Hémoptysie
Introduction
L'hémoptysie est l'émission par la bouche d'une certaine quantité de sang en provenance des voies respiratoires ou d'un organe voisin.
C'est la rupture d'un vaisseau sanguin situé à un quelconque endroit du système respiratoire qui est la cause de l'hémoptysie.
Celle-ci ne doit pas être confondue avec une hématémèse, qui correspond aux vomissements de sang provenant de l'appareil digestif.
Généralités
L'hémoptysie peut se présenter sous diverses formes :
Une hémorragie franche constituée de sans rouge.
Des crachats contenant une très petite quantité de sang que le pneumologue appelle crachats striés de sang.
Des crachats hémoptoïques c'est-à-dire des crachats dont la couleur tire sur le noir plus précisément ayant une couleur proche de celle du jus de pruneaux.
Causes
Dans 30 % des cas d'hémoptysie,
aucune cause n'est retrouvé malgré l'ensemble des examens pratiqués chez le patient.
- Bronchite chronique infectée.
- Bronchite aiguë.
- Tuberculose pulmonaire.
- Cancer des poumons.
- Embolie pulmonaire (présence d'un caillot sanguin dans la circulation pulmonaire).
- Brochodilatation (dilatation : augmentation de calibre) des bronches.
- Bronchectasie (dilatation) entraînant une hémoptysie chronique s'accompagnant d'expectorations de grandes quantités.
- Maladies inflammatoire des poumons.
- Abcès pulmonaires.
- Pneumonie aiguë.
- Aspergillose bronchopulmonaire.
- Hypertension pulmonaire primaire et secondaire (due à une sténose mitrale, une maladie de Wegener, un coeur pulmonaire chronique, un syndrome d'Eisenmenger).
- Embolie pulmonaire.
- Infarctus pulmonaire.
- Cancer primitif du poumon.
- Tabagisme aigu ou chronique.
- Traitements anticoagulants.
- Perturbations de la coagulation sanguine.
- Coagulopathie (maladie de la coagulation sanguine).
- Fistule artérioveineuse du poumon.
- Syndrome de Goodpasture.
- Hémosidérose pulmonaire.
- Anévrisme de la l'aorte.
- Hémorragie pulmonaire de l'enfant de moins d'un an s'accompagnant d'une détresse respiratoire et d'infiltration du poumon visibleà la radiographie des poumons.
Symptômes
Rejet par la bouche d'une quantité plus ou moins importante de sang :
1) L'
hémoptysie de faible abondance est la plus fréquentes et correspond à un rejet de sang rouge ou de crachats de coloration noirâtre contenant du sang.
2) L'
hémoptysie de moyenne abondance correspond à environ 100 millilitres de sang, parfois précédée d'un problème respiratoire. Cette variété d'hémoptysie s'accompagne quelquefois de sueurs et de tachycardie (accélération du rythme du cœur).
3) L'
hémoptysie de grande abondance (½ L de sang) est généralement accompagnée d'un malaise pouvant aller jusqu'à un état de choc (impossibilité pour certains organes de l'organisme d'assurer leur fonction), associés à une gêne respiratoire.
4) L'
hémoptysie cataclysmique, rare, est susceptible d'entraîner la mort en quelques instants. Elle s'accompagne de l'élimination importante et brutale d'une très grande quantité de sang. Elle se voit dans certaines pathologies telles que les cancers du poumon accompagnés d'une lésion des artères pulmonaires :
- Déchirure d'une artère.
- Anévrisme (constitution entre les parois d'une artère d'un espace susceptible de se rompre).
Labo
Les examens de laboratoire permettant d'obtenir un hémogramme avec numérations des plaquettes le temps de prothrombine, le temps de saignement et les autres tests portant sur la coagulation sanguine. En effet, une perturbation dans le fonctionnement normal de la coagulation du sang est susceptible de favoriser l'apparition d'hémoptysie. C'est la raison pour laquelle il est nécessaire de connaître en premier lieu le nombre de plaquettes du patient.
Il est également nécessaire de pratiquer des examens bactériologiques de façon à tenter de mettre en évidence un germe responsable d'une infection pouvant entraîner l'apparition d'une inflammation et d'hémorragie secondaire. Ceci se fait à partir des expectorations c'est-à-dire des glaires récupérées provenant des poumons. Une étude cytologique (étude des cellules) est également effectuée.
Examens Complémentaires
La radiographie, le scanner et la bronchoscopie (utilisation d'une fibre optique pour visualiser l'intérieur des bronches) apportent le diagnostic avec certitude et localisent l'origine du saignement.
Une fibroscopie permet de voir l'intérieur des poumons, plus précisément des bronches le plus loin possible pour mettre en évidence le saignement. Cet examen doit être fait précocement car certaines lésions entraînant l'apparition d'hémorragie ont tendance à cicatriser très rapidement. La fibroscopie n'est pas toujours faciles à pratiquer car les poumons sont noyés par le sang le plus souvent ce qui ne permet pas de trouver aisément la source de l'hémorragie.
La bronchoscopie rigide est pratiquée chez certains patients présentant des hémoptysies massives ou qui proviennent d'une lésion des voies aériennes proximales et surtout si l'on envisage de pratiquer une incubation à l'intérieur de la trachée.
La radiographie des poumons de face et de profil ainsi que la tomodensitométrie des poumons sont utiles également. En effet, l'hémorragie est susceptible d'avoir une source se ailleurs que visibles sur la radiographie.
Chez quelques patients les saignements hémoptoïques proviennent d'une lésion de l'appareil otorhinolaryngologique. C'est la raison pour laquelle il est nécessaire de pratiquer un examen otorhinolaryngologique afin d'éliminer la possibilité de saignements qui proviendraient des voies aériennes supérieures.
La scintigraphie est quelquefois utilisée afin de confirmer un diagnostic d'embolie pulmonaire.
Diagnostic differentiel
Cette maladie ne doit pas être confondue avec d'autres pathologies (liste non exhaustive) :
- Du sang provenant du nez.
- Du sang provenant de la bouche.
- Du sang provenant du pharynx (plus précisément d'une nasopharynx).
Traitement
Le traitement est bien entendu variable selon la gravité de l'hémoptysie.
La prise en charge psychologique du patient est particulièrement importante. Il est important de le calmer, sans utiliser de sédatifs.
Un trouble de la coagulation sanguine doit également être pris en charge.
Une éventuelle infection, sans oublier la tuberculose, doit être traitée.
En cas d'hémoptysie modérée qui cesse le plus souvent spontanément, il est nécessaire de prendre du repos et de se coucher sur la moitié du thorax qui est supposé être la cause de l'hémoptysie. La mobilisation se fera ensuite doucement et, en présence d'une toux ceci doit être encouragé afin d'évacuer le sang. Il ne faut absolument pas prendre d'antitussif c'est-à-dire de médicaments inhibant les mouvements pulmonaire de la toux. D'autre part certains médicaments tels que les tranquillisants susceptibles de diminuer les mouvements d'expectorations c'est-à-dire d'évacuation des glaires pulmonaires doivent être également prohibées.
La terlipressine est un médicament qui s'injecte par voie intraveineuse et qui possèdent la capacité de réduire de manière temporaire le débit de l'hémorragie en attendant d'intervenir.
L'hémoptysie massive c'est-à-dire quand le patient est mais une quantité de sang égale ou supérieure à 600 ml par 24 heures ou en cas d'hémoptysie récidivente il est nécessaire d'hospitaliser le patient en soins intensifs afin de pratiquer une aspiration des bronches pour ne pas provoquer un encombrement par le sang à l'intérieur des poumons. En service spécialisé de pneumologie il est quelquefois tenté la mise en place d'un tube endotrachéale comportant un ballonné que l'on gonfle. Si le patient a perdu une grande quantité de sang il est nécessaire de pratiquer une transfusion (en cas de choc hypovolémique).
Si un patient présente une hémoptysie très très importante et il est quelquefois envisagé de pratiquer ce que l'on appelle une résection chirurgicale d'urgence c'est-à-dire que l'on retire une partie du poumon surtout quand l'hémoptysie récidive. Ceci ne peut être effectué que si le patient à une fonction pulmonaire convenable.
L'embolisation de l'artère bronchique est quelquefois tentée après avoir effectué une artériographie bronchique en présence d'un cancer du poumon que l'on ne peut pas opérer par exemple. La technique consiste à libérer des particules de taille plus ou moins importante afin d'obstruer les vaisseaux sanguins qui sont responsables de l'hémorragie.