Laryngite striduleuse aiguë
Introduction
Affection de l'enfant infecté par le virus para-influenza de types 1 et 2, et qui présente :
Des accès d'étouffement pendant la nuit
Une toux roque (ressemblant à l'aboiement d'un chien)
Des sifflements lorsqu'il inspire (l'air a du mal à entrer dans les poumons)
Une cyanose (insuffisance d'oxygénation des tissus se traduisant par une coloration bleuâtre de la peau) dans les cas les plus graves.Physiopathologie
Il s'agit d'une inflammation de la région des cordes vocales, d'origine virale et due généralement à une rhinopharyngite, c'est-à-dire l'association d'une pharyngite (inflammation du pharynx) et d'une rhinite (inflammation de la muqueuse du nez).
Plus précisément, cette maladie (qui survient volontiers la nuit) est le résultat d'un gonflement de la muqueuse du larynx, c'est-à-dire de l'ensemble des cellules qui recouvrent le larynx, ce qui aboutit à une gêne respiratoire due à la diminution du calibre du larynx.
Symptômes
L'affection est initiée par une rhinopharyngite au départ banale s'accompagnant d'une légère hyperthermie (petite fièvre), d'une toux et d'une voix rauque.
La respiration devient de plus en plus difficile, surtout l'inspiration qui est lente (l'air a des difficultés à pénétrer à l'intérieur des poumons), bruyante et s'accompagne d'un creusement au-dessus du sternum appelé tirage sus-sternal.
Les symptômes vont en s'aggravant, essentiellement la nuit, accentuant la gêne respiratoire, la toux devenant aboyante.
Le battement des ailes du nez sont le résultat de la bronchite accompagnant la laryngite.
Evolution
L'évolution est le plus souvent bénigne et sa guérison survient spontanément et rapidement.
Complications
La complication majeure susceptible de survenir est la gêne respiratoire de l'enfant qui, si elle persiste, constitue une urgence médicale et rend l'hospitalisation de l'enfant nécessaire.
Dans les cas les plus graves, il faut pratiquer une intubation voire une trachéotomie.
En cas de récidives, il est quelquefois nécessaire de rechercher un reflux gastro-oesophagien.
L'épiglottite constitue une urgence médicale. Il s'agit d'une forme particulière de laryngite dont l'incidence a baissé grâce au vaccin antihémophilus B. Au cours de cette affection, l'épiglotte ( languette de petite dimension permettant d'obturer la glotte), est très augmentée de volume et présente d'un oedème (collection liquidienne), ces conditions rendant la pénétration de l'air intérieur du larynx quasiment impossible. L'épiglottite débute brutalement par une hyperthermie très importante (fièvre très élevée) et une gêne respiratoire située au niveau du larynx dont l'installation est rapide. L'enfant, à l'examen, se présente assis sur son lit, penché en avant. Son visage est rouge, il est très angoissé et essaie de lutter contre l'asphyxie. La conduite à tenir la suivante. Il ne faut pas positionner l'enfant en décubitus dorsal ou central (allonger l'enfant), ni examiner sa gorge à l'aide d'un instrument (une cuillère par exemple) car ce geste risque d'aboutir à un réflexe laryngé (du larynx) entraînant immédiatement le décès de l'enfant. Une prise en charge thérapeutique urgente est nécessaire par le SAMU qui permettra le transport en service de réanimation et de soins intensifs très rapides. Le retard à l'hospitalisation ou de mauvaises conditions de transport sont susceptibles d'aboutir au décès de l'enfant.
Traitement
Les parents doivent tout d'abord garder leur calme pour pouvoir tranquilliser l'enfant qui est angoissé et agité. En effet, l'asphyxie de l'enfant est aggravée par un sentiment d'appréhension et de profonde inquiétude.
Ensuite, il est nécessaire d'humidifier l'air par différents moyens. La pose d'un linge humide ou d'une casserole d'eau contenant quelques feuilles d'eucalyptus ou quelques gouttes d'huile essentielle d'eucalyptus sur un radiateur est souvent efficace. Le but de l'humidification de l'atmosphère est de décongestionner les voies respiratoires et de soulager rapidement l'enfant. Un nébuliseur fera également l'affaire.
Une serviette humide enroulée autour de cou peut également favoriser le traitement.
L'aspirine, quand elle n'est pas contre-indiquée, permet de faire baisser la température. Il est cependant préférable d'utiliser le paracétamol.
Le médecin doit intervenir de façon urgente et prescrire :
- Des corticoïdes en gouttes, directement en gargarisme (dans le fond de la bouche, au début de la gorge).
- Au besoin des antibiotiques s'il constate la présence d'une surinfection grave ou en cas de bronchite, pneumonie ou trachéite.
- La surveillance de l'enfant doit être constante.