Voir également mycoplasma, légionella, chlamydia, érythème polymorphe.
Synonymes : maladie d’Eaton, pneumonie avec agglutinines froides, pneumonie atypique ou primaire atypique, pneumonie ambulatoire.
Infection de l’appareil respiratoire proche de celle de la grippe et dont l’installation est progressive. Elle est due à mycoplasma pneumoniae.
Les infections à mycoplasma pneumoniae peuvent s’observer tout particulièrement chez l’enfant jeune sans présenter de signes particuliers. Cette forme existe également chez les adultes présentant des problèmes immunitaires.
Le mycoplasme est une structure appartenant aux mollicutes (paroi molle) et qui se distingue des bactéries classiques par l’absence d’une paroi rigide. Sa taille est d’environ 0,15 à 0,5 micro- micromètres, c’est-à-dire inférieure à celle des plus gros virus. Les mycoplasmes sont capables de vivre à l’extérieur des cellules et sont responsables d’une grandes variété de pathologies aussi bien chez l’homme que chez les animaux et les plantes.
Epidémiologie
La transmission de mycoplasma pneumoniae semble se faire par l’intermédiaire des gouttelettes issues de sécrétions de l’appareil respiratoire. Le passage est favorisé par un contact étroit (famille, école, institution, etc...). La maladie touche particulièrement les enfants scolarisés, les adolescents et les adultes jeunes.
Sa période d’incubation (période comprise entre la contamination et l’apparition des premiers symptômes de la maladie) est actuellement estimée entre deux et trois semaines. Mycoplasma pneumoniae semblent particulièrement présent en automne et au début de l’hiver dans les pays tempérés. Néanmoins, l’infection a été décrite toute l’année. Les études ont montré que des épidémies importantes surviennent tous les 3 à 5 ans.
Symptômes
(ils durent plusieurs jours)
- Toux sèche empêchant parfois le sommeil. Elle devient par la suite productive (le patient crache) ramenant parfois des glaires mélangées à du pus.
- Céphalées (maux de tête)
- Malaises
- Mal de gorge
- Hyperthermie (fièvre). Celle-ci excède rarement 39°C.
Radiologie
La caractéristique de mycoplasma pneumoniae réside dans l’apparition de signes radiologiques relativement importants mais non spécifiques, alors que les symptômes sont parfois encore absents.
Labo
Augmentation de la vitesse de sédimentation et du taux de protéines C. réactive dans le sang.
Mise en évidence de mycoplasma pneumoniae à partir de sécrétions de l’appareil respiratoire.
Dosage des anticorps par la méthode dite de la fixation du complément la plus largement utilisée.
Tous ces résultats ne sont pas suffisamment précoces et ne permettent pas de prendre des décisions thérapeutiques.
Le test des agglutinines froides (agglutination des hématies : globules rouges du patient) est positif chez environ 80 % des malades durant la première et la deuxième semaine, malheureusement de fausses réactions positives sont parfois observées au cours de certaines maladies virales comme la rubéole, la mononucléose infectieuse et d’autres maladies comme certaines pneumonies dues à des adénovirus entre autres.
Diagnostic différentiel (la maladie ne doit pas être confondue avec)
L’âge du patient (entre 5 et 40 ans), la saison (automne essentiellement), l’année (épidémie survenant rappelons-le tous les 3 à 5 ans) et la notion de contacts avec d’autres personnes sont des éléments importants pour poser le diagnostic de mycoplasma pneumoniae.
Néanmoins, d’autres affections pulmonaires dues en particulier au virus influenzae ou des surinfection bactériennes secondaires, des pneumonies à adénovirus (surtout chez les militaires) ainsi que des légionella pneumophila et des chlamydia pneumoniae, peuvent être confondues avec la maladie.
Evolution
La majorité des cas d’infections à mycoplasma pneumoniae sont bénins et guérissent.
Leur évolution se fait pendant une période allant de 2 à 4 semaines (sans traitement).
Il semble que l’utilisation de certains antibiotiques adaptés puisse réduire la durée de la fièvre. Très rarement, la maladie peut être fatale.
Néanmoins des complications sont susceptibles survenir :
- Les rechutes de la maladie surviennent quelquefois à l’arrêt du traitement (voir ci-dessous) mais répondent bien à un traitement renouvelé.
- Les complications survenant sont à type d’otite chez l’enfant ou de sinusite chez l’adulte.
- Inflammation du tympan (myringite) bulleuse.
- Eruption cutanée à type d’érythème (coloration rose) associée au syndrome de Stevens-Johnson (appelé également ectodermose érosive pluriorificielle, syndrome de Baader, syndrome de Flessinger-Rendu, dermatostomatite. Il s’agit d’une affection qui touche les sujets jeunes et se caractérise par un début brutal et une atteinte des muqueuses (couche de cellules recouvrant l’intérieur des organes creux) essentiellement de la bouche (stomatite bulleuse) mais également la conjonctive et parfois les muqueuses de l’appareil génital, entraînant une urétrite (inflammation de l’urètre : canal transportant l’urine de la vessie vers l’extérieur). Elle se caractérise également par des lésions de la peau plus variables et discrètes associées à une atteinte de l’état général et des poumons. Son évolution est bonne en quelques semaines mais des récidives peuvent survenir. Son origine est inconnue et ressemble à l’érythème polymorphe.
- Complications nerveuses à type de méningoencéphalite (inflammation des méninges et de l’encéphale : partie du système nerveux comprise à l’intérieur du crâne)
- Ataxie cérébelleuse (troubles de la coordination des mouvements dus à une atteinte du cervelet)
- Anémie hémolytique (par éclatement des globules rouges)
- Atteinte articulaire
- Atteinte cardiaque et plus spécifiquement du muscle cardiaque (myocarde) à type d’inflammation de celui-ci (myocardite).
- Œdème des poumons (collection de liquide à l’intérieur des poumons).
- Péricardite (inflammation du péricarde, c’est-à-dire des membranes entourant le cœur)
- Troubles de la coagulation
Traitement
Erythromycine et dérivés de la tétracycline. Dans les formes sévères, l’érythromycine est utilisée par voie intraveineuse.
La doxycycline est éventuellement utilisée en remplacement chez les patients plus âgés.
L’érythromycine est prescrite quand il existe un doute sur une éventuelle infection avec légionella. En cas d’association avec chlamydia pneumoniae, il semble utile d’utiliser la tétracycline ou la doxycycline.
Bliblio
Broughton RA : infections due to mycoplasma pneumoniae in childhood infect Dis J 5 : 71,1986
Nagayama Y.et al : isolation of mycoplasma pneumoniae from Children with lower-respiratory tract infections.
Journal infections disease 157.911. 1988