Anus (cancer de l')

Introduction

Le cancer de l'anus est confondu quelquefois avec des hémorroïdes, de l'orifice terminal du tube digestif : l'anus qui, a l'état normal permet la défécation dans des conditions physiologiques (normales).
Le cancer de l'anus représente un à 2 % des tumeurs malignes du gros intestin.
La majorité des lésions naissent à l'intérieur du canal qui est la zone anatomique s'étendant de l'anneau anorectal jusqu'à une zone située approximativement à mi-chemin entre la ligne pectinée (ou dentelée) et la marge de l'anus.
Le carcinome se développe essentiellement prêt de la ligne pectinée c'est-à-dire dans la zone de transition entre la muqueuse comprenant des glandes du rectum et l'épithélium malpighien de l'anus.

Le développement du cancer de l'anus fait le plus souvent suite à une infection par papillomavirus humain, même qui est à l'origine du cancer du col de l'utérus. Ce virus est transmissible sexuellement. Il induit également quelquefois l'apparition de verrue autour de l'anus que l'on appelle des condylomes acuminés susceptibles d'évoluer vers un cancer anal (intraépithéliale ou un carcinome épidermoïde).
Le cancer de l'anus survient plus souvent chez les individus d'âge moyen et plus fréquemment chez la femme.

Epidémiologie

La fréquence semble plus élevée chez les homosexuels atteints par le virus de l'immunodéficience humaine.

Classification

On distingue plusieurs types de cancer de l'anus, d'ailleurs relativement rare (représentant environ 3 % des tumeurs malignes de l'anus et du rectum, survenant essentiellement après 60 ans, trois fois plus chez la femme que chez l'homme), dus à la présence de plusieurs variétés de tissu de recouvrement à ce niveau, appelés plus précisément épithélium. Le plus fréquent des cancers de l'anus est le cancer épidermoïde du canal anal.

Physiologie

La fermeture du canal anal se fait grâce à deux types de sphincters : le sphincter interne, constitué de fibres musculaires circulaires, et automatiques et le sphincter externe qui est sous le contrôle de la volonté.

Physiopathologie

Anatomopathologie (étude microscopique des cellules malades constituant le tissu atteint).
Il s'agit d'un épithélioma de type malpighien le plus souvent situé dans le canal anal lui-même ou en marge (au bord) de l'anus. On découvre quelquefois des métastases (cellules cancéreuses ayant migré) dans les ganglions de l'aine. Plus rarement, l'étude cytologique met en évidence un mélanome ou un sarcome de Kaposi (marge, bord de l'anus) quelquefois révélateur du sida.

Causes

  • Utilisation des rayons comme traitement (radiothérapie).
  • Leucoplasie (plaque, prenant parfois l'aspect d'une tache de couleur blanchâtre, crémeuse), apparaissant sur une muqueuse de la bouche ou de l'appareil génital.
  • Lymphogranulome correspondant à une infection cancéreuse caractérisée par une prolifération (multiplication) cellulaire anormale dans un ou plusieurs ganglions lymphatiques.Infection par papillomavirus (type HPV 6) transmis lors des rapports sexuels (sodomie).

Symptômes

Douleurs à la défécation, le plus souvent lourdeurs plutôt que douleurs.
Constipations suivies de diarrhées.
Hémorragies rectales (apparition de sang par l'anus qui tache les sous-vêtements ou le papier hygiénique).
Présence d'une tumeur palpable par le patient lui-même.

Examen Physique

L'examen du patient et plus particulièrement le toucher rectal ainsi que l'anuscopie, à l'aide d'un spéculum de très petite taille, permettent d'observer l'intérieur du canal anal. On observe quelquefois un bourgeonnement des tissus, malheureusement (retard de diagnostic) parfois pris pour des hémorroïdes ou une fissure anale.
À la palpation la tumeur apparaît moins élastique que la peau normale ce qui permet éventuellement de faire le diagnostic différentiel avec des hémorroïdes entre autres.

Examens Complémentaires

Les examens complémentaires et plus particulièrement l'anuscopie suivie de la biopsie sous anesthésie locale (prélèvement de tissu localement) montre la nature de la lésion cancéreuse.
L'échographie de l'intérieur de l'anus (endo-anale) va permettre d'évaluer la gravité de l'atteinte des sphincters (ensemble de muscles circulaires permettant l'ouverture la fermeture) de l'anus.
Des examens plus classiques tels que le scanner du bassin ou encore l'IRM vont permettre d'obtenir une classification de la tumeur, classification TNM :
  • T correspond à l'envahissement de la tumeur.
  • N à l'existence de ganglions.
  • M à la présence de métastases.
  • Evolution

    Les métastases liées à ce type de cancers sont rares.
    Dans un nombre de cas assez important les récidives après traitement par chimiothérapie et radiothérapie sont survenues chez moins de 10 % des patients et environ 70 % des patients ayant eu un cancer anal ont pu être guéris par un traitement non chirurgical.
    La chirurgie sera donc réservée à un petit nombre de patients pour lesquels une tumeur est persistante après avoir un traitement par radiothérapie et par chimiothérapie.

    Traitement

    L'association de la chimiothérapie utilisant des médicaments tels que la mitomycine et le fluorouracil et la radiothérapie permet obtenir de nombreuses guérisons tout en conservant le sphincter. L'intérêt de l'utilisation de ces molécules essentiellement en présence de tumeurs volumineuses, malgré leurs effets délétères (toxicité), est non seulement l'amélioration des symptômes mais également la conservation du sphincter anal. L'irradiation qui dure environ 4 semaines (4 à 5 jours de traitement par semaine), est d'abord externe. Puis on procède à une irradiation complémentaire, effectuée sur le canal anal lui-même à l'aide d'une radiothérapie externe ou à l'aide d'une curiethérapie (mise en place sous anesthésie générale d'un dispositif permettant l'irradiation locale). Dans la majorité des cas ce type de traitement est à l'origine de symptômes (saignements, brûlures de l'anus, durcissement des tissus à type de fibrose de l'anus, incontinence aux gaz mais pas aux selles). Plus rarement l'incontinence concerne également les selles. Les autres types de complications (survenant essentiellement pour les tumeurs de volume) sont une sténose c'est-à-dire un rétrécissement important de l'anus et la destruction locale de celui-ci particulièrement douloureuse et s'accompagnant quelquefois de fistules c'est-à-dire de communications entre le rectum et le vagin. La présence de ganglions pathologiques au niveau de l'aine nécessite l'exérèse (l'ablation) et une radiothérapie associée. L'intervention chirurgicale qui consiste à retirer l'anus (amputation anale) se pratique essentiellement en cas d'échec de la radiothérapie et de la chimiothérapie. Dans ce cas l'évolution est difficile