Palais

Introduction

Le palais est partie de la bouche constituée par la paroi supérieure de la cavité buccale.

Anatomie

Le palais est constitué d’une partie dure et constituée de tissu osseux .

La deuxième partie du palais est souple et molle, c’est le voile du palais, constitué de muscles et de membranes. Le palais mou fait suite au palais antérieur ou palais dur, il est suivi par la luette et de chaque côté par un pilier antérieur et un pilier postérieur entre lesquels se situe une amygdale. Le rôle du voile du palais est d’empêcher le retour (reflux) des aliments vers les fosses nasales (cavités situées en arrière du nez).

Physiopathologie

La fente labiopalatine est constituée par une malformation congénitale consistant en une non fermeture des constituants du palais situés au niveau de la ligne médiane de celui-ci, faisant communiquer la bouche et les fosses nasales. Cette malformation nécessite une intervention chirurgicale.

Le ronflement est parfois consécutif à une longueur trop importante de la luette. Ce défaut nécessite dans certains cas une intervention chirurgicale, l’uvulo-palato-plastie, qui est une ablation (destruction) plus ou moins complète du palais mou mais également parfois de la luette.

Présence d'aphtes correspondant à de petites ulcérations (petites plaies) de la muqueuse recouvrant le palais entre autres (aphtes de Bednar).

Le syndrome d'Avellis (Avellis' paralysis), décrit par l'allemand Georg Avellis en 1891, se caractérise par l'association d'une de hémiparalysie du voile du palais avec une paralysie du nerf récurrent du même côté. Ce syndrome s'observe en présence de lésions du bulbe (atteinte du noyau ambigu) au cours du syndrome bulbaire postérieur.

Le syndrome de Vernet se caractérise entre autres par une paralysie et une sensibilité du voile du palais. Il est le résultat d'une paralysie des trois nerfs qui passent par le trou déchiré postérieur :
  • Le nerf glossopharyngien.
  • Le nerf vague.
  • Le nerf spinal.
La présence de télangiectasie au niveau du voile du palais, de la conjonctive et des oreilles, se voit au cours du syndrome de Louis-Bar (Denise Louis-Bar). Il s'agit d'une maladie héréditaire dans la transmission se fait selon le mode récessif autosomique, apparaissant dans la petite enfance, et se caractérisant en plus par un syndrome cérébelleux et généralement un syndrome extrapyramidal, des mouvements choréo-athétosiques et troubles de la motilité des yeux (entre autres).

Le syndrome de Wartenberg étudié par l'allemand Wartenberg en 1895, appelé également syndrome rétro olivaire de Dejerine, est un syndrome neurologique qui le résultat d'une lésion des faces latérales du bulbe rachidien faisant suite de l'occlusion (obturation) de l'artère cérébelleuse postérieure et inférieure ou de l'artère vertébrale. Ce syndrome se caractérise par l'apparition des phénomènes suivants :
  • Anesthésie du visage.
  • Paralysie de la corde vocale.
  • Paralysie du pharynx.
  • Paralysie du voile du palais.
  • Paralysie du nerf sympathique.
  • Troubles provenant d'une atteinte du cervelet et du vestibule.
  • Paralysie du muscle trapèze.
  • Paralysie du muscle sterno-cléido-mastoïdien du côté opposé.
  • Anesthésie thermoalgésique (la température et de la douleur) s'accompagnant quelquefois d'une paralysie légère.
Le syndrome de Bartenwerfer, étudié par l'allemand Kurt Bartenwerfer en 1924, correspond à un nanisme dysharmonique ressemblant à la maladie de Morquio. On constate que le patient présente des yeux bridés, obliques et écartés de manière anormale. À cela s'ajoute un nez épaté et un palais de forme ogivale.

Le syndrome de Schmidt (en anglais Schmidt's syndromes) a été étudié par l'allemand Adolf Schmidt en 1897. Il comporte l'association des symptômes suivants :
  • Une hémiparalysie du voile du palais.
  • Une paralysie du nerf récurrent.
  • Une paralysie de l'épaule concernant plus spécifiquement le muscle trapèze et sterno-cléido-mastoïdien du même côté.
Le syndrome de Schmidt apparaît après une lésion du bulbe rachidien (syndrome bulbaire postérieur).

Le syndrome de Rubinstein et Taybi comporte entre autres une malformation du palais (formes ogivale).

La paralysie labio-glosso-laryngée comporte une paralysie progressive du voile du palais.

La tumeur de Malan, appelée également tumeur mixte intradurale de Malan, est une tumeur qui se développe aux dépens des tissus composant les glandes salivaires et le voile du palais. Elle apparaît au départ à l'intérieur du voile du palais puis s'étend dans l'épaisseur de la paroi du pharynx.

La dysarthrie est une difficulté d'élocution due à une paralysie ou à un spasme des organes de la phonation (voile du palais, langue et lèvres, entre autres).

Le syndrome malin secondaire de Marfan s'accompagne entre autres d'une paralysie du voile du palais.

Le syndrome de Cohen (étudié en 1973) décrit un ensemble de malformations de survenue rare et se transmettant selon un mode autosomique récessif (il est nécessaire que les deux parents portent l'anomalie génétique pour que la descendance présente l'affection). Le syndrome de Cohen se caractérise par la présence d'anomalies du visage à type d'hypoplasie maxillaire (insuffisance de développement des maxillaires) rétrognathisme (mâchoire rejetée en arrière), un palais creux et étroit, une atteinte oculaire à type de forte myopie et de strabisme, une atteinte des extrémités (mains et pieds étroits), une insuffisance de tonicité associée à une hyperlaxité des ligaments. Sur le plan cognitif les patients concernés par le syndrome de Cohen présentent un retard mental et une obésité qui apparaît vers l'âge de cinq ans.

Le signe de Duguet a été étudié par Jean-Baptiste Duguet (né en 1837 et mort en 1914). Appelé en anglais, Bouveret's ulcer, il s'agit d'une ulcération c'est-à-dire d'une plaie des piliers antérieurs du voile du palais qui survient au cours de la fièvre typhoïde.

Le syndrome de Franceschetti comporte, entre autres, une malformation du palais (palais ogival).

Le syndrome de Kaufman, décrit par l'Américain Robert Kaufman en 1971, en anglais Kaufman's syndrome, appelé également syndrome oculo-cérébro-facial, correspond à un ensemble de malformations transmises selon le mode autosomique récessif (il est nécessaire que les deux parents transmettent l'anomalie génétique pour que la descendance présente l'affection). Ces symptômes sont une atteinte oculaire avec micro-cornée (petite cornée), myopie, strabisme et une atrophie optique. Le syndrome de Kaufman se caractérise également par une malformation du palais (forme ogivale) et de la mâchoire (micrognathie : petite mâchoire).

La dysmorphie orodactyle (syndrome oro-digito-facial, syndrome de Gorlin) comporte des anomalies du voile du palais entre autres.

Le syndrome FG (initiales des noms des patients) a été étudié par l'Américain Opitz John en 1974. Il désigne un ensemble de symptômes comportant plusieurs malformations de survenue très rare et dont la transmission se fait selon le mode récessif (il est nécessaire que les deux parents portent l'anomalie génétique pour que la descendance présente l'affection) liée au chromosome X.
Le syndrome FG comporte :
  • Un retard mental.
  • Un visage particulier avec strabisme, palais ogival ET dolichocéphalie (malformation du crâne se caractérisant par une forme allongée d’avant en arrière).
  • Une surdité.
  • Des pouces larges.
  • Une imperforation de l'anus.
  • Une hypertonie (accentuation de la tonicité musculaire).
Le syndrome de Tapia (étudié par espagnol Antonio Tapia en 1905, en anglais Tapia's syndrome) se caractérise par la survenue d'une paralysie du larynx, unilatérale, s'accompagnant d'une hémiparalysie de la langue du même côté sans hémiparalysie du voile du palais. Elle est le résultat de l'atteinte du nerf hypoglosse (trajet situé à l'extérieur du crâne), du nerf vague (en dessous du ganglion plexiforme).
Le syndrome de Jackson comporte une association de plusieurs symptômes dont des paralysies unilatérales du voile du palais, du larynx et de la langue. Les muscles trapèze et sterno-cléido-mastoïdiens sont également concernés. Ces symptômes s'observent après des lésions du bulbe rachidien.

Technique

Le réflexe du voile du palais est une technique de recherche qui permet de mettre éventuellement en évidence une lésion du nerf pneumogastrique en un point quelconque de son trajet.
La technique s'effectue de la façon suivante. Le sujet doit avoir la bouche grande ouverte. Il est nécessaire de tenir, dans la main gauche, un abaisse-langue dont on va se servir pour refouler la langue du patient vers le bas. L'autre main c'est-à-dire la main droite, contient un autre abaisse-langue qui lui sert à exciter le voile du palais, la luette ou un pilier.
Chez un individu normal il est observé une contraction du voile du palais. Quand il existe une lésion unilatérale du nerf pneumogastrique, une seule moitié du voile du palais se contracte et la luette est attirée du côté sain. Quand il existe une lésion du nerf pneumogastrique dans sa totalité le voile ne se contracte pas du tout.

Le signe de Friedrich von Müller mis en évidence par Friedrich von Müller né en 1858 mort en 1941, en anglais Müller's sign, se caractérise par l'apparition de battements du voile du palais et des amygdales, phénomène dû à l'association du pouls capillaire et des pulsations des artères carotides. Ce signe s'observe au cours de l'insuffisance aortique.

Le syndrome myoclonique vélopalatin (en anglais palatal nystagmus) se caractérise par l'apparition de secousses de type myoclonique du voile du palais. Le rythme de ces secousses est constamment identique chez un même patient c'est-à-dire environ de 110 à 150 par minute. Ces secousses sont susceptibles de concerner les organes de voisinage. Généralement, le plus souvent, ce syndrome passe inaperçue mais quand il est mis en évidence, il traduit une atteinte du bulbe rachidien, de la protubérance ou du cervelet. Le syndrome myoclonique vélopalatin est également le résultat de la sclérose en plaques, de la méningite cérébro-spinale et de l'encéphalomyélite.

La rhinoscopie (terme issu du grec rhis : nez et skopein : examiner, en anglais rhinoscopy) est l'examen des fosses nasales en passant soit par les narines, il s'agit alors de la rhinoscopie antérieure, soit par le pharynx en utilisant un miroir introduit derrière le voile du palais, il s'agit alors de la rhinoscopie postérieure.

Traitement

La méthode de Ernst et Halle est un procédé chirurgical ayant pour but de remédier à la division du voile du palais.

Le terme staphyloplastie (du grec staphulê : luette et plassein : former, en anglais staphyloplasty), appelée également palatoplastie, est l'intervention chirurgicale ayant pour but de pratiquer une autoplastie (autogreffe : tissu prélevé sur le sujet lui-même) et destinée à combler une perte de substance au niveau du voile du palais.

La méthode de Veau, mise au point par le Français Victor Veau en 1937, en anglais Veau's operation, consiste à remédier chirurgicalement à la division du voile du palais. Son but de reconstituer le voile en trois plans de suture :
  • La muqueuse nasale.
  • Le muscle.
  • La muqueuse buccale.

Le terme staphylorraphie désigne l'opération concernant le voile du palais et ayant pour but de remédier à la division congénitale de celui-ci. La technique consiste à remédier à la division de nature congénitale du voile du palais en pratiquant une suture des deux bords de l'ouverture après avoir procédé à leur avivation (les avoirs avivés). Le terme aviver signifie rendre plus vif c'est ainsi que l'on avive une plaie, c'est-à-dire que l'on met les parties saines à vif pour leur permettre entre autres de se «ressouder».

L'uranoplastie ou l'uranostéoplastie (issu du grecouranos : palais et plassein : former, en anglais uranoplasty) est l'intervention chirurgicale ayant pour but de pratiquer une autoplastie (utiliser les propres tissus du patient) pour restaurer le voile du palais et pour fermer les imperforations de nature congénitale ou acquise de la voûte du palais.