Dénutrition
Introduction
La dénutrition est un état pathologique (maladie) se caractérisant par un apport insuffisant de nutriments, processus adopté par les organismes vivants pour utiliser les aliments afin d'assurer leur croissance et leurs fonctions vitales. Ceci se caractérise par une désassimilation trop importante et une assimilation perturbée pouvant être origine d'une asthénie (fatigue importante) due à l'apport insuffisant d'aliments (inanition), et d'une cachexie. La cachexie correspond à la dégradation profonde de l'état général, accompagnée d'une maigreur importante. Elle s'observe surtout chez les malades en phase terminale d'une affection se pérennisant et s'accompagnant d'une morbidité extrême.
Généralités
La nutrition est une science regroupant plusieurs disciplines facilitant la compréhension des conseils alimentaires, voire médicaux, de façon à permettre aux individus de rester en bonne santé.
La nourriture est un élément essentiel à la vie. Une partie de ce que nous mangeons quotidiennement est utilisé pour la construction et le maintien dans un bon état des cellules composant notre organisme. Les éléments usés sont remplacés par d'autres grâce à l'apport alimentaire et aux nutriments qui y sont contenus. Un nutriment est une substance qui est procurée par l'alimentation une fois la digestion faite.
Physiologie
On distingue plusieurs nutriments.
Les nutriments majeurs, au nombre de trois :
- Glucides (sucre).
- Protéines (constituées d'acides aminés : constituants essentiels de notre organisme).
- Lipides (corps gras).
Les autres nutriments sont :
- Les vitamines (substances indispensables, en très petites doses, au bon fonctionnement de l'organisme, et dont il ne peut assurer la synthèse lui-même).
- Les minéraux (éléments ne provenant pas de tissu vivant et pouvant se trouver à l'intérieur de la terre).
- L'eau.
Généralement, la diversité des aliments que nous assimilons apporte l'ensemble des nutriments dont notre organisme a besoin. Néanmoins, pour différentes raisons (saisons, changements de température, conditions géographiques) notre corps doit s'adapter aux fluctuations des apports alimentaires. Ceci est possible grâce aux conversions effectuées par l'organisme : en effet, les cellules de notre corps, et plus particulièrement celles du foie, possèdent la capacité particulièrement importante de transformer un type de molécule en un autre (conversion).
Si le corps possède la capacité de conversion d'un aliment en un autre, il existe néanmoins une cinquantaine de molécules qui ne peuvent être produites grâce à cette transformation : ce sont les nutriments essentiels. Ces éléments doivent être puisés à l'extérieur de notre organisme, car il est dans l'impossibilité de les fabriquer de lui-même.
Physiopathologie
Un organisme vivant absorbe des aliments, puis les assimile et enfin les transforme. Ceci lui permet de les utiliser pour son entretien, son fonctionnement mais également pour fabriquer de l'énergie et des calories (chaleur). En cas de dénutrition, les besoins de l'organisme en énergie, en protéines, lipides, glucides ou vitamines, oligo-éléments etc. ne sont pas couverts.
On distingue plusieurs variétés de dénutrition :
Quand la dénutrition touche un enfant en bas âge et qu'elle est énergétique, on parle de marasme. Correspondant à la cachexie, le marasme est la maigreur extrême, conséquence d'une dénutrition importante.
La dénutrition protéique est appelée Kwashiorkor. " Maladie de l'enfant sevré quand son cadet vient de naître ", est la traduction de Kwashiorkor dans le dialecte ashanti du Ghana. La malnutrition de l'enfant résulte d'une alimentation pauvre en protéines, les besoins caloriques globaux pouvant être par ailleurs couverts. C'est essentiellement en Afrique tropicale et équatoriale que le kwashiorkor sévit et touche les enfants entre 6 mois et 3 ans, au moment du sevrage (arrêt de l'allaitement maternel).
Mais on le retrouve également dans tous les pays en voie de développement. Tant que l'enfant est alimenté par le lait maternel apportant une alimentation équilibrée et riche en protéines, il ne montre pas de déséquilibre protéïnique. Après le sevrage, l'enfant adopte la nourriture des adultes (essentiellement végétale) comprenant de la bouillie de céréales, de tubercules ou de bananes plantains pauvres en protéines. Ce sont les prémices de la maladie.
A cette période de sa vie, l'enfant a d'énormes besoins en protéines, pour assurer une croissance normale. Le kwashiorkor s'associe également à une carence en certains minéraux comme le fer et le zinc et en vitamines.
La dénutrition mixte est la carence en protéines, en vitamines, en minéraux et en métaux (fer).
Causes
On distingue globalement 2 causes à la dénutrition.
Dans la majeure partie des cas, la dénutrition est le résultat d'une carence d'apport qui est absolue et qui correspond à un apport alimentaire insuffisant. Ceci est le cas entre autres lorsqu'une mère ne peut pas alimenter correctement son enfant. La famine (rareté des vivres dans un pays ou dans une région) peut également entraîner une dénutrition absolue.
D'autres situations pathologiques peuvent également être à l'origine d'une dénutrition absolue. Il peut s'agir (liste non exhaustive) :
- De troubles du comportement alimentaire.
- D'anorexie (perte d'appétit) psychique.
- De régime amaigrissant mal fait.
- D'un refus de s'alimenter (maladie psychiatrique).
- D'une pathologie du tube digestif (cancer, cirrhose, pancréatite, anomalie de la muqueuse l'intestin entre autres).
- D'un trouble d'assimilation des sédiments : anomalie du processus de digestion ou d'absorption
- des suites d'une intervention chirurgicale (tube digestif raccourci).
Certaines situations pathologiques entraînent une dénutrition relative. Il peut aussi s'agir d'une augmentation non satisfaite des besoins en énergie ou en protéines du sujet. Dans ce cas, le patient nécessite un apport énergétique supplémentaire pour compenser sa maladie. Les causes peuvent être, entre autres :
- Un cancer.
- Une maladie inflammatoire telle que la polyarthrite rhumatismale.
- Une maladie infectieuse grave (tuberculose, sida).
- Un dérèglement hormonal (trouble thyroïdien).
- Des pathologies touchant d'autres organes tels que le cœur (insuffisance cardiaque) ou les poumons (bronchite chronique).
Au cours de ces différents processus, l'organisme ne pallie pas à l'utilisation des protéines et de l'énergie secondaire à la maladie. L'évolution peut se faire vers la cachexie, résultat d'une association entre une carence d'apports due à une mauvaise digestion et quelquefois une anorexie.
La dénutrition peut être absolue et relative à la fois chez le même patient.
Symptômes
- Amaigrissement important.
- Phanères abîmés : peau fragilisée, sèche, fine, " dégraissée ", poils rares et cassants, cheveux striés et déformés.
- Présence d'œdèmes quand il s'agit d'une dénutrition portant sur les protéines.
- Diminution du volume des muscles (hypotrophie).
- Diminution de la couche graisseuse.
- Hépatomégalie (augmentation de volume du foie).
- Déficit immunitaire par carence en protéines.
Labo
Il montre un taux de protéines bas voire très bas dans le plasma (partie liquidienne du sang).
Traitement
Le traitement consiste à effectuer une " renutrition " qui, selon l'état pathologique du patient, peut être obtenue de diverses manières.
L'expérience des situations de dénutrition observées lors de la deuxième guerre mondiale dans les corps de déportés a permis aux équipes médicales d'acquérir une certaine expérience chez les sujets particulièrement dénutris en état de cachexie avancée. À condition que ces sujets aient conservé l'appétit, il est possible de leur proposer une alimentation orale c'est-à-dire par la bouche en très petites quantités et en utilisant un protocole très strict. L'alimentation de ces patients s'effectue sur plusieurs semaines et très progressivement.
Chez d'autres patients, l'apport alimentaire naturel n'est pas possible. Il est alors nécessaire d'employer des techniques dites de réanimation telles que la pose d'une perfusion intraveineuse en utilisant un cathéter. Il s'agit de l'alimentation parentérale.
Enfin, pour certains patients, une sonde disposée directement dans le tube digestif (plus précisément dans l'estomac) permet d'apporter directement au patient les nutriments dont il a besoin à condition que son système digestif ne souffre pas de lésion. On parle dans ce cas d'alimentation entérale.