Pancoast Tobias (syndrome de)
Introduction
Le syndrome de Pancoast-Tobias est dû à une tumeur cancéreuse (cancer du poumon) se situant dans la région supérieure du thorax (apex pulmonaire). Elle est le plus souvent liée à un cancer du poumon. Les cellules cancéreuses envahissent les nerfs qui constituent ce que l'on appelle le plexus brachial, c'est-à-dire l'ensemble des nerfs allant dans le bras, provoquant d'intenses douleurs de l'épaule et du bord interne du bras, ainsi qu'une atrophie des muscles de la main. Ce syndrome s'associe assez fréquemment avec celui de Claude Bernard-Horner.
Causes
Il s'agit le plus souvent d'une variété de tumeur dite épidermoïde (structure rappelant celle de l'épiderme autrement dit la couche superficielle de la peau) qui atteint la dernière racine nerveuse cervicale (nerf sortant en dessous de la septième vertèbre cervicale) ainsi que les deux premières racines thoraciques (nerfs sortants au-dessus de la première vertèbre dorsale et celui sortant entre la première vertèbre dorsale et la deuxième vertèbre dorsale).
Nécessaire de rechercher entre autres, des antécédents de tabagisme chez le patient.
Symptômes
Douleur scapulaire (au niveau de l'épaule de la clavicule ou de l'omoplate) qui est irradie de manière caractéristique vers le territoire cubital (régions du cubitus située à l'extérieur de l'avant-bras quand la paume de la main regarde vers l'avant).
Syndrome de Claude Bernard Horner avec :
- Une paralysie du muscle dilatateur (qui ouvre) les pupilles, c'est-à-dire que lorsque le médecin met la main sur l'œil pour le cacher de la lumière, la pupille se dilate très lentement ; par contre elle se contracte très rapidement dès que le médecin a enlevé la main, c'est-à-dire que la lumière est entrée dans l'œil.
- Le rétrécissement de l'espace entre les deux paupières, qui traduit une paralysie d'un muscle servant à relever la paupière (le muscle orbitaire lisse de Müller).
- Une énophtalmie, c'est-à-dire que l'œil est positionné normalement dans l'orbite mais plus profondément qu'il ne l'est normalement.
- Une vasodilatation, c'est-à-dire que l'injection d'un produit l'on appelle la pilocarpine ne provoque pas une sudation (anidrose) au niveau du cou et de la face du coté où siège la lésion.
Examens Complémentaires
Les examens complémentaires et plus particulièrement la radiologie met en évidence la destruction des deux premières côtes. Le scanner permet le plus souvent de compléter le diagnostic ou moindre doute.
L'électromyogramme, à condition que celui-ci soit fait par une personne habituée à faire cet examen, montre une vitesse de conduction nerveuse extrêmement sensible, permettant d'aider à préciser la partie spécifique du plexus qui est atteinte.
Diagnostic differentiel
- Myélopathie (atteinte de la moelle épinière du cou).
- Discopathie (lésion d'un des disques situés entre les vertèbres cervicales comme par exemple une hernie discale).
- Scapulalgie (douleurs dans l'omoplate ou dans une épaule).
- Syringomyélie (cavernes situés à l'intérieur de substance nerveuse).
- Tumeur des racines nerveuses (par exemple un schwannome).
- Spondylarthrite ankylosante se caractérisant par une accentuation des douleurs au niveau du rachis cervical.
Traitement
Il dépend du type de la tumeur cancéreuse du poumon en cause.
Les analgésiques (substances pour lutter contre la douleur) du type opioïde (morphine) ont un effet peu intense sur les douleurs de type neuropathique (due à une lésion directe des nerfs). C'est la raison pour laquelle on utilise plutôt les anticonvulsivants tels que la gabapentine (Neurontin), le clonazépam (Rivotril), la prégabaline (Lyrica) plus efficace dans les douleurs de désafférentation. Des doses importantes allant jusqu'à 300 mg de gabapentine sont quelquefois utilisées mais il existe des effets secondaires potentiels tels que des vertiges, des contusions, des sédations, des éruptions etc. Des doses plus importantes sont ensuite conseillées aux patients. La carbamazépine (Tégrétol) est susceptible, comme la gabapentine d'être suffisamment efficace et d'apporter un soulagement au patient. Les analyses de sang et d'urine permettent de savoir si le patient est susceptible de supporter cette molécule (hémogramme, chimie sanguins du sang). Avec la carbamazépine également il existe des effets secondaires (sédations, vertiges, confusion, éruptions). L'utilisation de la carbamazépine est susceptible d'aboutir à une aplasie médullaire (diminution, voire incapacité pour le patient de fabriquer les éléments figurés du sang : globules blancs, globules rouges et plaquettes).
Le baclofène est quelquefois utilisé quand des produits précédemment cités sont inefficaces. Le baclofène est un médicament utilisé pour lutter contre les spasmes musculaires (myorelaxant puissant). Ce médicament présente des effets secondaires importants sur le foie, le système nerveux central et entraîne l'apparition, quelquefois, de faiblesse ou de sédation. C'est la raison pour laquelle il nécessite une surveillance attentive (analyses de sang).
Le bloc du plexus brachial, la destruction du plexus brachial par radiofréquence, la lésion de la zone d'entrée de la racine dorsale (ZERD) qui est une technique neurochirurgicale majeure présentant des risques importants, sont également utilisés avec la cordotomie, la stimulation cérébrale profonde et la thalamotomie. La thalamotomie de Spiegel (terme issu de thalamus et du grec tome : section, en anglais thalamotomy) appelée également thalamolyse, est une intervention chirurgicale stéréotaxique (très précise) visant à détruire partiellement et de manière active les connexions du thalamus ou certaines zones du thalamus, en utilisant une
électrocoagulation. La cryothalamectomie (recours au froid) est également employée. En dehors du traitement de certaines douleurs, la thalamotomie est une intervention qui se pratique également pour traiter des dyskinésies (difficultés à effectuer des mouvements).