Examen permettant d’observer l’intérieur du globe oculaire directement en utilisant un appareil optique, l’ophtalmoscope. Cette technique d’observation est l’ophtalmoscopie.
Le fond de l’œil contient la papille (zone circulaire de l’œil correspondant à la naissance du nerf optique) et la rétine qui est la membrane recouvrant le fond de l’œil contenant les cônes (cellules nerveuses photo réceptrices responsables de la vision colorée) et les bâtonnets (cellules nerveuses photoréceptrices responsables de la vision en lumière faible).
On peut grosso modo diviser le fond de l’oeil en deux zones, un pôle postérieur qui comprend la papille et la macula (correspondant à la dépression située à la partie postérieure de la rétine, appelée également tache jaune). Ce point au niveau de la rétine, est le plus sensible à la lumière. Cette partie postérieure est directement accessible à l’examen au fond d’œil. La partie périphérique de la rétine nécessite l’utilisation d’un miroir pour être visualisée.
La rétine est une membrane transparente qui laisse transparaître la choroïde sous-jacente (très vascularisée). A l’examen du fond d’œil, la rétine apparaît de ce fait d’une coloration orange foncée secondaire à la présence de nombreux vaisseaux tapissant la choroïde.
La papille, qui correspond au départ du nerf optique au niveau de la rétine, constitue un petit disque de couleur jaune, légèrement rosé mais beaucoup plus clair que la rétine. On distingue très facilement au niveau de cette zone, l’émergence de tous les vaisseaux qui irriguent la rétine. À quelque distance de la papille, on trouve la macula qui correspond à une zone de la rétine plus sombre et absente de vaisseaux. Cette zone est située très précisément au pôle postérieur de l’œil, c’est-à-dire à l’arrière du globe oculaire ; elle correspond à la vision dite précise.
Enfin dans la zone équatoriale de la rétine se trouvent des veines (vortiqueuses) ramenant le sang des veines de la membrane située en dessous de la rétine, la choroïde. Le restant de la rétine n’est pas vascularisé.
Le but du fond d’oeil est d’observer ce qui vient d’être décrit. C’est l’examen fondamental en ophtalmologie, permettant d’établir le diagnostic des affections de la rétine mais également de celle de la choroïde sous-jacente.
Indication
Le fond d’oeil est particulièrement utile au cours de la maladie diabétique, de l’insuffisance rénale, de l’hypertension artérielle, des problèmes vasculaires cérébraux, au cours de la maladie amyloïde entre autres
Technique
Un examen du fond d’oeil dure entre deux minutes et demi à quatre minutes environ.
Avant d’effectuer cet examen, il est nécessaire d’obtenir une dilatation de la pupille en instillant dans chaque œil, un collyre appelé mydriatique, c’est-à-dire permettant d’obtenir l’ouverture de la pupille.
2 types de collyre sont utilisés pour obtenir un myosis (fermeture du diamètre de la pupille) ou une mydriase, permettant ainsi de pratiquer l’examen du fond d’œil. Ils sont également utilisés pour traiter certaines lésions oculaires.
Un myosis est obtenu en utilisant un collyre à base de pilocarpine ou de réserpine.
Une mydriase est obtenue grâce à l’utilisation d’un collyre contenant de l’adrénaline ou de la néosynéphrine, mais également de l’atropine.
L’ophtalmologiste utilise un ophtalmoscope ou un biomicroscope (lampe à fentes) qui nécessite l’interposition devant l’œil d’une lentille de contact ou d’un verre d’examen appelé verre à trois miroirs.
L’ophtalmoscope quant à lui, permet d’examiner le pôle postérieur du globe oculaire avec la rétine la macula et la papille.
Pragmatiquement, en ophtalmologie, il est habituel de diviser artificiellement le fond d’œil en quatre régions que l’on appelle également des quadrants. Ainsi en cas de survenue de pathologies, il est facile de localiser celle-ci.
Le verre à trois miroirs quant à lui, permet d’observer la périphérie de la rétine et un éventuel décollement de celle-ci.