Acrodermatite continue d'Hallopeau
Introduction
Dermatose (maladie de peau) constituée par des vésicules érythémateuses (sorte de petites gouttelettes roses ou rouges), contenant un liquide huileux ou pustuleux, siégeant aux doigts ou sur la totalité de la main, s'étendant parfois aux autres extrémités (plantes des pieds) et s'accompagnant d'une atteinte des ongles (dystrophie inguinale). Le plus souvent, l'acrodermatite continue de Hallopeau se situe au niveau du pouce.
Physiopathologie
Les vésicules ainsi constituées finissent quelquefois par confluer (se rassembler entre elles) puis par desquamer (tomber).
Symptômes
Pas ou peu de douleurs
Antécédents de traumatisme local.
Lésions pustuleuses (croûtes de pus) parfois situées sous l'ongle.
Association à un psoriasis (éruption de plaques rouges recouvertes de squames).
Evolution
Elle se fait par poussées pendant des années : les territoires atteints restent rouges et l'on constate une atrophie (diminution de volume) de l'épiderme (couche superficielle de la peau). Quelquefois, les lésions débutent à un seul doigt puis gagnent progressivement les doigts voisins. Les poussées, qui se renouvellent sans cesse, finissent par gêner beaucoup le patient.
Chez quelques patients seulement, une atrophie finit par gagner les tissus de voisinage, c'est-à-dire les ongles et les os, entraînant un risque de destruction des ongles, voire des os sous-jacents.
Traitement
L'utilisation de crème à base de cortisone donne le plus souvent des résultats insuffisants. Quelques patients répondent à la puvathérapie locale ou à l'utilisation de l'acide rétinoïque (vitamine A acide) sous forme de comprimés. La puvathérapie est une méthode thérapeutique appelée également photo-chimiothérapie. Elle associe l'exposition aux rayons ultra-violets et l'administration de psoralènes (substances exerçant une action photosensibilisante, c'est-à-dire permettant une augmentation de la sensibilité de la peau aux rayonnements, notamment ultraviolets, utilisés dans cette technique). Cette sensibilité accrue des kératinocytes (cellules de l'épiderme) est possible grâce au blocage de leur multiplication par les psoralènes qui se fixent sur l'ADN composant les chromosomes. L'absorption de psoralènes se fait par voie buccale accompagnée d'une petite quantité de lait environ 2 heures 1/2 avant la séance. Celle-ci dure de 1 à 20 minutes, pendant lesquelles le sujet (dévêtu) porte une paire de lunettes de protection, et une protection génitale quand c'est un homme. Le nombre de séance varie de 2 à 3 par semaine, puis diminue progressivement à 1 par semaine pendant quelques mois.
Les contre-indications à la puvathérapie sont :
L'insuffisance rénale (déficit de fonctionnement des filtres rénaux)
La grossesse
La cataracte
L'insuffisance hépatique (déficit de fonctionnement du foie)
Le cancer de la peau
Les lésions précancéreuses