Sperme

Introduction

Liquide normalement stérile (sans microbes), de consistance visqueuse, légèrement filant, collant et de coloration blanchâtre, sécrété par les testicules et la prostate et contenant des éléments fabriqués par les glandes de Cowper. La caractéristique principale du sperme est de contenir les spermatozoïdes, qui sont les cellules reproductrices mâles. Le sperme est produit lors de l'éjaculation.

Généralités

L'éjaculation, qui consiste en l'éjection du sperme en dehors des vésicules séminales par l'intermédiaire du pénis en érection (le phallus) notamment pendant les rapports sexuels, se fait au moment de l'orgasme grâce à la contraction des différents muscles lisses qui entourent les glandes et les conduits génitaux. Chaque éjaculation contient environ de 3 à 7 ml de sperme en moyenne.

Anatomie

Les vésicules séminales sont au nombre de deux et sont placées au-dessus de la prostate. Elles servent à emmagasiner le sperme.
L'épididyme est un organe cylindrique situé derrière chaque testicule et s'étalant en "embrassant" celui-ci, faisant suite aux canaux efférents qui sont des sortes de petits tubes sortant du testicule. L'épididyme se prolonge par le canal déférent ou canal spermatique, qui débouche dans l'urètre et qui est destiné à évacuer à la fois les urines et le sperme. Le canal de l'épididyme est microscopique et très long. Sa forme anatomique le maintient pelotonné sur lui-même. C'est à l'intérieur de celui-ci que les cellules spermatiques, c'est-à-dire les précurseurs des spermatozoïdes produits dans le testicule, progressent lentement en achevant leur maturation.

Physiologie

Chaque millilitre de sperme contient environ (suivant les individus) de 50 à 150 millions de spermatozoïdes qui sont en suspension dans le liquide séminal.
D'autre part, le sperme contient également :
  • Des protéines
  • Du fructose (variété de sucre provenant des vésicules séminales).
  • De la carnitine (provenant de l'épididyme).
  • Des phosphatases acides formées par la prostate.

Physiopathologie

L'aspermie ou absence de sperme correspond à une éjaculation rétrograde, c'est-à-dire un reflux de sperme vers la vessie.

L'azoospermie
se caractérise par une absence totale de spermatozoïdes. Ceci peut être la traduction d'une obturation des canaux déférents. Le canal de l'épididyme est microscopique et très long. Sa forme anatomique le maintient pelotonné sur lui-même. C'est à l'intérieur de celui-ci que les cellules spermatiques, c'est-à-dire les précurseurs des spermatozoïdes produits dans le testicule, progressent lentement en achevant leur maturation.

La maladie de Klinefelter (aberration des chromosomes sexuels qui comportent au moins 2 chromosomes X et 1 chromosome Y).

Une infection par trichomonas est susceptible d'être à l'origine de complications si la prise en charge ne se fait pas convenablement : ce peut être une épididymite (inflammation de l'épididyme).

L'hyperprolactinémie : cette affection endocrinienne (hormonale) qui correspond à un excès de sécrétion de l'hormone prolactine (hormone sécrétée par la glande hypophyse) est à l'origine d'une gynécomastie (développement excessif du tissu glandulaire et du tissu mammaire) et d'une diminution de la libido ainsi que d'une impuissance qui peut entraîner une oligospermie (faible nombre de spermatozoïdes dans le sperme) s'accompagnant de stérilité et d'une chute du taux de testostérone dans le sang.

L'oligospermie correspond à une faible quantité de spermatozoïdes dans le sperme (inférieure à 20 millions de spermatozoïdes par ml). Il faut la différencier de l'azoospermie (absence totale de spermatozoïdes dans le sperme) et de l'asthénospermie (insuffisance de mobilité des spermatozoïdes). L'oligospermie, qui est parfois décelée trop tardivement (et qui est alors à l'origine de stérilité) a des origines très diverses :
  • dilatation des veines (varicocèle testiculaire) du cordon spermatique (cordon relié au testicule, renfermant des nerfs, des veines et des artères)
  • atrophie des testicules secondaire à une infection par le virus ourlien (oreillons)
  • localisation anormale d'un testicule
  • infection de la prostate (glande de l'appareil génital, sous la vessie, entourant la partie initiale de l'urètre, et sécrétant un composant du sperme)
  • infection des vésicules séminales (vésicules au nombre de deux, placées au-dessus de la prostate et permettant au sperme d'être emmagasiné)
  • déficit hormonal
  • traitement par chimiothérapie (médicaments utilisés contre le cancer)
  • traitement par radiothérapie (utilisation des rayons dans un but thérapeutique).
Ce n'est qu'après une baisse de la fertilité que l'oligospermie est diagnostiquée. Quelquefois, un spermogramme demandé à l'occasion d'une visite médicale pour un couple confronté à des problèmes d'infertilité permet d'apporter la preuve de la diminution de la concentration en spermatozoïdes du sperme. Le traitement dépendra de la maladie à l'origine de l'oligospermie.

Quand il s'agit d'une oligoasthénospermie, l'examen pronostic-clé pour définir l'attitude thérapeutique est le test de migration-survie ou gradient de Percoll : on recherche dans ce cas le nombre et la mobilité des spermatozoïdes mobiles.

Une carence sélénium, qui joue un rôle essentiel dans la fertilité masculine des rongeurs, et pourrait en être de même chez l'homme. Une carence en cet oligoélément est associée à une diminution de la mobilité des spermatozoïdes.

L'anorchidie congénitale (absence de testicules)

La cryptorchidie et les testicules oscillants (ce sont des testicules qui ne sont pas à leur place normale)

Des séquelles de cryptorchidie bilatérale (position anormale des testicules) avec un volume testiculaire très faible

L'hypogonadisme est isolé ou associé à d'autres anomalies (anosmie du syndrome de Demorsier) ou à d'autres déficits hormonaux. Le traitement utilise les gonadotrophines humaines (HMG et hCG) ou la LHRH. Il corrige rarement l'azoospermie.

La varicocèle (varice au niveau des veines du cordon spermatique)

Une infection génitale : on recherchera des antécédents infectieux et on effectuera des cultures de sperme répétées. On retrouve parfois dans ce type de pathologie des spermatozoïdes à flagelles enroulés et des agglutinats spermatiques. Un traitement antibiotique d'essai doit être tenté mais, souvent long, il n'améliore pas toujours l'insuffisance spermatique.

Les auto-immunisations : une agglutination des spermatozoïdes dans le sperme pouvant être le résultat d'une immunisation anti-spermatozoïdes (réaction secondaire à la présence d'anticorps anti-spermatozoïdes empêchant les cellules sexuelles masculines de féconder l'ovule)
L'existence d'autoagglutination spontanée dès l'éjaculation et d'un test de pénétration croisée (glaire témoin) perturbé, impose la prescription d'un bilan immunologique à la recherche d'anticorps antispermatozoïdes dans le sérum sanguin et le plasma séminal. Le traitement est difficile : on tentera les corticoïdes, l'insémination artificielle après préparation du sperme, voire une FIV ( fécondation in vitro).

Les hypogonadisme d'origine toxique : consécutifs à une prise de médicaments comme par exemple la salazopyrine, ou à une exposition à des toxiques.

Les hypogonadisme d'origine diabétique : consécutifs à une hypothyroïdie, à une hypo - ou hypercorticisme ou à un éthylisme.

Les modifications de l'éjaculat par excès de volume ou de viscosité.

Les troubles de l'érection ou de l'éjaculation : ce peut être l'impuissance ou l'absence d'éjaculation.
Une éjaculation rétrograde va nécessiter le recueil des spermatozoïdes dans les urines pour PMA (procréations médicalement assistées).

Labo

Les phosphatases acides prostatiques (taux sanguin normalement inférieur à 10 unités internationales par litre), voient leur taux augmenté en cas de cancer de la prostate, surtout quand il existe des métastases.

Le spermogramme permet de déterminer le nombre et la mobilité des spermatozoïdes mais également le pourcentage de spermatozoïdes anormaux. Le spermogramme doit être réalisé uniquement après une abstinence sexuelle d'au moins 4 jours, et devra être répété un mois après, au minimum. En effet, il peut arriver que lors du 1er examen un diagnostic de fausse oligospermie (spermatozoïdes en petite quantité) soit fait. Chez l'homme c'est, après l'examen clinique, l'examen-clé.
Il est obtenu par masturbation, si possible au laboratoire.
Les résultats "normaux" (pronostiquant une fécondité normale) sont les suivants :
  • Plasma séminal : volume compris entre 1,5 ml et 6 ml et pH compris entre 7,2 et 7,9.
  • Numération : 20 à 200 millions de spermatozoïdes par ml
  • Mobilité : supérieure à 60 % une heure après émission, supérieure à 40 % 4 heures après
  • Vitalité: plus de 70 % de formes vivantes 1 heure après, plus de 65 % 4 heures après
  • Morphologie : moins de 60 % de formes anormales
  • Absence de cellules inflammatoires et de cellules immatures.
  • Une agglutination des spermatozoïdes dans le sperme peut être le résultat d'une immunisation anti-spermatozoïdes (réaction secondaire à la présence d'anticorps anti-spermatozoïdes empêchant les cellules sexuelles masculines de féconder l'ovule).
Le spermocytogramme est l'examen qui aidera à trouver l'origine de l'infécondité masculine. Compte tenu de la grande variabilité intra-individuelle, il faut répéter cet examen en cas de résultat "limite". Il ne faudra pas pour autant oublier de faire effectuer une recherche de sérologie virale (virus du sida, hépatite).
Les résultats du spermogramme peuvent montrer d'abord une azoospermie : c'est l'absence de spermatozoïdes, responsable d'une stérilité vraie si elle est permanente, c'est-à-dire si elle est retrouvée à deux examens successifs à trois mois d'intervalle. Elle nécessite un bilan afin de préciser le type d'azoospermie. Pour cela, il faudra effectuer un dosage des FSH, LH, prolactine et testostérone (qui sont des hormones). Le laboratoire biologique va également étudier les substances sécrétées dans le liquide séminal (substances sécrétées avec le sperme à partir des glandes séminales).

On effectue également parfois :
  • une étude cytogénétique pour déterminer le sexe à partir des chromosomes du patient
  • une déférentographie, c'est-à-dire une radiographie spécialisée du canal déférent (segment du canal transportant les spermatozoïdes, situé entre les vésicules séminales et les testicules)
  • une échographie transrectale (à travers le rectum).
Puis la recherche va s'orienter vers une éventuelle malformation ou un obstacle des voies génitales. Les marqueurs séminaux et le bilan urologique détermineront le niveau de l'obstacle. L'origine peut être infectieuse, congénitale ou chirurgicale : cure de hernie, vasectomie (ablation du canal déférent).

Quand il s'agit d'une azoospermie sécrétoire, c'est-à-dire d'origine hormonale, certaines hormones sont élevées, en particulier la FSH. L'origine testiculaire est définitive si la FSH est élevée. On peut alors proposer le don de gamètes par l'intermédiaire du CECOS (Centre d'étude et de conservation du sperme), l'insémination par sperme de donneur.