
Le rôle de l'acide phytanique a été démontré en laboratoire sur des cultures de cellules appartenant la rétine. Il semblerait que la toxicité agisse au niveau des membranes des cellules constituant ce tissu.
Causes
C'est l'étape d'hydroxylation (réaction chimique) ayant lieu normalement dans l'organisme qui est déficitaire dans la maladie de Refsum. Pour les spécialistes l'intervention de du phytanaoyl-CoA qui est déficitaire (enzymes : variété de protéines permettant le déroulement normal de cette réaction chimique).
Le gène de cette maladie et les mutations chez les patients atteints sont mises en évidence.
Symptômes
Chez l'enfant le diagnostic est généralement évoqué entre six mois et un an avec la mise en évidence d'un retard moteur et psychologique s'accompagnant d'une hypotonie (diminution du tonus musculaire), d'un retard de croissance, d'une augmentation de volume du foie (hépatomégalie) et quelquefois d'un ictère (jaunisse) qui persiste.
Certains enfants présentent, d'autre part, des troubles de la vision, des anomalies du visage modérées voire absentes. L'acquisition de la marche chez ces enfants, qui sont surtout handicapés par des problèmes d'équilibre, se fait vers 3 à 5 ans et quelquefois parallèlement quelques bribes de langage sont acquises également.
On constate une baisse de la vision ( se caractérisant par une dégénérescence pigmentaire de la rétine rétinite pigmentaire) accompagnée d'une héméralopie (baisse anormale de la vision lorsque la lumière diminue).
Certains patients présentent une diminution du champ visuel, une atrophie de la papille. La papille est une zone circulaire de l'œil correspondant à la naissance du nerf optique. Elle se situe sur la rétine, à l'endroit où se réunissent les fibres optiques provenant des cellules ganglionnaires nerveuses de la rétine. Certains patients présentent une cataracte lenticulaire (perte la transparence du cristallin).
On constate également :
Une neuropathie périphérique (polynévrite : inflammation des nerfs périphériques) avec atrophie musculaire (diminution du volume des muscles) à l'origine d'une diminution de la force musculaire.
Une ataxie (incoordination des mouvements)
Une hypoacousie (baisse de l'ouïe)
Des altérations de la peau et des os (dysplasie épiphysaire : développement défectueux de l'extrémité des os) touchant tout particulièrement le quatrième métatarse (os du milieu du pied)
Un nystagmus ( mouvements saccadés et rapides des globes oculaires)
Une anosmie (absence d'odorat)
Une Ichthyose (peau sèche dure et veilleuse)
Une myocardiopathie (atteinte du muscle cardiaque : le myocarde) à l'origine d'anomalies du rythme cardiaque (arythmie)Labo
Analyses mettent en évidence une phytanémie c'est-à-dire la présence d'acide phytique, phytates dans le sang caractérisant cette maladie. Les phytates sont des sels de l'acide phytique dont la combinaison dans l'intestin avec le calcium empêche quelquefois l'absorption de ce dernier. Pour les spécialistes le métabolisme des acides 2 hydroxyphytanique et pristanique est normal. L'acide phytanique est transformé en acide pristanique par un mécanisme d'alpha oxydation convertissant d'abord l'acide phytanique en acide 2 kétophyitanique puis de décarboxylation convertissant l'acide de kétophytanique en acide pristanique.
Le prélèvement de liquide céphalo-rachidien montre la présence trop importante de protéines dans celui-ci.
Il existe un déficit d'une enzyme clé de la synthèse des plasmalogènes, la dihydroxyacétone phosphate acyltransférase (D.H.A.P.A.T).
Examens Complémentaires
L'électromyogramme (pour les spécialistes) montre un tracé de type neurogène s'accompagnant d'une diminution des vitesses de conduction motrice et sensitive.
Evolution
Celle-ci est lente et irrégulière, s'accompagnant de longues phases de rémission.
Les patients présentent une adolescence s'accompagnant d'un retard mental quelquefois sévère avec des troubles psychotiques.
Le pronostic est variable. Avec un bon traitement les symptômes décrits ci-dessus, en dehors de l'atteinte visuelle et auditive, disparaissent dans l'ensemble.
Une amélioration de la vitesse de conduction des nerfs périphériques ainsi que les troubles cardiaques s'amendent progressivement.
Complications
Certains patients présentent des complications rénales.
Traitement
Restriction des aliments contenant de l'acide phytanique
Plasmaphérèse (enlèvement et réinjection de plasma sanguin) quelquefoisPrévention
Il est possible de proposer un diagnostic prénatal grâce à l'étude de la phytanate oxydase (variété d'enzymes) dans une variété de cellules : les fibroblastes et les trophoblastes. Les fibroblastes sont des cellules en forme de fusée, issues des cellules conjonctives (tissu de remplissage et de soutien rencontré fréquemment dans l'organisme et contenant des fibres élastiques et du collagène). Ces cellules ont la caractéristique d'être en voie de prolifération, de multiplication.
Bibliographie
Wanders RIA, Van Roermund CWT, Schor DSM et al : Phytanic acid oxidation in man : identification of a new enzyme catalysing the formation of 2-ketophytanic acid from 2-hydroxyphytanic acid and its deficiency in the Zellweger syndrome. j Inher Metab Dis, 1995,18 : 200 à 1-203.
Tauveron I, Thomsen M, Giauque JIv et al : Refsum's disease followed up for 25 years. A long-term prognosis transformed by dietary treatment. Presse médicale 1991,20 : 1232.