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#51 17-06-2009 12:14:53

kathie
Membre
Date d'inscription: 06-05-2009
Messages: 13

Re: cirrhose et évolution

Bonjour Je suis veuve d'un malade alcoolique. Il faut en effet considérer qu'il s'agit d'une maladie. Mon mari s'est donné la mort il y a 15 ans de cela. C'est dire qu'ils ne s'aiment pas et qu'ils sont conscients de faire du mal.
Je comprends oh combien tu es déçue d'avoir ce père là et que tu n'en puisses plus d'endurer ses insultes. Alors pense à cet instant que ce sont les symptômes de la maladie, qu'il  a perdu toute estime de lui-même. C'est le seul moyen qu'il ait trouvé pour poursuivre.
Reste en retrait au maximum et ne répond pas.
Je ne sais pas si tu préfères vivre ailleurs jusqu'à ce que tu sois autonome, un foyer.... mais cela ne t'empèchera pas de penser à ce qui doit se passer à la maison.
Le décès est également une épreuve, les membres de la famille se culpabilisent. Je te mets en garde là-dessus. On ne peut pas s'arrêter à leur place. Essaie de trouver un groupe Al-anon pour des réunions de soutien aux familles. N'en parle pas à des copines qui n'y connaissent rien et peuvent te blâmer de souhaiter parfois qu'il disparaisse. Prends contact avec des professionnels de la santé.
On te dira peut-être ce qu'il est souhaitable de ne pas faire, car la honte est une proportion importante qui joue dans cette maladie et les amène à boire en plus de la dépendance physique. enfin je ne suis pas toubib... Mais tu peux sans doute en premier lieu chercher le téléphone des Alcooliques Anonymes de ta région et qui vont t'orienter
Attention à ne pas le provoquer du fait de sa violence - préserve toi. Je suis moi-même maman. On peux également rester en contact. bon courage

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#52 17-06-2009 16:31:33

L--13
Nouveau membre
Date d'inscription: 16-06-2009
Messages: 2

Re: cirrhose et évolution

Avant tout Kathie, merci de cette réponse.
A midi il est passé un reportage, sur les hommes violents, et mon père ne s'est pas senti concerné, comme à son habitude.. Pour lui, ce qu'il fait est normal, et il pense nous faire avancer. Il ne veut pas qu'on soit comme lui. " Fais ce que je dis, et non ce que je fais ", c'est son maitre mot. Le problème, c'est qu'il nous fait bel et bien du mal.. Il s'en est un peu plus rendu compte ces derniers temps, parce-qu'avec mon âge, il m'était difficile de l'entendre dire du mal de ma propre famille, de mon petit frère, ou même de ma mère - qui elle, est complètement passive et ne dit jamais rien -, sans rien dire. Le problème, c'est que du coup, il se vexait, et s'énervait encore plus ( il faut dire que j'y allais pas de main morte ). Un soir, il a envoyé un verre vers moi " pour vouloir me faire peur " selon ses propres mots, mais sans vouloir me toucher.. Le verre, en rebondissant sur une rambarde s'est cassé, et m'a atterrit sur la tête.. ça s'est finit à l'hôpital avec 5 points au niveaux du front. Mon père a eut très peur, il s'en voulait et s'en veut toujours. Mais même après ça, il dit que c'est de ma faute; tout en étant conscient de ce qu'il a fait, je n'avais qu'à l'écouter( Je n'avais rien fait, je tiens à le préciser ). Après quoi, je me suis tellement senti mal, que ça s'est ressentit dans mon travail scolaire, et dans mon entourage. Je suis donc allé voir l'infirmière et la psychologue de mon lycée, qui ont ensuite convoqué ma mère. C'est à ce moment là qu'elle s'est réellement rendu compte de mon malêtre.. La psychologue m'a également fait comprendre que la passivité de ma mère était sa force, et que contrairement à ce que je pouvais croire elle n'était pas faible. Elle m'a dit que je ne devais pas essayer d'assurer et le rôle de mère, et le rôle de fille, parce-que c'était trop dur pour moi, et que c'était tout simplement pas à moi de l'assumer.
Depuis ça, j'ai répondu que très rarement à mon père, dont une fois, pour lui dire que ce que je ferais désormais dans la vie, ce serait pour moi, et non plus pour lui, parce-que quoi que je fasse il ne serait jamais satisfait; et pour lui dire que le jour de mes 18 ans, je partirai loin de lui. A jamais.
Je pense à allé habiter chez ma famille à Marseille, il me le dit lui même des fois " t'as qu'à te casser chez ta grand mère " .. Mais pour l'instant, je préfère finir mes années lycée, avoir mon bac, lui prouver qu'il a tord, et ensuite, partir, comme je l'ai dis à mes 18 ans afin de commencer une vraie vie.
Pour la culpabilisation, il essaie lui même de me culpabiliser.. Il me dit que j'aurais sa mort sur la conscience, mais je sais que je n'ai jamais rien fais à part vouloir qu'il s'en sorte et vouloir retrouver mon Papa. Cet homme aigris qu'il est devenu n'est plus le même.. Et quand il mourra ce n'est pas lui que je pleurerai, mais bien mes souvenirs d'enfance qui seront enterrer avec lui. Parce-que même si j'ai cette distance aujourd'hui, j'ai toujours quelque part l'espoir d'un retour, que je n'aurai plus à sa mort..

Rien que le fait d'en parler me libère.. Parce-que je ne peux réellement en parler à personne. Je te remercie Kathie.

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#53 18-07-2009 19:10:50

lyly88
Membre
Date d'inscription: 16-05-2009
Messages: 22

Re: cirrhose et évolution

bonsoir,
ma mère (72 ans) a une cirrhose déclarée depuis 9 ans. Elle a cessé de boire au début puis elle a recommencé un peu, certes, mais c'était déjà trop. A l'heure actuelle, elle en est à un stade où elle ne bouge plus, ne parle plus, ne se nourrit plus (je vous passe toutes les étapes que vous connaissez déjà...). Elle est dans un coma éveillé en quelque sorte. La seule façon de voir qu'elle est encore vivante sont les MOR (Mouvements Oculaires Rapides). Du coup, on ne sait pas si elle entend, ses yeux divaguent d'un côté et de l'autre depuis 3 jours... Elle respire très fort comme si elle luttait pour continuer à vivre..... Est-ce que quelqu'un a connu ce genre de situation ?
C'est long, très long d'attendre la fin (puisque fin il y aura)
Mais je ne peux m'empêcher d'être en colère et de lui en vouloir car elle avait le choix : vivre (arrêter de boire et rester avec nous) ou mourir (continuer à boire et  nous laisser seuls dans la peine). Or, elle a fait son choix "égoïstement". On a eu beau la raisonner, l'aider, mais rien n'y a fait : aucune volonté et "quand on veut, on peut". C'est elle qui l'a voulu. Je vais la voir 2 fois par jour depuis 5 semaines. C'est dur, très dur.... Courage à tous ceux qui vivent la même chose

Dernière modification par lyly88 (18-07-2009 19:12:30)

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