Sein (problèmes de)
Classification
1 - Les crevasses
Une crevasse est une fissure généralement peu profonde de la peau. Elle est habituellement due au froid (gerçures), ou à une atteinte de la peau (psoriasis, eczéma, dermite). Ses localisations habituelles sont les pieds et les mains. Elle peut parfois être très douloureuse. Les crevasses du sein surviennent au début de l'allaitement (deux premières semaines), surtout chez les femmes à peau claire. Environ 1 femme qui allaite sur 4 a des crevasses : certaines sont dues à la mauvaise position du bébé pendant l'allaitement. Même s'il faut tenir compte de ceci, il est néanmoins nécessaire de parler des autres causes à l'origine des crevasses, comme :
Une fragilité de la peau
Un manque d'hygiène des mamelons
Le port de soutien-gorge en tissu synthétique
Une fréquence élevée des tétées
L'alimentation de la maman (manque de diversification alimentaire)
L'abus de certains aliments serait susceptible d'entraîner une acidité aggravant ainsi la survenue de crevasses.
Les crevasses se traduisent par l'apparition de petites gerçures du mamelon qui présentent des traînées rouges à sa surface et de fissures allant jusqu'à diviser la surface du mamelon. L'ensemble du mamelon présente une coloration rouge vif (coloration framboise). On constate quelquefois la présence de saignements pendant les tétées. Le bout du sein devient très douloureux (la douleur réveille parfois la patiente).
Le traitement consiste à se laver les mains fréquemment et à nettoyer le bout des seins sans utiliser de médicaments antiseptiques qui peuvent être agressifs pour la peau, mais simplement du savon neutre. L'application d'éosine aqueuse est souhaitable. Certains médecins préconisent des pommades à base de vitamine A ou E et de lanoline. La position du bébé et la prise de la totalité du mamelon dans sa bouche semblent jouer un rôle favorable pour éviter la survenue des crevasses. L'utilisation d'un tire-lait n'est pas souhaitable. Les « bouts de sein » permettent aux mamelons d'être moins sollicités.
Il est quelquefois souhaitable d'interrompre la sécrétion lactée. Il est parfois utile de savoir ne pas proposer le sein malade (pour le mettre au repos) au bébé pendant quelque temps.
Il faut rechercher la présence de champignons (candida) et de muguet dans la bouche de l'enfant
2 - L'engorgement
L'engorgement de la glande mammaire se caractérise par un sein distendu et douloureux faisant suite non pas à un « trop-plein» de lait (contrairement à l'idée reçue) mais à un œdème (présence importante d'eau dans la glande mammaire proprement dite suite à une inflammation). Environ 15 % des femmes qui allaitent présentent un engorgement. Les facteurs favorisants sont :
Les douleurs survenant pendant l'allaitement
Les crevasses
Un enfant qui tête mal (malade)
Une mère anxieuse
Un enfant anxieux
Le sevrage (arrêt de l'allaitement) Les symptômes de ce type de pathologie sont :
L'apparition d'une dureté de la glande mammaire
Un sein lourd avec parfois une sensation de brûlure
Une petite fièvre parfois : 38°C.
Le traitement consiste essentiellement à faire céder l'engorgement, pour cela :
Il faut soulager les seins en les massant sous la douche (chaude)
Certains gynécologues préconisent de presser le sein autour de l'aréole (cercle coloré marron foncé qui entoure le mamelon du sein)
La pratique d'un massage mammaire donne quelquefois de bons résultats
L'application de cataplasmes tièdes sur les seins (antiphlogistine) est parfois préconisée
Il est également souhaitable d'aider le bébé a bien placer sa bouche et de stimuler la contraction des muscles de la glande mammaire en donnant un médicament à base d'hormones (posthypophysaire)
Au besoin il faut utiliser un médicament à base d'ocytocine Il existe une polémique quant à savoir s'il faut ou non utiliser un tire-lait une demi-heure après la prise de la tétée, de façon à permettre de vider un peu plus le sein Le traitement de l'engorgement mammaire doit avoir lieu dans tous les cas, car il faut éviter absolument la survenue de lymphangite (stade suivant de la crevasse ou de l'engorgement du sein) et d'abcès.
3 - L'abcès ou mastite
Il s'agit d'une collection de pus entraînant une inflammation de la glande mammaire, due à une complication des causes précédentes, et pouvant parfois durer relativement longtemps (mastite chronique, en dehors de l'allaitement). L'abcès du sein touche environ 1 % des femmes qui allaitent.
Quand il s'agit d'une mastite aiguë qui survient au début de l'allaitement, celle-ci est le plus souvent due à une infection bactérienne s'introduisant par une crevasse du mamelon. Ce type d'affection entraîne une modification de l'élasticité du sein qui devient rouge, dure, chaud, douloureux et sensible à la palpation.
Le plus souvent la patiente présente une hyperthermie (fièvre) élevé.
En cas d'écoulement de pus par le mamelon, l'allaitement est bien entendu suspendu, le temps que le traitement antibiotique fasse régresser l'infection localisée. Néanmoins, un abcès plus volumineux peut se créer et nécessiter une intervention chirurgicale. La reprise de l'allaitement peut se faire environ 3 à 4 semaines après le traitement chirurgical si le sein est complètement cicatrisé. L'antibiogramme (prélèvement et mise en culture) effectué sur le lait doit être négatif au bout de 8 jours environ. En attendant cet examen, le lait aura été tiré puis jeté. La présence d'un abcès du sein n'est pas une contre-indication définitive pour l'allaitement. La survenue de ce type de pathologie peut être évitée pour les allaitements ultérieurs, en traitant convenablement toutes les maladies débutantes du sein.Anatomie
La glande mammaire est constituée d'environ 25 lobes (parfois moins selon les femmes), que les spécialistes appellent unités glandulaires. Ces lobes sont disposés de manière radiale à la façon des rayons d'une roue, autour du mamelon. Leur profondeur est également variable.
Le sinus lactifère correspond à la dilatation de la base du mamelon qui draine chaque canal galactophore collecteur puis s'ouvre à son sommet pour communiquer avec l'extérieur au niveau de la peau (abouchement).
Chaque lobe correspond à un canal galactophore qui lui-même se divise en canaux de plus en plus étroits, à la manière des branches d'un arbre. La terminaison se fait au niveau de l'unité terminale appelée également unité terminale ducto-lobulaire. Une l'unité terminale ducto-lobulaire est constituée par un petit canal situé à l'extérieur et à l'interieur de chaque globule et se terminant par un acini. Cet ensemble est sensible à l'imbibition hormonal de l'organisme.
Physiopathologie
La polymastie est la présence de plus de 2 seins chez un individu. Il s'agit d'une anomalie qui concerne aussi bien le sexe féminin que le sexe masculin. Il s'agit d'une anomalie qui n'est pas rare et qui a été décrite au cours de l'histoire. Ainsi, Anne Boleyn qu'il était l'épouse du roi Henri VIII présentait trois seins. Il a même été décrit l'histoire d'une femme présentant 10 seins. Les glandes mammaires étaient globalement situées sur une zone anatomique normale. Ce n'est pas le cas d'une femme qui présentait une polymastie dont un sein supplémentaire se situait en haut de la cuisse droite et qui, d'autre part allaitait son bébé. Il semble que cette anomalie soit de nature héréditaire et qu'il falle conseiller à la mamelon de donner le sein de façon à faire dégonfler la glande mammaire surnuméraire. Il est nécessaire de surveiller régulièrement cette anomalie anatomique.
Les seins surnuméraires sont le résultat de tissu mammaire c'est-à-dire de cellules ayant la capacité de sécréter du lait mais situé de manière ectopique c'est-à-dire dans une zone anormale pour du tissu mammaire. Soit cette zone est localisée sur le trajet des crêtes mammaires primitives (cellules destinées à donner dec cellules mammaires chez l'adulte) chez l'embryon, soit cette zone est située en dehors de la crête mammaire « normale » ce qui aboutit à des seins aberrants (en haut de la cuisse, sous l'aisselle etc.). Habituellement cette glande mammaire ectopique régresse spontanément chez l'embryon. Quand ce n'est pas le cas ceci aboutit à une polymastie. Il s'agit d'une anomalie qui concerne fréquemment avant tout la femme mais, répétons le, elle peut également survenir chez l'homme. Le plus souvent cette glande mammaire est unique et se localise dans le creux axillaire.
Le terme polythélie désigne un seul mamelon identifiable et une seule aréole associée à du tissu mammaire sous-jacent qui est de constitution normale.
Le terme glande mammaire aberrante désigne la présence d'un sein en dehors de la zone des crêtes mammaires. Celui-ci ne comporte pas d'aréole ni de mamelon. C'est la raison pour laquelle elles apparaissent le plus souvent pas spontanément mais à la suite d'une grossesse ou d'un dérèglement endocrinien (hormonal).
L'amastie-athelie désigne l'absence de glande mammaire de nature congénitale. Il s'agit d'une affection particulièrement rare.
En cas d'inversion du mamelon les canaux galactophores viennent s'aboucher dans un petit creux de nature épithéliale (à la peau). Il s'agit d'une anomalie qui le plus souvent est de nature congénitale mais peut également être le résultat d'une rétraction du mamelon due à une tumeur mammaire.
Technique
L'implantation des prothèses mammaires est une intervention chirurgicale qui se pratique de plus en plus. Néanmoins lors de la pose des prothèses gonflables remplies de sérum physiologique, s'il se produit la pénétration de bulles d'air intérieur, les prothèses sont, par la suite, en altitude, susceptibles d'exploser. C'est la raison pour laquelle le chirurgien doit constamment vérifier qu'aucune bulle d'air ne pénètre à l'intérieur de la prothèse. En cas de survenue d'éclatement de la prothèse mammaire il est nécessaire d'intervenir rapidement.