Obésité (classification)
Introduction
Augmentation de la quantité de la masse adipeuse (graisse) entraînant un excès de poids. Le tissu adipeux (tissu graisseux) constitue environ 15 % du poids d'un individu, un peu plus chez la femme.
Epidémiologie
L'obésité se définit lorsque ce chiffre dépasse 20 % chez l'homme et 30 % chez la femme.
Classification
On décrit plusieurs variétés d'obésité :
- L'obésité androïde, qui est une obésité localisée au segment supérieur (tronc, abdomen dans sa partie haute). Ce type d'obésité se complique généralement de problèmes artériels et s'accompagne de diabète.
- L'obésité douloureuse (appelée également maladie de Dercum ou adipose douloureuse) se caractérise par un tissu graisseux douloureux, disposé sur les membres, le tronc, à proximité des articulations et du genou plus particulièrement. Ce type d'obésité s'accompagne de problèmes psychiques, d'une asthénie (fatigue importante) des muscles, et n'a pas une évolution favorable.
- L'obésité d'eau et de sel (appelée égalemet obésité de Parhon hyperhydropexique ou syndrome hyperhydropexique). Cette variété d'obésité est sans doute due à un trouble de fonctionnement hormonal (hypophyse, cerveau) et plus spécifiquement à une hormone : l'hormone antidiurétique (sécrétée par l'hypophyse). L'hormone antidiurétique a pour rôle de diminuer l'élimination de l'eau par les reins. Le syndrôme de Parhon est souvent douloureux et s'accompagne de rétention d'eau et de sel. Cette obésité s'associe d'autre part à :
- des migraines
- des dépressions psychologiques
- des malaises
- un gonflement de la peau.
- L'obésité de Zondek se voit essentiellement chez les femmes présentant des troubles menstruels (troubles des règles). Elle se caractérise par une obésité du tronc, des hanches, des cuisses.
- L'obésité génitale correspond à l'absence, la diminution ou l'arrêt des fonctions génitales comme c'est le cas par exemple chez les eunuques (hommes castrés) ou pendant la ménopause.
- L'obésité gynoïde de Vague et Jouve est une obésité essentiellement localisée sur la partie inférieure du corps au niveau de l'abdomen, des cuisses et des fesses. Ce type d'obésité s'accompagne de problèmes artériels et plus rarement de diabète.
- L'obésité hypophysaire s'accompagne d'un déséquilibre hormonal à type de maladie Cushing touchant essentiellement la femme jeune et se caractérisant par une obésité du visage, du cou, du tronc s'accompagnant :
- d'une hypertension artérielle
- d'une asthénie (fatigue intense)
- d'une fonte musculaire
- d'une ostéoporose
- de vergetures
- d'apparition de poils sur le visage
- de troubles génitaux.
Elle est due à une augmentation de la sécrétion des hormones corticoïdes (cortisone), consécutive à un déséquilibre de la glande hypophyse. Son évolution n'est pas bonne.
- L'obésité insulienne est due à un traitement prolongé à base d'insuline.
- L'obésité paradoxale (appelée également obésité spongieuse) s'accompagne de rétention d'eau. Cette variété d'obésité s'observe, malgré des régimes parfois draconiens, chez les femmes en particulier. Elle s'associe à :
- un excès de graisse localisé au niveau des hanches, des cuisses, du ventre
- un trouble prémenstruel (augmentation de l'obésité pendant la période précédant les règles)
Les traitements contenant de la progestérone, des extraits thyroïdiens ou des hormones à base de testostérone semblent améliorer le pronostic de ce type d'obésité.
- L'obésité thyroïdienne s'accompagne de signes dus à l'insuffisance ou à la suppression de la sécrétion de la thyroïde (œdème blanchâtre de la peau, troubles sexuels et intellectuels), le myxoedème.
- Le syndrome d'Altström est une association de symptômes de nature héréditaire, caractérisé par :
- une obésité
- une cécité (perte de la vue)
- une dégénérescence la rétine
- une surdité
- un diabète
- un hypogonadisme (défaut de sécrétion des hormones génitales) plus rarement.
Ce syndrome se transmet suivant le mode autosomique récessif, c'est-à-dire que pour qu'il apparaisse dans la descendance, il est nécessaire que les 2 parents transmettent un gène défaillant à travers un chromosome non sexuel.
- Le syndrome de Laurence-Biedl ou Laurence-Moon-Biedl-Bardet, de nature héréditaire, comprend :
- une obésité
- un retard mental
- une rétinite pigmentaire (inflammation de la rétine)
- des problèmes génitaux
- une polydactylie (présence de doigts surnuméraires)
- des problèmes neurologiques (rarement)
- des anomalies cardiaques (rarement)
- des anomalies rénales (rarement)
- Il est transmis selon le type autosomique récessif, c'est-à-dire que l'apparition de la maladie dans la descendance est liée au fait que le père et la mère transmettent à travers un chromosome non sexuel, chacun, un gène défaillant.
- Le syndrome de Prader, Labhart, Willi et Fanconi : rare, congénitale, cette association de signes se manifeste chez le nourrisson par :
- une faiblesse musculaire ne permettant aucun mouvement
- , due à un arrêt de leur déplacement dans l'abdomen)
Le caryotype (nombre de chromosomes contenus dans les cellules d'un individu) est normal, il existe des cas avec une délétion (amputation, perte ou disparition) d'un segment du chromosome numéro 15.
- Le syndrome de Froehlich ou Frölich (appelé également syndrome adiposo-génital) se caractérise chez les garçons par :
- un hypogonadisme (diminution de la sécrétion des hormones génitales)
- une obésité prédominant au tronc et à la racine des membres
- un diabète insipide (soif intense, urines fréquentes)
- un arrêt de développement des organes sexuels
- une aménorrhée chez la femme (absence anormale de règles)
- une impuissance chez l'homme
- une inversion des caractères sexuels secondaires (ton de la voix, pilosité, etc...)
- des troubles visuels
- un retard mental
Il semble que ce syndrome soit dû à un dérèglement endocrinien (hormonal), consécutif à une lésion de l'hypothalamus (zone du cerveau régulant de nombreuses fonctions de l'organisme), conduisant à un excès de prise alimentaire et à un dérèglement des organes sexuels