Préménopause

Introduction

La préménopause est une période de plusieurs années précédant la ménopause (c'est-à-dire la cessation des règles) proprement dite.

Généralités

Une définition plus récente (OMS) englobe les dernières règles (menstruations) dans la périménopause.

Epidémiologie

Ces troubles concernent environ 70 % de femmes et régressent généralement spontanément.
Si la ménopause commence entre 48 et 52 ans, la préménopause débute en moyenne chez les femmes aux environs de 47 ans et demi.
Environ 10 % des femmes présentent des bouffées de chaleur alors que leurs règles ne sont pas modifiées.

Physiologie

La périménopause se caractérise par l'apparition de troubles qui précèdent de quelques mois, voire de quelques années, l'arrêt définitive des règles.
Les modifications hormonales survenant au cours de cette période contre-indiquent des dosages d'hormones dans le sang.

Physiopathologie

La préménopause se caractérise par une diminution de la fertilité, due à une baisse du nombre d'ovules destinés à être fécondés. D'autre part, elle s'associe à une diminution de la fabrication des hormones progestatives (progestérone) et donc à une prédominance des hormones oestrogèniques (œstrogènes).

Les dosages hormonaux, qui ne sont pas nécessaires, ont montré les fluctuations endocriniennes suivantes :

Au début de la préménopause, on constate une sécrétion insuffisante d'hormones progestatives (que l'on appelle insuffisance lutéale) responsable de modifications du cycle se caractérisant essentiellement par une irrégularité des règles et l'apparition des premiers symptômes de la ménopause. Globalement, les femmes ayant une insuffisance de sécrétion de progestérone sont en moyenne âgées de 42 ans. Les troubles des règles sont fréquents et se caractérisent par la survenue de ménorragies c'est-à-dire d'écoulement menstruel anormalement abondant ou prolongé. La cause de ce phénomène est liée soit aux modifications hormonales, soit assez fréquemment à la présence d'adénomyose (forme d'endométriose), plus rarement à d'autres affections de l'utérus.

Les autres modifications hormonales apparaissant au cours de la préménopause sont tout d'abord une hyperoestrogénie, c'est-à-dire une sécrétion plus élevée que la normale d'oestrogènes suivie d'une hypoestrogénie (diminution de la sécrétion des oestrogènes). Au départ, cette sécrétion accrue d'œstrogènes entraîne l'apparition de lourdeur ou d'autres symptômes survenant au niveau des seins, de ballonnements, d'une prise de poids, d'une irritabilité avec nervosité et de troubles du cycle se caractérisant par une alternance de cycles courts suivis de cycles longs s'associant à des ménométrorragies,  c'est-à-dire des règles anormalement abondantes associées à des saignements de l’utérus entre les règles. La diminution de la sécrétion des oestrogènes, quant à elle, est plus facile à mettre en évidence car elle aboutit à la suppression des règles et à la survenue de bouffées de chaleur.

L'explication de la survenue des bouffées de chaleur est la suivante. C'est la modification de l'utilisation des neurotransmetteurs, c'est-à-dire des substances permettant le passage de l'influx nerveux entre les neurones et plus particulièrement des neurotransmetteurs tels que la noradrénaline, la dopamine, l'opium naturel (les opioïdes ou morphine endogène) et la sérotonine qui sont la cause de ces épisodes qui n'ont rien à voir avec la fièvre mais sont une impression de chaleur intense.

Symptômes

  • Sensations douleureuses dans le bassin et dans les seins.
  • Bouffées de chaleur (plus rarement) juste avant la ménopause.
  • Maux de tête.
  • Excès de sécrétion de sueur plus ou moins important.
  • Instabilité psychique en relation avec les perturbations hormonales et une modification de la vie familiale et socioprofessionnelle à cette époque de la vie, tels qu'un départ des enfants, des difficultés dans le couple, des maladies personnelles ou de la famille proche, des menaces de licenciement, des perturbations des relations sexuelles, un risque de prise de poids, une prise de poids effective, etc... pouvant se traduire par :
    • Une tendance à la dépression
    • Des troubles du sommeil
    • Une activité accrue
    • Une irritabilité plus importante qu'à l'habitude

Examen Physique

La patiente présente dans certains cas à l'examen clinique une instabilité de sa tension artérielle.
Le toucher vaginal et l'interrogatoire mettent en évidence une sécheresse du vagin.

Labo

Les dosages hormonaux sont inutiles en périménopause. En effet, les œstrogènes et plus précisément le taux des estradiols dans le sang jouent au yo-yo.
La FSH, qui est l'hormone sécrétée par l'hypophyse destinée à réguler les hormones ovariennes, est très augmentée.
D'autre part, les dosages hormonaux ne possèdent pas la capacité prédictive quant à un éventuel âge précis de la ménopause : autrement dit, les dosages hormonaux sont inutiles pour prédire l'âge de la ménopause.

Dans certains cas néanmoins, il est nécessaire de procéder à des dosages :
  • Quand une patiente a subi une hystérectomie, c'est-à-dire l'ablation de l'utérus, les dosages hormonaux révèlent quelquefois que la patiente n'est pas en ménopause contrairement à ce qu'elle pensait.
  • Chez une femme ayant une contraception à base d'oestrogènes et de progestérone (pilule contraceptive) après l'âge de 50 ans.
  • Chez une femme de moins de 45 ans qui n'a plus de règles depuis une longue période et surtout si elle présente des bouffées de chaleur dans un contexte familial identique.

Examens Complémentaires

Ils comprennent avant tout l'échographie pelvienne qui permet de mesurer l'épaisseur de la couche de cellules tapissant l'intérieur de l'utérus (endomètre). En effet, grâce à cet examen paraclinique, il est possible de mettre en évidence une pathologie de l'utérus susceptible de survenir au cours de la périménopause. Il s'agit essentiellement d'une hyperplasie endométriale atypique ou d'un cancer de l'endomètre pouvant survenir avant la ménopause.

Diagnostic differentiel

Le diagnostic de préménopause ne peut se faire qu'à l'interrogatoire et à l'examen clinique de la patiente.

Traitement

Aucun traitement ne sera mis en branle quand une femme ne présente pas de symptômes.

Au contraire, chez une femme présentant une symptomatologie gênante (les symptômes perturbant sa vie quotidienne), un traitement est nécessaire.

Ce traitement a pour but d'améliorer la vie de la femme et de l'aider à passer une période difficile.

Les traitements qui font appel à la progestérone (progestatifs) ne sont pas efficaces chez toutes les femmes en périménopause.

Si on constate ce que l'on appelle une imbibition oestrogénique, c'est-à-dire un excès d'hormones oestrogènes par rapport à la progestérone, on peut envisager un traitement par progestatif (en utilisant des molécules telles que les pregnanes ou norpregnanes) du 18 au 25e jour du cycle ou du 20e jour au 28e jour du cycle.

Certains spécialistes en gynécologie rajoutent un léger traitement à base d'oestrogènes naturels chez les patientes qui présentent des petits saignements alors qu'elles prennent un traitement par progestérone, ou bien chez les patientes qui souffrent de bouffées de chaleur.

Si on constate la persistance de ménométrorragies malgré le traitement médical, il peut être envisagé une intervention chirurgicale, une thermocoagulation voire une résection de l'endomètre (couche de cellules tapissant l'intérieur de l'utérus).

Le dispositif intra-utérin contenant du lévonorgestrel permet également d'éviter à beaucoup de patientes l'ablation de l'utérus (hystérectomie).

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, c'est-à-dire de contenant pas de corticoïdes (cortisone), donnent quelquefois de meilleurs résultats que la progestérone. Ils ne présentent pas d'action préventive sur l'augmentation de volume de l'endomètre.

La prise en charge psychologique de la patiente est une des composantes fortes du traitement.

Il est difficile d'avancer une durée de traitement. En effet, celle-ci est variable selon les femmes. Généralement, le traitement est donné par période courte de trois à six mois en tenant compte de la tolérance aux hormones surajoutées.