Parkinson (diagnostic, symptômes, traitement)
Introduction
La mladie de Parkinson est une maladie neurologique touchant environ 1 à 2 % de la population âgée de plus de 50 ans, dûe à la dégénérescence des cellules nerveuses d’une zone située à l’intérieur du cerveau : le locus niger et se caractérisant, entre autres, par un tremblement, une lenteur des mouvements et une raideur.
Généralités
Le terme parkinsonisme (en anglais parkinsonism) désigne l'association de plusieurs symptômes retrouvés dans la maladie de Parkinson, c'est-à-dire un tremblement, un excès de tonicité musculaire, une akinésie. En dehors de la maladie de Parkinson, le parkinsonisme s'observe après absorption de certains médicaments (neuroleptiques essentiellement), il s'agit du parkinsonisme iatrogène, et après une affection de l'encéphale (de type encéphalite) de nature infectieuse ou dégénérative entre autres.
Epidémiologie
La maladie de Parkinson qui semble concerner autant d'hommes que de femmes, qui survient un dans la majorité des cas entre 50 et 75 ans, est une maladie sporadique (touchant quelque malade de façon isolée) mais pour laquelle on constate des formes familiales de manière exceptionnelle.
Elle débute également avant 40 ans et est quelquefois associée à des mutations génétiques plus précisément concernant les gènes PARK2 (locus 6q25.2-q27), PARK6 et PARK7 (locus 1p36) ou SNCA (locus 4q21).
La prévalence en Europe est d'environ 150 pour 100 000 habitants. La prévalence est le nombre de cas d’une maladie ou d’un événement pour une population donnée et ceci à un moment ou à une période donnée.
L'incidence est de 15 pour 100 000 habitants. L'incidence, d'après Monnerot-Dumaine, est «le nombre de cas de maladies qui ont commencé ou de personnes qui sont tombées malades pendant une période donnée, dans une population».
Historique
Affection neurologique étudiée par le médecin anglais et paléontologue amateur, James W. Parkinson (1755-1824).
Classification
La dégénérescence progressive pyramido-pallidale appelée également syndrome de Cornil et Quesnel a été étudiée en 1920. Elle se caractérise par l'association d'un syndrome pyramidal et d'un syndrome parkinsonien chez un patient atteint d'athéromatose (accumulation de substance graisseuse à l'intérieur des vaisseaux).
La démence avec corps de Lewy (en anglaisdementia with Lewy's bodies) est une variété de démence de type dégénératif qui se caractérise par l'association de perturbations des fonctions cognitives (perte des facultés intellectuelles d'acquisition et de connaissances) associées à des hallucinations visuelles apparaissant de manière récurrente sous la forme d'épisodes récidivants. À cela s'ajoute un syndrome parkinsonien.
L'encéphalite épidémique d'Economo-Crochet ou léthargique étudiée par von Economo en 1917 (en anglais lethargic encephalitis) est appelée également encéphalomyélite diffuse de Cruchet (étudiée en 1917), maladie de Cruchet, maladie de von Economo, encéphalite ou maladie d'Economo-Cruchet, névraxite épidémique de Sicard. Il s'agissait (la maladie a actuellement disparu semble-t-il) d'une maladie de nature infectieuse survenant sous forme d'épidémie infectieuse (comme cela a eu lieu en 1920 ou en 1924) de manière sporadique et concernant essentiellement le mésencéphale (partie moyenne du cerveau). Cette pathologie (maladie) était susceptible d'atteindre également la moelle et les nerfs périphériques.
Ses principales caractéristiques étaient l'apparition d'une hyperthermie (fièvre) associée à une somnolence, des paralysies de certains nerfs crâniens essentiellement les nerfs moteurs du globe oculaire comme cela survient dans la forme oculo-léthargique. Les autres signes étaient des myoclonies (contraction des muscles) associées à des douleurs lancinantes (comme dans la forme algo-myoclonique). Certains patients présentaient également des troubles cognitifs (atteinte de l'intellect) et des perturbations psychologiques.
L'évolution de cette affection neurologique était péjorative. En effet, environ 30 à 40 % des patients décédaient. Néanmoins certaines personnes guérissaient totalement. D'autres patients évoluaient vers l'apparition d'un syndrome de Parkinson qui se caractérisait par l'apparition de crise oculogyre (terme signifiant que l'oeil tourne). L'agent responsable étaient un virus (que les spécialistes en infectiologie qualifient de neurotrope). Cette maladie qui a disparu en 1925 a laissé planer le doute sur une infection de type herpétique (due à un virus herpès) également. Pour l'instant on ne connaît pas avec précision la cause de cette maladie infectieuse.
La maladie de fahr est une maladie se caractérisant par des dépôts de calcaire qui infiltre noyaux gris centraux, des deux cotés du cerveau mais aussi des noyaux dentelés du cervelet. Cette affection concerne l'homme d'âge moyen et se caractérise par l'apparition d'épilepsie, d'une atteinte des voies pyramidales, d'une atteinte du cervelet, d'un syndrome parkinsonien,10 modifications du caractère associé à un affaiblissement cognitif progressif. Certains patients présentent en plus une atteinte des glandes parathyroïdiennes. L'évolution de la maladie de Fahr est progressivement défavorable et péjorative. Les causes de cette maladie neurologique ne sont pas connues avec précision. Pour certains chercheurs andrologie il semble s'agir d'un dérèglement endocrinien concernant entre autres la PTH (hormone sécrétée par les parathyroïdes).
L'hépatite familiale juvénile avec dégénérescence du corps strié est une affection étudiée par Lhermitte qui fait partie des dégénérescences hépatolenticulaires. En anglais Wilson's disease, il s'agit d'une pathologie neurologique dont le synonyme est dégénérescence lenticulaire progressive de Wilson. Cette maladie familiale concerne les enfants et les adolescents. Elle commence quelquefois par une petite jaunisse puis par une rigidité associée à des spasmes avec des tremblements. Cette maladie ressemble à celle de la maladie de Parkinson. L'examen des jeunes patients montre l'existence d'une modification de la cornée où l'on constate la présence d'un limbe sclérocornéen ou si l'on préfère un anneau de coloration marron clair teinté de bronze que l'on appelle le cercle de Kayser-Fleischer. Les patients présentent par ailleurs des troubles psychiques à type de diminution cognitive, avec euphorie mais jamais de démence.
L'évolution de l'hépatite familiale juvénile avec dégénérescence du corps strié est péjorative pour certains patients. Pour d'autres, grâce à l'utilisation de substance (la D-pénicillamine) qui permette de chélater (d'emprisonner) le cuivre, l'évolution est meilleure.
L'examen des cellules hépatiques c'est-à-dire du foie montre l'existence d'une inflammation de cet organe de type nodulaire s'accompagnant d'une cirrhose avec une dégénérescence du corps strié c'est-à-dire du striatum.
Le striatum (en latin strié) appelé également corpus striatum, en anglais striate body correspond à un amas de substance grise appartenant aux noyaux basaux. Il comprend les noyaux caudé et lenticulaire et est constitué d'une partie externe, le putamen et d'une partie interne, le globus pallidus. Quand on fait un examen histologique (étude des cellules au microscope) l'aspect strié est expliqué par la présence des faisceaux de fibres myélinisées (fibres nerveuses entourées de myéline).
Le syndrome controlatéral du noyau rouge étudié par Souques,Crouzon et Bertrand en 1930, en anglais superior syndrome of red nucleus, est une maladie neurologique appelée également syndrome supérieur du noyau rouge de Foix, syndrome de Chiray, syndrome de Chiray et Nicolesco, syndrome de Foix et Nicolesco,syndrome rubrothalamique, syndrome du territoire thalamoperforé. Il s'agit d'un ensemble de dérèglements neurologiques dus à une lésion d'un pédoncule cérébral appelé également calotte et se caractérisant par, du côté opposé, à une atteinte du cervelet qui entraîne un syndrome cérébelleux associé à un syndrome extrapyramidal. Le patient a des tremblements délibérés et des mouvements de choré et d'athétose. Certains symptômes sont proches de ceux de la maladie de Parkinson.
D'autres patients présentent une hémiplégie (paralysie de la moitié du corps) généralement incomplète. Le nerf moteur oculaire commun n'est pas concerné par cette affection.
Le syndrome du carrefour hypothalamique, étudié par Guillain, Alajouanine et Mathieu en 1924 et appelé en anglais cerebellothalarnic, est le résultat de lésions situées dans la zone du noyau rouge. Appelé également syndrome cérébello-thalamique de P. Marie et Foix, syndrome des pédicules thalamo-genouillé et thalamo-perforé. Il s'agit d'un syndrome qui entraîne, du côté opposé, un dysfonctionnement du cervelet s'accompagnant d'une perturbation de la synergie et du tonus. Le terme synergie désigne l'action conjointe de plusieurs organes ou muscles pour accomplir précisément une fonction.
Les patients présentent par ailleurs des mouvements de type choréo-athétosique (mouvements anormaux), une hémianopsie latérale homonyme (diminution ou perte totale de la vue concernant la moitié d'un champ visuel), une légère paralysie de la moitié du corps associée à une perception sensitive modifiée concernant essentiellement la sensibilité profonde que les spécialistes en neurologie nomment sensibilité de type thalamique.
Les noyaux rouges (anglais red nucleus) appelés également nucleus rubes, sont des amas de substances grise situés dans le mésencéphale c'est-à-dire le cerveau moyen. Cette dénomination vient du fait qu'à l'examen ces noyaux ont une coloration qui tire sur l'orange. Plus précisément ils sont localisés à la partie antérieure de chaque pédoncule cérébral.
Une myorythmie appelé également bradycinésie est un mouvement lent survenant de manière involontaire qui se répète, de fréquence régulière, concernant les muscles des membres et aboutissant à un déplacement rythmique de ceux-ci. La myorythmie s'observe essentiellement chez les individus parkinsoniens après une infection de l'appareil neurologique central aboutissant à une encéphalite (inflammation de l'encéphale).
La paranévraxite est une maladie proche de la névraxite épidémique. La différence essentielle repose sur le fait qu'au cours de cette affection on ne constate pas de séquelle de type parkinsonien.
Le syndrome tegmento-thalamique de Facon étudié en 1958 et appelé également syndrome pédonculaire médian est un ensemble de symptômes dû au ramollissement du mésencéphale et plus précisément des pédoncules cérébraux, à cause de l'atteinte du tronc basilaire. Ce syndrome se caractérise par un excès de sommeil (hypersomnie) plus ou moins intense, et quelquefois par une paralysie de la parole associée à une paralysie des deux côtés du moteur oculaire commun avec ptosis, strabisme divergent, mydriase paralytique. Le patient présente par ailleurs des troubles de la tonicité à type d'hypertonie parkinsonienne ou au contraire d'hypotonie de nature cérébelleuse.
Cette affection neurologique évolue par pousser qui régresse vers la thrombose définitive du tronc basilaire.
Anatomie
L'appellation noyaux basaux (en latin nuclei basales, en anglais basal nuclei) remplace celle de noyaux gris centraux qui sont des amas de substance grise situés à la partie inférieure des hémisphères cérébraux. Il s'agit du thalamus, le corps strié constitué des noyaux caudé et lenticulaire et du claustrum.
Le terme pallidal, ale est utilisé en neurologie pour désigner tout ce qui a un rapport avec le pallidum qui est la partie interne du noyau lenticulaire (noyaux basaux).
Le putamen est la portion latérale du noyau lenticulaire.
La capsule interne est une lame épaisse constituée de substance blanche qui sépare le thalamus et le noyaux caudé en dedans, du noyau lenticulaire en dehors. La capsule interne est constituée de deux bras l'un antérieur et l'autre postérieur, bras qui sont reliés par un genou.
Le striatum appelé, également corps strié, fait partie des noyaux basaux et comprend les noyaux caudés et les noyaux lenticulaires qui sont constitués d'une partie externe : le putamen et d'une partie interne : le globus pallidus.
La capsule externe (en latin capsula externa, en anglais externa capsula) est la lame de substance blanche qui sépare le noyau lenticulaire situé en dedans, du claustrum en dehors.
Ceci ne doit pas être confondu avec la capsule extrême (en latin capsula extrema) qui est la lame de substance blanche qui sépare le claustrum du cortex. Le claustrum est située en dedans et le cortex de l'insula en dehors.
Physiopathologie
L’atteinte du locus niger (noyau de substance grise du cerveau: nigrostrié) entraîne une insuffisance de sécrétion de dopamine (neuromédiateur) intervenant dans la régulation des mouvements.
La carence en dopamine est le résultat de la destruction de neurones (nigrostriés) qui habituellement fabriquent la dopamine (neurone dopaminergique).
On estime que la destruction qui est de type apoptose (mort génétiquement programmée) de neurones est d'environ la moitié avant que les premiers symptômes de la maladie de Parkinson apparaissent. En fin de vie, la destruction touche environ 80 % du stock de neurones des patients.
Quand on observe des neurones en phase d'apoptose, au microscope électronique, on remarque que ceux-ci présentent les modifications suivantes. Tout d'abord on constate une rétraction du corps des cellules et une condensation puis un morcellement (fragmentation) de la chromatine (regroupement des chromosomes à l'intérieur du noyau). Il n'existe pas par ailleurs d'altérations des organites de la cellule tels que le reticulum endoplasmiques et les mitochondries entre autres.
On constate d'autre part, dans certains neurones qui restent, la présence de corps de Léwy. Il s'agit de petites inclusions (corps étrangers) situées à l'intérieur des neurones, de forme sphérique. Pour les spécialistes ils sont éosinophiles avec un centre hyalin et entourés d'un halo claire. Ces corps sont constitués par des dépôts de synucléine alpha. Plus précisément les corps de Lewy (en anglais Lewy's body) sont des inclusions (des minuscules structures contenues dans les cellules) situées à l'intérieur des neurones du locus niger. Les corps de Lewy sont caractéristiques de la maladie de Parkinson et de certaines démences.
Causes
Un choc émotif ou un traumatisme sont parfois incriminés au début de cette maladie dont l’évolution est progressive et sans rémission.
Symptômes
Les débuts de la maladie (qui a lieu vers 40 à 50 ans) sont insidieux à tel point que les troubles sont parfois notés uniquement par l'entourage du patient. Les symptômes sont essentiellement :
- Début de la maladie insidieux et très progressif vers cinquante-cinq ans, le plus souvent sans raison apparente, parfois suite à un stress (troubles affectifs, traumatisme, intervention chirurgicale, …). La perte ou la réduction des mouvements automatiques tel que l'absence de balancement des bras au moment de la marche est quelquefois un signe précoce de survenue de maladie de Parkinson.
- À l'interrogatoire les patients atteints de maladie de Parkinson ont une parole lente et monotone (à la phase avancée).
- L'interrogatoire du patient décèle la sensation de ne pas pouvoir rester assis ou le besoin de se reposer. Quelquefois il s'agit plutôt de la nécessité de faire des aller-retours.
- Parfois on constate la présence d'hypotension orthostatique (chute de la tension artérielle quand le patient passe de la position allongée à la position debout rapidement). Ceci traduit un dysfonctionnement (mauvais fonctionnement) du système neurovégétatif (système nerveux autonome). D'autres troubles sont également le témoin de ce dysfonctionnement : sudation, séborrhée (excès de sécrétion de corps gras sur la peau) constipation, troubles urinaires.
- Trouble de la parole qui consiste à accélérer de façon importante le débit de celle-ci, en prononçant des phrases trop rapidement, de façon saccadée et d'une voix de plus en plus faible.
La tachyphémie est souvent associée à la palilalie (désordre de la parole en rapport avec un trouble de l'intelligence et consistant à répéter involontairement et spontanément, deux ou plusieurs fois de suite, la même phrase ou le même mot).
Examen Physique
- Le visage est figé et inexpressif. Le patient donne l'impression de ne pas pouvoir effectuer de mimiques comme s'il était hébété.
- L'écriture est tremblée et commence par des mots de dimension normale et finit par devenir petite, on parle de micrographie.
- On constate la présence de tremblements quand le malade est au repos (ces tremblements diminuent au cours des mouvements volontaires et s’arrêtent quelques instants après un effort de volonté ou durant le sommeil).
Les autres symptômes sont :
- Mouvements des doigts à type d’émiettement.
- Rareté et lenteur des mouvements (akinésie).
- Augmentation du tonus musculaire, raideur (hypertonie plastique).
- Mouvements s'effectuant par à-coups (signe de la roue dentée) ce qui traduit l'hypertonie musculaire. Les spécialistes en neurologie appellent ce type de mouvement : rigidité de type extrapyramidal plastique. Cette hypertonie musculaires tend à fixer les attitudes.
Le phénomène de la roue dentée (en anglais cogwheel rigidity) est un phénomène qui s'observe chez les patients concernés par la maladie de Parkinson. Ceci est le résultat de l'excès de tonicité musculaire. Si l'on mobilise de manière passive un segment de membres (quel qu'il soit), cette mobilisation est freinée par une résistance dont la caractéristique est de céder par saccades. Ce phénomène évoque celui d'une roue dentée dont les crans sont libérés successivement.
- Démarche typique (le malade marche à petits pas, lentement, penché en avant).
Le patient parkinsonien est penché en avant comme s'il voulait toujours rattraper son centre de gravité. Ceci porte le nom de festination.
- Exagération des réflexes.
- La pulsion (du latin pellere signifiant pousser, en anglais pulsion) désigne un trouble de l'équilibre qui oblige certains patients, le plus souvent ceux atteints de la maladie de Parkinson à avancer ou à reculer. Ceci se fait quelquefois de manière précipitée comme si l'individu concerné était poussé.
- Antétraction. Ce terme désigne la flexion du corps en avant qui est le résultat, chez certains patients atteints de maladie de Parkinson, quand ils sont en position debout, de la contraction lenteur des muscles abdominaux. Le terme propulsion (issu du latin pro : en avant et pellere : pousser) appelé également antépulsion, désigne la tendance que présentent certains patients atteints de maladie de Parkinson a accéléré la marche ce qui aboutit à une sorte de course. Le grand Trousseau disait que les patients parkinsoniens semblent courir après leur centre de gravité.
- Troubles de l’élocution (dysarthrie). Le terme aprosodie, utilisé par Monrad-Krohn, désigne la monotonie de la parole telle qu'elle peut s'observer au cours de la maladie de Parkinson. Il s'agit de la disparition de l'accent que mettent actuellement les individus pour s'exprimer et plus précisément pour dire certaines syllabes. Les modifications du rythme des phrases et celle du changement de ton en font également partie. Ce terme ne doit pas être confondu avec celui de d'aprosopie (du grec prosôpon : visage) qui désigne l'absence du visage de nature congénitale.
- Contraste entre des yeux vifs et un visage inexpressif (le malade est parfaitement lucide et semble hébété).
- Anoblepsie (du grec anô : en haut et blepsis : regard) C'est-à-dire fixité du regard qui est dirigé en haut. Ce trouble survient par épisodes dans certains syndromes parkinsonien fruste ayant une cause encéphalitique.
- La quantité de salive sécrétée est augmentée (hyperptyalisme).
- Le clignement des yeux devient rare.
- Les yeux sont larmoyants parfois.
Evolution
L'évolution se fait dans 50 % des cas vers la démence (altération irréversible grave du psychisme et des facultés mentales), sur cinq ans environ. Elle commence par de petits tremblements au repos, puis progressivement le malade évolue vers un état grabataire qui l’oblige à garder le lit.
Les problèmes infectieux et cutanés viennent émailler cette évolution, associant des troubles de l’élocution et de la déglutition qui devient de plus en plus difficile.
Insidieusement, une dépression s’installe, accompagnée de troubles de la mémoire, de confusion et de démence (avec perte de mémoire). Ces manifestations psychologiques sont susceptibles d'être associées à des épisodes de délire (de persécution) et de confusion qui nécessitent un placement. Ce type de symptômes psychiatriques touche environ 10 à 15 % des parkinsoniens. Habituellement leur évolution est prise en charge par un traitement à base de neuroleptique (psychotropes). Malheureusement, les neuroleptiques aggravants le syndrome parkinsonien, le traitement de ces manifestations psychotiques est difficile dans ce cas.
Complications
Il s'agit essentiellement de la survenue d'escarres et de pneumonie due au mauvais fonctionnement du système neurovégétatives entre autres (dysrégulation neurovégétative).
Les modifications psychiques qui sont le résultat généralement du traitement, aboutissent à une dépression et à un isolement social.
À un stade avancé les confusions mentales, et la démence qui ne surviennent que rarement, aggravent cette situation sociale.
Diagnostic differentiel
- Le tremblement essentiel.
- Le syndrome parkinsonien avec hypoventilation et dépression. Il s'agit du syndrome de Perry. Au cours de cette affection qui est héréditaire et dont la transmission se fait selon le mode dominant (il suffit que l'un des deux parents porte l'anomalie génétique pour que la descendance ait la maladie) on constate la survenue d'une apathie (désintéressement) de type particulier (athymhormie). D'autre part le patient présente une hypoventilation (diminution de la ventilation) d'origine centrale (liée à une perturbation du système nerveux central. Cette affection, qui débute chez l'adulte, a une évolution péjorative au bout de quelques années. La biopsie effectuée chez le patient décédé montre la présence d'une perte de neurones très importante au niveau du locus niger mais également dans d'autres localisations du cerveau (locus cœruleus, l'aire tengmentale ventrale). Par rapport à la maladie de Parkinson, au cours de cette autre affection neurologique, on ne constate pas la présence de corps de Léwy ou bien en petit nombre.
- Les syndromes parkinsoniens associés survenant au cours de certaines maladies neurologiques telles que la maladie d'Alzheimer, de Creutzfeld-Jacob, de Steel-Richardson-Olszewski, le syndrome de Shy-Drager, le syndrome de Fahr, la maladie de Huntington, l'atrophie olivo-ponto-cérébelleuse.
- La démence avec corps de Lewy diffus.
Traitement
Les médicaments (qui ne guérissent pas la maladie mais ont transformé la vie des patients) doivent être prescrits le plus tard possible en raison des effets secondaires qu'ils entraînent. Les médicaments sont de deux types. Les antiparkinsoniens prescrits sont tout d'abord ceux possédant la capacité de traverser la barrière protégeant le système nerveux central (hémato-encéphalique) et qui ont la capacité de se transformer en dopamine à l'intérieur de l'encéphale. La deuxième classe de médicaments antiparkinsoniens sont des molécules ayant la capacité de stimuler de manière efficace les récepteurs situés à l'intérieur du cerveau, en l'occurence les récepteurs à la dopamine.
Si les médicaments apportent dans un premier temps une réelle amélioration (lune de miel), ils peuvent par la suite entraîner des complications motrices parfois sévères dont les plus fréquentes sont les dyskinésies (difficulté à faire les mouvements) qui apparaissent dans environ 80 % des cas après la fameuse période de lune de miel.
La kinésithérapie (pendant les premières phases de la maladie) intervient contre la rigidité et consiste en une rééducation globale de la marche, de l’équilibre, de la mobilisation de tous les muscles dans la mesure de possible.
Un antiparkinsonien désigne, de façon générale ce qui diminue la rigidité ou le tremblement consécutif à la maladie de Parkinson. Ce terme qualifie également les médicaments qui possèdent ces propriétés. C'est le cas entre autres des anticholinergiques et des dopaminergiques (amantadine).
La lévodopa (L-dopa) est administrée à doses progressives (pour obtenir la suppression des symptômes), essentiellement quand il existe une lenteur des mouvements et une raideur musculaire.
Des médicaments anticholinergiques qui agissent essentiellement sur le tremblement et l’hypersalivation (augmentation de la sécrétion de salive) sont également utilisés. Ces médicaments doivent être prescrits avec prudence à partir de 70 ans.
La bromocriptine (en anglais bromocriptine) est une substance dérivée de l'ergot de seigle qui possède des effets comparables à ceux de la dopamine (antiprolactine) permettant de stopper la sécrétion de lait. Ce traitement est utilisé pour le traitement des syndrome aménorrhée galactorrhée (absence de règles et apparitions de lait en dehors de l'allaitement) et des prolactinomes (tumeur de l'hypophyse, le plus souvent l'adénome chromophobe sécrètant de la prolactine) ainsi que celui de l'acromégalie (augmentation de volume anormale de partie du squelette : visage etc.) et de la maladie de Parkinson. Elle est quelquefois utilisée par certaines équipes spécialisées en gynécologie obstétrique pour traiter certains cas d'infertilité.
La pergolide est indiquée dans la maladie de Parkinson en association avec L-dopa. Néanmoins certains effets indésirables sont à signaler : nausées, hallucinations, hypotension (baisse de la tension artérielle) au début du traitement. L’association avec d’autres médicaments est contre-indiquée (dérivés de l’argot de seigle, certains antibiotiques comme les macrolides, les neuroleptiques), l'allaitement également.
L'amantadine est une substance qui possède une action antivirale contre la grippe. Ce composé est aussi utilisé pour traiter certains patients atteints de maladie de Parkinson. En effet elle possède la capacité de libérer de la dopamine au niveau du striatum.
La chimiopallidectomie (terme utilisé par Cooper en 1955) tiré du grec khêméia : chimie et du latin pallidum ainsi que du grec ektomê : ablation, en anglais chemopallidectomy, désigne la destruction de manière chimique du pallidum c'est-à-dire de la partie interne du noyau lenticulaire du cerveau (un des noyau gris centraux de l'encéphale) en utilisant de l'alcool qui est injecté localement. Cette intervention était proposée par certains spécialistes en neurologie pour traiter la maladie de Parkinson.
La chirurgie stéréotaxique, intervention rare proposée quand il existe des tremblements d’un seul côté, et résistant au traitement précédent.
Des techniques neurochirurgicales sont indiquées pour les patients résistants au traitement pharmacologique (par des médicaments) ou bien ayant un tremblement persistant, une rigidité et des troubles importants de la motricité.
La stimulation cérébrale profonde est utilisée dans le stade avancé de la maladie de Parkinson. Cette technique qui s'effectue sous anesthésie locale et qui est susceptible d'entraîner des complications à type de dysarthrie, sur le fonctionnement des muscles qui permettent de relever les paupières et sur la posture du patient, permet en théorie de stabiliser les symptômes et de diminuer les effets secondaires des médicaments. Cette stimulation électrique est à peu près l'équivalent thérapeutique de la thalamotomie (intervention sur le thalamus). Son principal intérêt et de ne pas créer de lésion anatomique au niveau du cerveau diminuant d'autant les risques de survenue de complications. Généralement cette technique de stimulation est proposée à des individus âgés.
La stimulation du noyau central intermédiaire du thalamus est particulièrement proposée au stade évolué en phase de fluctuations «on-off»
La stimulation du noyau sous thalamique est quelquefois utilisée.
La stimulation du globus pallidus interne ne semble pas donné les résultats escomptés.