Kwashiorkor

Introduction

Le teme Kwashiorkor signifie maladie de l’enfant sevré quand son cadet vient de naître " : traduction de Kwashiorkor en dialect ashanti du Ghana. Il s'agit d'une malnutrition de l'enfant résultant d'une alimentation pauvre en protéines, les besoins caloriques globaux pouvant être par ailleurs couverts. C’est essentiellement en Afrique tropicale et équatoriale, que le kwashiorkor sévit et touche les enfants entre 6 mois et 3 ans, au moment du sevrage (arrêt de l’allaitement maternel). Mais on le retrouve également dans tous les pays en voie de développement.

Physiopathologie

Tant que l’enfant est alimenté par le lait maternel apportant une alimentation équilibrée, et riche en protéines, il ne montre pas de déséquilibre protéïnique. Après le sevrage, l'enfant adopte la nourriture des adultes (essentiellement végétale) comprenant de la bouillie de céréales, de tubercules ou de bananes plantains pauvres en protéines. Ce sont les prémices de la maladie. A cette période de sa vie, l’enfant nécessite d’énormes besoins en protéines, pour une croissance normale.

Le kwashiorkor s'associe également à une carence en certains minéraux comme le fer, le zinc, les vitamines.

Le terme famine désigne les modifications de fonctionnement et morphologiques du corps humain survenant la suite de carences en nutriments essentiels et en besoins énergétiques. Un nutriment est une substance nutritive susceptible d'être assimilée par l’organisme. Le terme inanition désigne la malnutrition la plus importante. Ceci peut survenir à la suite d'un jeune, d'une famille, une pathologies très sévères concernant le tube digestif, d'une anorexie mentale, d'une affection du cerveau (accident vasculaire cérébral) d'un coma, etc.

Le jeûne c'est-à-dire la privation de nourriture et supportable par organisme sans entraîner de lésions majeures en dessous de huit semaines. Le jeûne total présent une évolution péjorative à partir de huit semaines et une évolution mortelle à partir de 12 semaines.

Les premiers jours de jeûne n'entraînent aucun retentissement sur le fonctionnement normal de l'organisme et en particulier sur le système nerveux central. En effet, l'organisme gère convenablement ses réserves et en particulier le tissu adipeux (graisses) pour puiser quelque énergie nécessaire à son bon fonctionnement mais a minima. Par la suite l'organisme va puiser dans d'autres tissus corporels et en particulier les organes viscéraux, les muscles et les dernières réserves de tissu adipeux. C'est dès cet instant, quand les réserves s'amenuisent énormément que l'organisme est en danger.

Un patient soumis à la famine présentée symptômes suivants :
  • Faiblesse de plus en plus importante.
  • Perte de poids importante.
  • Dégradation des protéines tissulaires (30 %).
  • Émaciation (maigreur extrême).
  • Apparition des formes osseuses dues à diminution du volume musculaire et cutané.
  • Perte d'élasticité de la peau qui devient fine, froide, sèche et pâle.
  • Modification de la chevelure qui devient sèche et éparse s'accompagnant d'une chute.
  • Apparition de diarrhées qui s'intensifient de plus en plus.
  • Diminution ou perte de la libido.
  • Aménorrhée.
  • Irritabilité.
  • Apathie (indifférence).
Un examen complémentaire montre :
  • Diminution du volume cardiaque.
  • Achlorhydrie
  • Diminution du débit cardiaque et de la fréquence cardiaque.
  • Diminution de la pression artérielle.
  • Diminution de la fréquence respiratoire et du volume d'air inspiré expiré.
  • Des analyses de sang mettent en évidence une anémie néanmoins modérée. Pour les spécialistes en hématologie il s'agit d'une anémie normochrome et normocytaire.
  • L'immunité est plus précisément l'immunité à médiation cellulaire (sel particulièrement lié aux globules blancs) est diminué. Ce qui entraîne un retard dans la cicatrisation des plaies voir une absence de cicatrisation chez certains patients gravement carencés.
  • On constate également une perturbation de la glycémie (taux de sucre dans le sang) qui est plus importante que la normale.
  • Les acides gras libres dans le sang sont présents tant que le tissu adipeux existe et permet à l'organisme de puiser quelque énergie grâce à la libération de graisses.
  • En ce qui concerne les acides aminés (éléments de base des protéines) leur taux plasmatique, c'est-à-dire dans la partie liquidienne du sang, augmentent au début du jeûne (à cause de la destruction des muscles) puis ensuite diminue au fur et à mesure que les muscles fondent. On constate que ce sont les acides aminés essentiels par rapport aux acides aminés non essentiels qui chutent le plus vite.
  • Les dosages hormonaux tels que celui de l'insuline et du glucagon sont variables. Ainsi, l'insuline qui est l'hormone consistant à faire baisser le taux de sucre dans le sang est basse alors que le glucagon (hormone consistant à faire monter le taux de sucre dans le sang) est élevé.
  • L'urémie (taux d'urée dans le sang) est bas.
L'examen du patient montre :
  • Une diminution du volume des testicules.
  • Une diminution de la capacité à effectuer des mouvements de plus en plus importante. Ce phénomène est bien entendu lié non seulement la faiblesse extrême du patient mais aussi à la diminution du volume musculaire (amyotrophie) et aux difficultés respiratoires et hémodynamiques (circulation sanguine).
  • Présence d'oedème (de dénutrition).
L'évolution se fait vers une diminution de plus en plus importante de la température corporelle favorisant la survenue du décès du patient.

Le traitement fait appel à la réintroduction de l'alimentation qui doit, au début, se faire doucement. Ensuite dès que l'organisme à récupérer les fonction normale de l'appareil digestif, l'alimentation sera un peu plus riche. Au départ les quantités d'aliments ne doivent pas dépasser 100 ml par jour. Dans le cas contraire une diarrhée apparaît et d'autres perturbations du système digestif. Ce régime contiendra au minimum 40 % de protéines lactées, un quart de sucre type saccharose, un tiers de corps gras assimilable, des minéraux, des vitamines et des électrolytes (en quantité relativement élevée).
La réintroduction alimentaire qui, répétons-le, doit se faire avec prudence, est limitée par l'apparition de diarrhées. Le phénomène de survenue de diarrhées, en cas de suralimentation, est expliqué de la façon suivante. La muqueuse du tube digestif c'est-à-dire les cellules tapissant l'intérieur du tube digestif est d'une part atrophiée (diminuée de volume), d'autre part en hypofonctionnement (leur travail de digestion des aliments est nettement diminué). Ceci pour une raison essentielle : l'organisme à baissé son métabolisme général (fonctionnement) d'où une utilisation moindre des protéines entrant dans la composition de l'ensemble des organes du corps, en l'occurence le tube digestif. Autrement celui-ci s'adapte, au fur et à mesure du jeûne, à la petite quantité de nourriture qui lui parvient et qu'il doit assimiler. Par la suite, à la reprise de l'alimentation normale, c'est-à-dire quand les quantités de nourriture augmentent progressivement, la muqueuse du tube digestif doit à nouveau s'adapter à ces quantités plus importantes. Pour cela il est donc nécessaire qu'il refabrique lui -même ses propres protéines pour permettre une assimilation de celles provenant de l'alimentation. La prise pondérale hebdomadaire ne doit pas dépasser 2 kg.
Chez certains patients, extrêmement faibles, l'arrêt de l'alimentation par voie orale étant impossible, il est nécessaire de procéder à la mise en place d'une sonde naso- gastrique, voire d'une nutrition parentérale pour les patients les plus pathologiques.
Les vitamines et les oligo-éléments doivent être, le plus souvent, apportés en quantité supplémentaire (double de la normale). Cette apport doit être poursuivi par la suite, même si le patient a récupéré un poids normal.

Symptômes

L"enfant présente : (liste non exhaustive) :
  • Une apathie.
  • Une anorexie (perte d’appétit).
  • Une fonte musculaire.
  • Une pâleur.
  • Un retard de croissance.
  • Un oedème (gonflement) des membres inférieurs.
  • un ballonnement abdominal s’accompagnant d’une augmentation de volume du foie avec stéatose. (surcharge graisseuse).
  • Des lésions cutanées.
  • Des troubles psychomoteurs.

Labo

Les analyses de sang montrent :
  • Une anémie.
  • Un déficit en albumine (protéine simple normalement présente dans le sang).

Evolution

L'évolution est mortelle sans traitement.
Les infections dans les pays concernés sont particulièrement fréquentes et violentes. Les enfants fragilisés par le déficit en protéines donc en immunoglobulines (anticorps), y sont très sensibles. Il s’agit essentiellement :
  • De la tuberculose.
  • Du paludisme.
  • Des diarrhées infectieuses.

Traitement

Le traitement tente de réintroduire progressivement des protéines dans l'alimentation et de surveiller l'enfant. La mortalité des enfants, atteints de formes avancées de la maladie, n'est pas négligeable.

Bibliographie