La quantité normale de parathormone est de 1 ng par ml de sang.
Cette hormone augmente la concentration de calcium dans le sang et règle l’équilibre en calcium de l’organisme.
Les glandes parathyroïdes sont des glandes situées en arrière de la thyroïde, à la hauteur du cou.
Il existe généralement 4 glandes parathyroïdes, néanmoins quelquefois ces glandes sont plus nombreuses puisqu’on peut en trouver jusqu’à 6.
On pense actuellement que 1 % de la population serait concerné par l’hyperparathyroïdie, mais de nombreux malades sont asymptomatiques (ne présentent pas les symptômes de cette pathologie) et passent souvent inaperçus.
On distingue deux types d’hyperparathyroïdie.
L’hyperparathyroïdie primaire
Elle est liée au dérèglement d’une ou de plusieurs glandes parathyroïdes. C’est une affection très fréquente, surtout chez la femme après 50 ans.
Elle est appelé également maladie osseuse de von Recklinghausen, ostéite fibrokystique, ostéose fibrokystique ou ostéose parathyroïdienne.
Cette affection est héréditaire et s’associe à d’autres anomalies endocriniennes. L’origine génétique de cette maladie correspond à une perturbation d’un gène situé sur le chromosome n° 11. Il est d’autre part responsable de tumeur de l’hypophyse et du pancréas, qui sont généralement associées.
Causes
L’hyperparathyroïdie secondaire
Elle est souvent due à une insuffisance rénale, c’est-à-dire que les reins ne jouent plus leur fonction normale de filtration. L’atteinte rénale est la conséquence de la lithiase rénale calcique (calculs rénaux). Il s’agit donc de calculs secondaires au dépôt de calcium, souvent bilatéraux et récidivants. On retrouve alors une quantité importante de calcium dans les urines (calciurie augmentée) ainsi qu’une grande quantité de phosphates de chaux. Il existe certaines formes d’hyperparathyroïdie se traduisant par un nombre important d’émissions d’urine accompagnées de soif intense, pouvant passer pour un diabète.
Autres causes
Diagnostic
Le dosage de l’hormone parathyroïdienne, en utilisant une méthode radioimmunologique, permet d’apporter le diagnostic avec certitude. Dosage de la calcémie à jeun par hyperabsorption (ou par un test appelé test de provocation par les thiazidiques).
Dosahe de l’hydroxyprolinurie, augmentée quand il existe une ostéolyse c’est-à-dire une destruction du tissu osseux.
Dosage des phosphatases alcalines, augmentées en cas de cholestase, c’est-à-dire s’il y a interruption des voies transportant la bile, mais également quand il existe dans l’organisme un ou plusieurs tissus en voie de croissance (c’est le cas du placenta, ou chez l’enfant pendant la croissance des os).
La radiographie du rachis, des os du crâne, des mâchoires montre une raréfaction de la trame osseuse et parfois même un os parsemé de petites cavités que l’on appelle des géodes, donnant alors ce qu’on appelle un aspect vermoulu et également un « nid d’abeilles ». Il peut parfois apparaître une transformation des cartilages qui se calcifient, mais ils ne sont pas toujours visibles.
La radiographie des fosses lombaires permet d’objectiver les calculs rénaux (lithiase du rein) dans certaines formes d’hyperparathyroïdie primaire Le scanner permet de localiser des tumeurs secondaires à l’hyperparathyroïdie. L’échographie cervicale (du cou) montre la présence d’adénome parathyroïdien. L’électrocardiogramme permet de déceler des modifications du tracé que les spécialistes appellent raccourcissement de l’intervalle Q-T., il met également en évidence des extrasystoles et une tachycardie.
Diagnostic différentiel
Il existe d’autres causes susceptibles d’entraîner une hypercalcémie :
Traitement Le traitement chirurgical consiste essentiellement en une exérèse (ablation) de l’adénome par un chirurgien très spécialisé, qui devra enlever les adénomes et les tumeurs avec une grande précision, en retirant en même temps la coque entourant la tumeur.
Une chute de la quantité de calcium dans le sang, le plus souvent transitoire et s’accompagnant de tétanie, est fréquente après l’opération. Ceci est dû à une recalcification complète du squelette qui fait suite à la déminéralisation secondaire à l’hyperparathyroïdie avant traitement. La reconstruction osseuse a en quelque sorte « utilisé» les réserves de calcium de l’organisme et a entraîné une chute de celui-ci. Il est donc nécessaire en post-chirurgical (après l’acte chirurgical) de donner du calcium, du magnésium, mais également de la vitamine D, (supplémentation).
Parfois une intervention en urgence est nécessaire, quand il existe une hypercalcémie très importante.
Pour les patients âgés de moins de 50 ans, l’opération semble la seule issue, étant donnée la durée de surveillance qui serait alors nécessaire.
Les autres critères pour recommander l’intervention chirurgicale chez les patients en hyperparathyroïdie mais sans signe accompagnateur sont (d’après JOHN T. POTTS, JR) :
Quand le patient n’accepte pas la chirurgie parathyroïdienne, le traitement médical est la seule issue. Son objectif est de faire baisser la calcémie (taux de calcium dans le sang), surtout quand celle-ci est sévère et entraîne les troubles décrits précédemment.
Il suffit parfois de commencer à réhydrater, c’est-à-dire d’apporter de l’eau au patient, pour normaliser la calcémie.
La diminution des apports calciques se font grâce à un régime hypocalcique ou en donnant des corticoïdes (dérivés de la cortisone) s’il n’existe pas de contre-indications telles qu’un diabète. Certains utilisent la calcitonine qui a une action immédiate, d’autres des diurétiques, mais plus exceptionnellement. Les diphosphonates sont de plus en plus utilisés en première intention, surtout dans les hypercalcémies graves.
Evolution et suivi Etant donné que les manifestations cliniques sont la plupart du temps discrètes, la maladie peut évoluer de façon bénigne pendant de nombreuses années ou même pendant toute la vie.
Elle débute rarement brutalement. Quand c’est le cas, les patients présentent de graves complications telles qu’une déshydratation sévère, voire un coma. La surveillance des malades atteints d’hyperparathyroïdie consiste à évaluer périodiquement la fonction rénale, c’est-à-dire à vérifier si les reins continuent à fonctionner normalement.
La surveillance de l’état osseux permet de constater s’il n’existe pas de détérioration à ce niveau.
Chez la femme ménopausée avec une hyperparathyroïdie, si l’intervention chirurgicale sur les parathyroïdes n’est pas possible, il faut prescrire des œstrogènes susceptibles de retarder la déminéralisation osseuse.
Les patients ne présentant pas de symptômes particuliers doivent être surveillés régulièrement :