Migraine(traitement)
Voir également migraine ophtalmique.
Les migraines sont des maux de tête appelés également céphalalgies. Elles concernent 15 % de la population et trois femmes pour un homme. D'intensité plus ou moins importante, la migraine donne une impression de pulsation dans la tête, accompagnée d'impressions visuelles (scotomes scintillants) durant de quelques secondes à une heure. Ces scotomes précédent ou accompagnent généralement la céphalalgie (maux de tête). La migraine est une pathologie sans doute due à des douleurs secondaires, à une dilatation (augmentation du calibre) des artères du cerveau ou encore à une vasoconstriction (fermeture du calibre des vaisseaux). Le mécanisme précis n'est pas connu avec exactitude.
Le traitement comprend le traitement de fond et le traitement des épisodes. Le traitement de fond est mis en place après avoir évalué la migraine par le nombre d'épisodes, la sévérité et la durée de chacun. Il faut également déceler les éléments déclenchant, tels que le surmenage, le stress, la contrariété, les troubles du sommeil particulièrement son insuffisance ou son excès, les aliments (chocolat, alcool, vin, œuf, graisse), les facteurs climatiques (chaleur, sécheresse, humidité, luminosité, vent etc.), la prise de médicaments, les variations hormonales (règles, médicaments contenant des autres progestatifs).
Les méthodes (liste non exhaustive)
L'aspirine quand il n'existe pas d'antécédent sanguin ou de saignement de l'estomac
Le paracétamol. Les abus de paracétamol sont eux-mêmes parfois à l'origine des crises migraineuses
Quand ces médicaments antalgiques (luttant contre la douleur) sont insuffisants pour calmer la crise, on utilise alors les dérivés de l'ergot de seigle (tartrate d'ergotamine, dihydroergotamine). Il est nécessaire de prendre des précautions quant à l'utilisation de ces médicaments. En effet le tartrate d'ergotamine est incompatible avec les antibiotiques du groupe des macrolides et est contre-indiqué en présence d'une grossesse. Une étude en double aveugle contre placebo (étude Promise) c'est-à-dire comparativement à des médicaments ne contenant aucune molécule active a démontré l'efficacité des dérivés de l'ergot de seigle.
Certains anti-inflammatoires donnent de bons résultats mais à long terme, et ne peuvent être employés en raison de leurs effets secondaires.
Les bêtabloquants (pour les spécialistes dépourvus d'effet sympathicomimétiques intrinsèques) et plus particulièrement le propranolol (Avlocardyl) et le métoprolol (Seloken), Acébutolol (Sectral) semblent apporter quelques améliorations à la crise de migraine. Cette classe de médicaments est d'autant plus intéressante que la migraine s'accompagne d'une élévation de la tension artérielle. Néanmoins il existe des contre-indications (asthme, insuffisance cardiaque, tachycardie, bloc auriculo-ventriculaire maladie de Raynaud).
Les antisérotoninergiques (méthysergide : Désernil) sont utilisés quelquefois par les spécialistes. Ils présentent des effets secondaires (vertiges, troubles du sommeil, nausées, crampes, fibrose rétropéritonéale, endocardite).
Les antidépresseurs tricycliques tels que l'amitriptyline (Laroxyl) et la clomipramine (Anafranil) sont utilisés quand la migraine s'accompagne d'un état dépressif. Les effets secondaires sont : sécheresse de la bouche, somnolence, troubles du transit à type de constipation etc.)
Les inhibiteurs calciques (flunarizine Sibélium) comme les antisérotoninergiques ne sont utilisés qu'en deuxième intention et pendant une durée inférieure à cinq à six mois. En effet il existe des effets secondaires à type de prise de poids, de somnolence, de dépression de syndrome extrapyramidal plus rarement. Le vérapamil (Isoptine) est utilisé dans une variété particulière de migraine : l'algie vasculaire de la face.
Les alpha-bloquants tel que l'indoramine (Vidora) sont indiqués comme traitement de fond de la migraine.
Les antiépileptiques tels que le valproate de sodium (Dépakine) sont, en France, par rapport au continent américain, peu utilisés.
Le topiramate (Epitomax) utilisé généralement à la dose 75 à 100 mg par jour est un médicament récent, prometteur semble-t-il.
Il n'existe pas de règle générale quant à l'utilisation des médicaments antimigraineux. Chaque individu doit essayer un médicament successivement et parfois pendant une longue période (de 5 mois à 10 mois selon les équipes spécialisées en neurologie ou les centres antidouleurs).
La rééducation myotensive du rachis cervical apporte parfois de bons résultats. Elle a pour but de redonner une certaine souplesse au cou. Elle se pratique uniquement par des thérapeutes bien formés à cette technique (ostéopathe, médecin rééducateur, kinésithérapeute). Il s'agit de la méthode mise au point par le Dr Martzolff Richard. Cette méthode consiste à demander au patient d'effectuer un effort en rotation contre un appui exercé par la main du thérapeute. Elle comprend environ 6 à 8 mouvements de chaque côté c'est-à-dire de droite à gauche et de gauche droite au cours de la séance. Cette technique, après quelques séances c'est-à-dire en moyenne cinq à six, soulage le patient de ces maux de tête quand il existe tout particulièrement une composante c'est-à-dire une participation musculaire et tendineuse du rachis cervical. Non seulement elle permet au patient de retrouver une symétrie de tension musculaire dans ses mouvements de rotation du rachis cervical mais en plus elle favorise l'apport sanguin au niveau cérébral.
Le soutien psychologique ou psychothérapeutique est très important, le plus souvent nécessaire chez certains patients (induction hypnotique). En effet le malade finit par vivre en fusion avec sa pathologie. C'est la raison pour laquelle on parle plus précisément de migraineux plutôt que de migraine. Cette affection représente un handicap certain dans la vie quotidienne des patients, dans la relation avec leur entourage, dans leur profession etc. Les méthodes utilisées par le corps médical et plus précisément les psychothérapeutiques visent à comprendre scientifiquement le processus d'installation de la migraine et de son aura. Celle-ci apparaît sous diverses formes, impression de fumée, de brouillard, de vertiges, de malaise, etc. Le thérapeute, en prenant le temps et le soin d'écouter son patient, en demandant à celui-ci de noter (sur un cahier qu'il rapporte à chaque consultation) les sensations qui précèdent la crise, participe efficacement à la recherche d'une solution. L'écoute est particulièrement importante. En effet, par habitude, l'entourage du migraineux qui, il faut bien le dire, finit par se lasser des plaintes du malade n'écoute plus celui-ci. C'est donc le thérapeute (généraliste, psychothérapeute, psychologue, neurologue, psychiatre) qui a le devoir d'analyser précisément.