Varice pelvienne

Introduction

Dilatation anormale et permanente d'une veine qui s'accompagne d'une dilatation de ses parois, suite à un défaut d'étanchéité des valvules veineuses. Elle se développe aux dépens des veines ovariennes ou des veines obturatrices, honteuses internes ou fessières, qui proviennent elle-même de la veine iliaque interne.

Physiologie

Les valvules des veines profondes ont un rôle d'anti-reflux : elles empêchent le sang de revenir en arrière dans la veine. Quand elles n'assurent plus cette fonction, il s'ensuit une accumulation de sang dans le cordon veineux et un élargissement de celui-ci.

Symptômes

Après avoir éliminé toutes les causes possibles de douleurs pelviennes (fibrome, kyste, endométriose, infections de type salpingite, grossesse extra-utérine, collection sanguine dans une trompe, problème digestif, douleurs musculo-squelettiques, problème urinaire, dysménorrhée, dysfonctionnement ovarien, douleur d'origine psychique), on peut envisager :
  • Un syndrome prémenstruel : il s'agit d'un ensemble de troubles psychiques et physiques survenant avant les règles et touchant environ 10 à 20 % des femmes. Le syndrome prémenstruel s'accompagne d'un gonflement des chevilles, d'une bouffissure des paupières (rétention d'eau), d'un gonflement des seins et d'un ballonnement abdominal.
  • Une pesanteur pelvienne pouvant s'expliquer par la présence de varices pelviennes, quelquefois même par une prise de poids avec des douleurs dans les articulations, des troubles de la peau, des maux de tête, des vertiges, des migraines, une asthénie (fatigue).
  • Examens Complémentaires

    L'écho Doppler qui recherchera une incontinence des valvules des membres inférieurs. L'échographie classique (effectuée à l'extérieur de l'abdomen) n'apporte pas vraiment de renseignements intéressants. L'échographie transvaginale (effectuée à travers la paroi du vagin après avoir fait pénétrer l'instrument permettant d'effectuer l'échographie) en position debout permet le plus souvent de déceler une varice pelvienne. L'écho Doppler couleur permet le plus souvent de visualiser les dilatations des veines. Cet examen doit être effectué par un gynécologue entraîné.

    Traitement

    Anciennement, on avait recours :
  • Aux antidépresseurs
  • A une pise en charge psychiatrique
  • A une hystérectomie (ablation de l'utérus)
  • Actuellement, on utilise :
  • Les phlébotoniques (médicaments utilisés pour tonifier la veine)
  • Les antalgiques (médicaments antidouleur)
  • L'embolisation des veines variqueuses (technique consistant à obtenir une obstruction de la veine dilatée). Cette technique donne des résultats satisfaisants à court terme mais étant donné le manque de recul, il est difficile d'apprécier l'efficacité à long terme. La technique consiste à cathétériser (faire pénétrer un long tube mince et souple dans) la veine de l'ovaire ou de l'hypogastre (bas-ventre) puis à injecter des coils (sorte de petits tortillons ressemblant à des copeaux de métal ou à des ressorts), dont le but est d'obturer la veine.
  • Déroulement En pratique, on effectue tout d'abord une phlébographie (mise en évidence, radiologiquement, des veines après injection d'un produit de contraste radiologique) et dans le même temps on injecte les coils quand on aperçoit un reflux de sang dans la veine exploré. L'intervention ne nécessite pas d'hospitalisation ni anesthésie, l'acte radiologique se déroulant sans douleur et nécessitant environ une heure. Résultats Sur une série de 2324 embolisations réalisées par le docteur Lean Monedero, 185 ont dû être réemboliser une 2ème fois, et 12 cas ont nécessité 3 embolisations. Pour ce médecin, 90 % des patients embolisés sont satisfaits et 45 % totalement soulagés. En France, c'est l'équipe du professeur Juhan à Marseille qui est une des rares à pratiquer régulièrement cette intervention.