Leishmaniose

Introduction

Maladie chronique généralisée due à la contamination par des parasites protozoaires : les leishmania. Les leishmanioses sont des infections cutanées extrêmement répandues dans le monde. On en trouve essentiellement en Inde, en Amérique du Sud et en Afrique, où elles touchent plusieurs millions de personnes par an. C’est un petit insecte appelé le phlébotome qui transmet la maladie. La femelle pique à la tombée du jour et se nourrit de sang. On le rencontre toute l'année sous les tropiques et en été dans les régions tempérées. On observe trois types de leishmanioses correspondant à trois espèces de leishmanies.

Classification

Cela donne trois types de leishmanioses :
  • Leishmaniose viscérale.
  • Leishmaniose cutanée.
  • Leishmaniose cutanéomuqueuse.
La leishmaniose cutanée Appelée également " bouton d'Orient " ou " bouton tropical " est due à Leishmania tropica. Elle sévit sur les pourtours méditerranéens (très peu en France), au Proche et Moyen-Orient et en Afrique Noire. Cette maladie se caractérise par l’apparition, 3 mois après la piqûre par le phlébotome, d’un ulcère qui fait lui-même suite à une papule (petit bouton) de couleur rouge foncé. Cette tâche va s'étendre en surface en même temps qu'elle devient creusante (sur le visage). Puis elle se recouvre d'une croûte.

La leishmaniose cutanéomuqueuse appelée également leishmaniose cutanéo-muqueuse du Nouveau Monde, ou " pian-bois " ou "ulcère des chicleros", elle est due à Leishmania brasiliensis, et se retrouve sur tout le continent latino-américain. Le réservoir de ce type de leishmaniose est constitué par les rongeurs. Les manifestations cutanées sont équivalentes à celles de la leishmaniose cutanée, mais elles vont s’étendre pour gagner les muqueuses et entraîner de graves mutilations, surtout au niveau du système respiratoire.

Physiopathologie

Elles touchent les organes suivants :
  • La peau
  • Les muqueuses
  • Le foie
  • La rate
  • Les ganglions.
Les parasites colonisent les macrophages (variété de globules blancs) contenus dans le système de défense de l’organisme (système réticulo-endothélial) puis se multiplient à l’intérieur de ceux-ci. Certains animaux comme le chien, le renard ou les rongeurs sont également infestés et vont favoriser la dissémination de la maladie. La répartition géographique de la maladie se fait de la façon suivante :
  • Sur le pourtour méditerranéen, on rencontre les leishmanioses viscérales et cutanées ; en France, il existe un foyer en Corse et deux dans le Midi (autour de Marseille et dans le Languedoc-Roussillon )
  • En Inde et dans les pays voisins, on rencontre le Kala-Azar (leishmaniose viscérale).
  • En Afrique tropicale sévissent leishmanioses viscérales et cutanées.
  • lL'Amérique latine est infestée par la leishmaniose cutanéo-muqueuse et le Kala-Azar.

Symptômes

La leishmaniose viscérale (dont le synonyme est kala-azar) est donnée par leishmania donovani. Elle survient 1 à 2 mois après la piqûre par le phlébotome, et se traduit par :
  • Une fièvre dite folle car anarchique, résistante au traitement antipyrétique (qui combat la fièvre).
  • De l'anémie qui rend le malade pâle et amaigri.
  • Une grosse rate.
  • Une hépatomégalie (gros foie).
  • Des adénopathies (présence de ganglions).

Labo

Le diagnostic sera aidé par des examens de laboratoire : La numération sanguine montre

Une anémie importante (baisse des globules rouges)
Une thrombopénie (diminution des plaquettes)
Une leucopénie (baisse des globules blancs)
La vitesse de sédimentation est très accélérée.

La recherche d'anticorps n’est pas probante.
La découverte du parasite lui-même est essentielle.
Une ponction de moelle est pratiquée avec recherche du parasite après coloration spéciale. Une culture sur milieu spécifique est possible.
Le pronostic de la leishmaniose viscérale est grave : quand elle n’est pas traitée, elle peut conduire à la mort par des hémorragies (dues à l'absence de plaquettes) ou par une infection supplémentaire. Pour les formes légères, le traitement fait appel à la chaleur locale.
Pour les formes graves, on utilise l’antimoniate de méglumine. Dans la forme cutanéomuqueuse, on utilise l’amphotéricine B ou le Kétoconazole.

Traitement

En ce qui concerne la leishmaniose cutanée et muco-cutanée, le traitement des formes légères est local. Sont utilisées des infiltrations du bord induré et de la base de l'ulcère avec 1 à 3 ml d'antimoniate de méglumine tous les deux jours. D'autre part une application de pommade à la paromomycine. Pour les formes graves l'antimoniate de méglumine ou la pentamidine par voie intramusculaire sont utilisés. Ces injections sont relativement toxiques et sont progressivement remplacées par des substances graisseuses d'amphotéricine B ou par le kétoconazole.
En ce qui concerne la leishmaniose viscérale l'antimoniate de méglumine à raison de 20 mg par kilo et par jour par voie intraveineuse ou intramusculaire pendant 3 à 4 semaines et le traitement. La résistance apparaît dans certaines régions du globe. L'amphotéricine B à raison de 0,25 mg à 1 mg par kilo et par jour tous les deux jours par voie intraveineuse pendant au moins trois semaines est également utilisée. Un autre médicament, l'ambisome est également employé pour la leishmaniose viscérale. La miltéfosine est efficace sous forme de comprimés mais ne doit pas être utilisée chez la femme en raison d'éventuelles malformations chez l'embryon.
Le repos au lit, les transfusions quand le patient présente une anémie grave et des antibiotiques en cas de surinfection sont nécessaires.
On considère un patient guéri lorsque l'on ne peut plus détecter de parasites dans les échantillons qui sont prélevés grâce a une ponction dans le sternum ou dans des ganglions.