Coarctation de l’aorte

voir également aorte, cœur (anatomie), circulation sanguine

Diminution d’origine congénitale du calibre de l’aorte (la plus grosse artère : elle part du cœur et son rôle est d’apporter du sang oxygéné à l’ensemble de l’organisme par l’intermédiaire de ses branches terminales). Ce rétrécissement empêche le passage normal du sang dans l’aorte. Il se situe le plus souvent au niveau du thorax.

Il concerne donc la partie descendante de l’aorte thoracique, juste après la naissance des artères sous-clavières destinées aux membres supérieurs.

La coarctation de l’aorte est aussi appelée sténose isthmique.

Il existe plusieurs formes de coarctation aortique selon que la coarctation touche :

  • uniquement l’aorte
  • l’une ou l’autre des sous-clavières (artères irriguant les membres supérieurs)
  • l’aorte abdominale (segment de l’aorte se trouvant dans l’abdomen)

Conséquences

La diminution du calibre de l’aorte provoque une augmentation de la pression artérielle dans toute la partie située avant la coarctation, c’est-à-dire au niveau du cœur, et une diminution de la pression artérielle en aval de la coarctation (après celle-ci).

Ceci explique l’augmentation de la tension artérielle au niveau des membres supérieurs, qui sont irrigués par les artères naissant au niveau de l’aorte avant la coarctation (les artères sous-clavières qui irriguent les membres supérieurs), et la diminution de pression artérielle dans les membres inférieurs.

Le rétrécissement du calibre de l’aorte entraîne un souffle, qui est la traduction du passage difficile du sang à travers la coarctation. Ce souffle est un bruit anormal perceptible à l’auscultation par le cardiologue (souffle systolique d’éjection basal).

Diagnostic

  1. L’artériographie
  2. Cet examen consiste à visualiser les artères de l’organisme après l’injection d’un produit de contraste qui est opaque à l’examen radiographique. Il permet de mettre en évidence le rétrécissement aortique, ainsi que les conséquences de l’augmentation du volume de l’aorte sur les tissus avoisinants (côtes, œsophage).

    L’augmentation du volume du cœur est également mise en évidence à l’aide de l’artériographie.

  3. L’examen cardiologique fait entendre un souffle à l’éjection du sang par le cœur dans l’aorte (premier bruit du cœur).

Symptômes

La coarctation aortique est plus fréquente chez l’homme que chez la femme (3 à 4 fois).

Elle entraîne :

  • Des céphalées (maux de tête)
  • Une dyspnée (essoufflement)
  • Une claudication intermittente (difficulté à marcher due à un défaut d’irrigation sanguine des muscles des membres inférieurs)
  • Une hypertension artérielle (augmentation de la tension artérielle) des membres supérieurs
  • Une hypotension artérielle (diminution de la tension artérielle) des membres inférieurs.

Traitement

Il associe :

  • Un traitement chirurgical qui doit avoir lieu précocement, car la mortalité est relativement importante après vingt-cinq ans.
  • Des antihypertenseurs (médicaments contre l’hypertension artérielle).

Evolution et pronostic

Quand l’intervention chirurgicale intervient suffisamment tôt (pendant l’enfance, vers l’âge de trois ans environ), l’évolution est favorable.

En l’absence de traitement, environ deux des malades sur trois meurent avant 40 ans, par :

  • Infection cardiaque (endocardite infectieuse)
  • Insuffisance cardiaque (insuffisance de fonctionnement de la pompe cardiaque)
  • Hémorragie cérébrale
  • Anévrisme de l’aorte (décollement des parois de l’aorte).