Tétanie

Introduction

Syndrome (ensemble de symptômes) qui s'observe essentiellement chez l'enfant jeune et quelquefois chez la femme. Il se caractérise par des contractures musculaires des extrémités (on parle alors de mains d'accoucheur et de spasmes carpo-pédal).

Physiopathologie

La tétanie semble être due à une hyperexcitabilité neuro-musculaire (excès d'excitation nerveuse ou musculaire). Dans ce cas, les muscles, qui sont commandés par les nerfs, deviennent trop sensibles aux diverses stimulations, ce qui provoque l'apparition de symptômes.

Causes

  • Contexte psychologique particulier (anxiété, stress) : on l'appelle alors tétanie neurogène ou commune, c'est la forme la plus fréquente. Dans le même contexte, certains individus présentent une hyperventilation (respiration accélérée et ample) à l'origine d'une alcalose (contraire d'acidité) sanguine.
  • Hypocalcémie (baisse du taux de calcium dans le sang). Cet état se rencontre lors des hypoparathyroïdies (diminution du taux de la sécrétion d'hormones parathyroïdes), dans les carences ou les insuffisances d'absorption du calcium ainsi que dans les alcaloses (contraire d'acidité) susceptibles de survenir lors des vomissements ou pendant une maladie infectieuse (entre autres)
  • Hypovitaminose (insuffisance de vitamines) du groupe D.
  • Lors de certaines grossesses
  • Insuffisance rénale (insuffisance de filtration du sang par les reins) entraînant une perte de calcium
  • Ostéomalacie (ramollissement général du squelette)
  • Pancréatite aiguë (inflammation du pancréas)
  • Transfusions massives de sang citraté
  • Syndrome d'Albright : affection héréditaire mal connue qui apparaît dès les premières années de la vie. Elle est due à un trouble de fonctionnement du rein, qui entraîne un déficit en calcium, lui-même à l'origine d'une sécrétion accrue des hormones parathyroïdes (les parathyroïdes sont de petites glandes situées sur les thyroïdes).
  • Hyperaldostéronisme (excès de sécrétion d'aldostérone dans le sang)
  • Chute de magnésium dans le sang (hypomagnésémie)
  • Vomissements répétés à l'origine d'une perte importante de chlore
  • Chute du potassium (hypokaliémie)
  • Excès de bases (substances alcalines, contraire d'acides) : l'excès de base se rencontre par exemple en cas de respiration trop ample ou trop rapide causée par un effort physique ou par l'anxiété. Dans ce cas apparaissent des troubles du fonctionnement du calcium
  • Toutes les causes en relation avec une hypoparathyroïdie
  • Lait riche en phosphate, parfois à l'origine de tétanie chez l'enfant 

Symptômes

On distingue classiquement :

Les accès de tétanie
  • Ces contractures sont toniques, difficilement réductibles, elles peuvent durer quelques minutes voire quelques heures et s'accompagnent généralement de crampes et de paresthésies (sensations de  fourmillements).
  • Les accès de tétanie se caractérisent par des contractures fortes et prolongées des muscles des mains, qui se présentent avec les doigts en forme de cône ou de fuseau (mains d'accoucheur).
  • Plus rarement, les contractures touchent les pieds et quelquefois le visage.
  • Aux membres inférieurs, les cuisses et les jambes se positionnent en extension (allongées et raides), les orteils sont fléchis (dirigés vers la plante des pieds), les pieds sont cambrés.
  • Le spasme carpopédal traduit des contractures simultanées des membres supérieurs et des membres inférieurs.
  • Le plus souvent, ces contractures s'accompagnent d'angoisse, de malaise et d'une respiration accélérée.

La tétanie latente, c'est-à-dire survenant entre 2 accès.
  • Signe Chvostek : contractions des muscles situés autour de la bouche provoquées par la percussion d'un nerf (branche temporofaciale du nerf facial) au milieu de la ligne qui va du lobule de l'oreille au coin de la bouche.
  • Signe de Trousseau : pose autour du bras d'un garrot ou d'un brassard (d'un appareil de tension artérielle par exemple) dont la pression provoque une contracture de l'avant-bras et de la main.

Labo

  • Le dosage des taux de calcémie (calcium dans le sang) et de phosphorémie (phosphore dans le sang) montre une diminution du premier et une élévation du second.
  • Il est possible d'observer une hypomagnésémie (diminution du taux de magnésium dans le sang)

Examens Complémentaires

  • L'électromyogramme montre quelquefois des perturbations qui sont le résultat de l'excitabilité accrue, généralement augmentée par l'accélération volontaire de la respiration (dans la tétanie latente).
  • L'électrocardiogramme est également modifié dans certains cas et montre un allongement de l'espace QT surtout en présence d'hypocalcémie (diminution du taux de calcium dans le sang).

Complications

  • Laryngo-spasme à l'origine de la diminution du calibre du larynx
  • Convulsions pouvant passer pour une crise épileptique

Diagnostic differentiel

Il ne faut pas confondre la tétanie avec :

  • La spasmophilie, qui se caractérise par un ensemble de signes correspondant, semble-t-il, à un état d'hyperexcitabilité chronique des muscles et des nerfs. L'excitabilité est le fait qu'un organe (ou un organisme) réagisse à l'action de stimulants. L'hyperexcitabilité correspond à un cas de figure où une action stimulante moins importante entraîne les mêmes réactions. La tétanie et la spasmophilie ne doivent pas être confondues : la tétanie est une maladie clairement caractérisée par des crises de contractures musculaires dont la cause peut être une diminution de la concentration du calcium dans le sang (hypocalcémie). La spasmophilie est un symptôme souvent remis en question par de nombreux médecins. Elle correspond pour certains à une carence en calcium ou en magnésium, voire les deux à la fois, alors que la quantité de ces deux éléments dans le sang est normale. Elle traduirait également un problème d'échange entre le calcium et le magnésium de l'intérieur de la cellule vers l'extérieur et inversement. L'augmentation de la ventilation pulmonaire correspondant à une accélération de la respiration, favorise probablement la survenue de spasmophilie. En fait, la spasmophilie témoignerait surtout d'une anxiété ou d'une angoisse sous-jacentes.
  • Des crampes musculaires touchant essentiellement les membres inférieurs pendant le sommeil, chez le sportif, la femme enceinte, les malades prenant des diurétiques (médicaments faisant uriner et perdre du potassium dans certains cas).

Traitement

  • Celui de l'affection en cause, particulièrement en cas d'hypoparathyroïdie.
  • Iinjection lente, intraveineuse, d'une solution contenant du calcium.
  • Quelquefois, l'utilisation de certains médicaments (quinine, quinidine, antihistaminiques) sont susceptibles de diminuer la survenue des crampes et même de les prévenir.