Elle a été utilisée pour la première fois en 1983 dans le blépharospasme (contraction involontaire des muscles des paupières).
Petit à petit, les indications se sont étendues à toutes les dystonies musculaires (trouble du tonus provoquant la contraction incontrôlable et irrégulière d’un muscle donné) de la face (paralysies oculomotrices, torticolis spasmodique, blépharospasme) et à d'autres pathologies neurologiques dans lesquelles existe une activité musculaire anormale et localisée, comme l'hémispasme facial, correspondant à une contracture d’un seul côté du visage.
Une fois injectée, cette toxine botulique agit au niveau de la plaque motrice, c’est-à-dire de la jonction neuromusculaire. La quantité utilisée est infime. Son rôle est d’empêcher la libération d'acétylcholine, qui est un neuromédiateur permettant le passage de l’influx nerveux des nerfs vers les fibres neuromusculaires, entraînant ainsi leur contraction.
L’absence d’acétylcholine arrête ce passage d’influx nerveux et provoque donc un relâchement musculaire. L'importance et la durée de cette action musculaire (appelée parésie) dépendent de la dose utilisée et du volume du muscle injecté.
Cette toxine botulique porte le nom pharmacologique de Botox®. D’autre part, il est intéressant de préciser que l’indication de cette substance a été étendue, à la fin de l'année passée, à une autre indication importante : l'équinisme chez l'enfant atteint d'infirmité motrice cérébrale (IMC).
La toxine botulique devrait, dans les mois ou les années à venir, pouvoir être utilisée dans certaines pathologies neurologiques comme la sclérose en plaques, mais aussi dans les accidents vasculaires cérébraux et les traumatismes crâniens. Les essais internationaux sont en cours actuellement.
Pour l’instant, Botox® 100 unités Allergan est réservé à l'usage hospitalier ; il doit être administré par des spécialistes expérimentés comme les neurologues, ophtalmologistes, ORL, neurochirurgiens ou pédiatres.