Sarcoïdose
Introduction
La sarcoïdose est une maladie dont on ne connaît pas la cause, qui touche essentiellement l’adulte jeune et atteint de nombreux organes, mais plus spécifiquement l’appareil respiratoire (poumons).
Physiopathologie
Elle se caractérise par la présence dans l’organisme de granulomes épithélioïdes, qui sont des amas de cellules accumulées et de type particulier. Ces cellules sont des cellules géantes et des cellules épithélioïdes (macrophages qui se sont transformés), c’est-à-dire une variété de globules blancs destinés à l’absorption et à la digestion des corps étrangers entrant dans l’organisme (poussières, microbes, etc.).
Il y aurait peut-être une diminution des défenses immunitaires avec une augmentation des immunoglobulines (anticorps) non spécifiques d’un agresseur en particulier. Il semble que le nombre de lymphocytes T. activateurs (type de globules blancs) soit en diminution et celui des lymphocytes T. suppresseurs en augmentation.
Symptômes
- C’est souvent à la suite d’une radiographie des poumons faite pour d’autres raisons (médecine du travail, radio du thorax de surveillance) que la maladie est découverte.
- Chute des cheveux.
- Rougeur de la peau.
- Desquamation de la peau (chute de petits lambeaux de peau).
- Ichtyose (peau sèche couverte de petites écailles fines).
- Prurit (démangeaisons).
- Kystes osseux et articulaires.
- Troubles du rythme cardiaque.
- Atteinte de la glande thyroïde.
- Polynévrite (infection ou affection toxique touchant plusieurs nerfs et entraînant des problèmes pour effectuer les mouvements et des troubles sensitifs)
- Infiltration et augmentation de volume des glandes salivaires et des glandes lacrymales (syndrome de Mikulicz, observé également dans les myopathies malignes).
Labo
Les analyses de laboratoire révèlent :
- Une augmentation globale des immunoglobulines.
- Une augmentation de la vitesse de sédimentation.
- Une hypercalcémie (élévation du taux de calcium dans le sang) surtout quand les granulomes fabriquent de la vitamine.
- L'élévation de l’enzyme de conversion (angiotensine convertase, enzyme de conversion de l’angiotensine). Cette enzyme impliquée dans le contrôle hormonal de la pression artérielle est sécrétée par les cellules géantes, et les cellules épithélioïdes provenant des macrophages transformée, suite à l’inflammation des alvéoles pulmonaires (alvéolite) après la sécrétion des facteurs de croissance, les cytokines, responsables de la stimulation des fibroblastes (autre variété de globules blancs).
- Des prélèvements réalisés sur différents tissus (ganglions, peau, foie et glandes salivaires notamment) permettent de compléter le diagnostic.
- La cuti réaction (test cutané à la tuberculine) est négatif (bien entendu, ce test n’a de valeur que quand il était positif auparavant).
- L'acide urique dans le sang est souvent augmenté.
- Les phosphatases alcalines sont augmentées quand le foie est atteint.
- Il existe parfois une discrète anémie.
Examens Complémentaires
La sarcoïdose se manifeste par divers signes :
- Radiologiques : les clichés pulmonaires montrent une augmentation du volume des ganglions situés autour des bronches et de la trachée artère (conduit aérien conduisant l’air de la bouche et du nez vers les poumons), quand la maladie atteint le stade numéro 1.
- Aux stades numéro 2 et 3, la radiographie révèle une atteinte des poumons qui se traduit par une infiltration déjà évoluée.
- Des épreuves respiratoires fonctionnelles (EFR) permettent d’apprécier la sévérité et l’étendue de l’atteinte pulmonaire.
- Cutanés : l’apparition de nodules sous la peau traduisant l’érythème noueux est souvent un des modes de révélation. Elle se fait au niveau du visage, des épaules, des fesses et à la face interne des jambes. Ces nodules sont de taille variable, légèrement durs et de coloration jaune rougeâtre. Plus rarement peut survenir un lupus pernio, qui se traduit par des plaques violacées sur le visage.
Plus précisément la radiographie radiographie des poumons est l’élément capital du diagnostic. Elle est complétée par la fibroscopie bronchique, permettant d’effectuer des biopsies ainsi qu’un lavage bronchoalvéolaire. Le lavage consiste à injecter du liquide dans les bronches pendant le déroulement de la fibroscopie puis à le réaspirer. Le liquide ramène des cellules qui sont étudiées, et dont les différents types permettent de visualiser une augmentation du nombre des macrophages et des lymphocytes. Cet examen facilite non seulement le diagnostic mais l’appréciation de l’évolution de la maladie.
La scintigraphie au Ga 67 a la propriété de se fixer 2 à 3 jours après l’injection faite dans une veine, dans les sites où la sarcoïdose est en évolution. Cet examen va permettre également d’évaluer l’activité de la maladie.
Evolution
La rémission est totale ou presque dans deux tiers des cas.
Il existe des troubles visuels ou respiratoires dans 1/5 des cas et des troubles neurologiques ou cardiaques dans 10 % des cas.
Quelquefois, l’évolution se fait spontanément vers la guérison ou vers une stabilisation des lésions.
La mortalité est très basse.
Traitement
Il dépend du bilan général, et s’il existe une atteinte viscérale et plus particulièrement pulmonaire.
Il est nécessaire de distinguer les formes asymptomatiques (au cours desquelles le patient ne présente aucun symptôme) et les formes symptomatiques (au cours desquelles le patient présente des symptômes).
Dans le premier cas quand la découverte de la sarcoïdose a été fortuite et qu'elle s'accompagne d'anomalies caractéristiques sur l'examen radiologique des poumons il n'est pas nécessaire d'instaurer un traitement. Néanmoins une surveillance clinique (en consultation) et biologique (analyse) pendant six mois est nécessaire.
Dans le deuxième cas la corticothérapie (utilisation de corticoïdes, cortisone comme traitement) est nécessaire quand il existe une atteinte du parenchyme pulmonaire (tissu qui permet aux poumons de fonctionner). C'est le cas également quand il existe d'autres viscères concernés et en cas de troubles neurologiques, de troubles visuels ou d'une atteinte cardiaque. Dans ce cas-là prednisolone est utilisée à la dose initiale de 2 mg par kilogramme par jour pendant quatre à six semaines puis la dose dégressive c'est-à-dire en diminuant tout doucement pendant un à deux ans. D'autres médicaments sont également utilisés il s'agit du méthotrexate et de la chloroquine, molécule proposée en deuxième intention. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens c'est-à-dire ne contenant pas de corticoïdes sont également utilisés essentiellement quand il existe un syndrome de Löfgren. Pour l'instant la cyclosporine est expérimentée comme traitement de la sarcoïdose symptomatique.