Portrait de Roudoudounet

Bonjour,

Mon épouse est décédée brusquement d'un arrêt cardiaque et je me pose des questions sur ce qui a bien pu se passer.

Le jour précédent son décès, elle me disait qu'elle n'allait pas bien, déjà au réveil. Elle avait des problèmes de nausées et n'arrivait pas à trouver une position pour son corps lui permettant de calmer durablement son mal être. Elle m'a confiée son pressentiment qu'elle était en train de mourir. Je n'ai pas alors vraiment pris sa détresse au sérieux, pensant qu'elle était atteinte de problèmes digestifs passagers comme cela faisait plusieurs semaines que nous en étions victime à tour de rôle, genre grippes intestinales.
Nous avons alors passé la journée à la maison pour qu'elle puisse se reposer en attendant que le mal se dissipe.
Côté repas, mon épouse s'est alimentée uniquement le matin avec un petit-déjeuner léger ; elle s'est ensuite abstenue de manger le midi et le soir jusqu'à son décès. Elle m'a dit être allée plusieurs fois aux toilettes sans toutefois pouvoir évacuer quoi que ce soit.
En début de soirée, comme elle n'allait pas mieux qu'au réveil, au contraire, elle a demandé à notre médecin de famille de venir l'ausculter à la maison. J'étais présent durant cette visite.
Notre médecin lui a d'abord pris la tension, a mesuré 15/8 et a constaté qu'elle était plus élevée que d'habitude.
Il lui a ensuite demandé ce qu'elle ressentait. Elle lui a expliqué ses problèmes de perte d'appétit, de nausées avec éructations et remontées gastriques, de mauvaise haleine, de faiblesse, de fatigue, et le fait qu'elle n'arrive pas à trouver une position pour son corps lui permettant de calmer durablement son mal être. Elle lui a également déclaré qu'elle avait commencé à ne pas se sentir bien depuis une quinzaine de jours avec des difficultés à digérer ses repas et que aujourd'hui la situation allait en se dégradant, prenant une ampleur et une tournure inquiétante. En outre, elle lui a dit qu'une douleur était en train d'irriguer son corps en remontant de son ventre en direction de sa mâchoire et jusque dans ses bras. Cette douleur était perceptible dans son ventre entre l'estomac et les poumons, comme si une barre était implantée horizontalement dans sa poitrine.
Notre médecin lui a alors palpé le ventre et elle a exprimé ressentir une vive douleur insupportable quand il lui a appuyé juste en dessous des côtes, sur le côté gauche.
Notre médecin a diagnostiqué une inflammation de l'œsophage. Il lui a prescrit par ordonnance le médicament « Oméprazole 10 mg » à prendre sous la forme d'un comprimé le soir pendant 28 jours. Il lui a dit qu'elle pouvait prendre 2 comprimés à la première prise et que ses douleurs devraient disparaître au cours des 24 heures suivantes. Si ce n'était pas le cas, il faudrait qu'elle vienne le consulter à nouveau. Il a également évoqué l'éventualité de pratiquer une fibroscopie dans le cas où ce traitement se révèlerait insuffisant, afin d'explorer la paroi interne de l'œsophage. Étant donné l'heure tardive de la présente consultation, il a indiqué que le début du traitement pouvait commencer seulement le lendemain, mais a précisé que cela pouvait être préférable de prendre les premiers comprimés le soir même pour passer une nuit plus tranquille.
Ma femme lui a fait part de son angoisse d'être victime d'un malaise cardiaque, angoisse liée au mal être et aux douleurs qu'elle ressentait, mais également aux importants facteurs de risques auxquels elle était soumise : traitement médical pour hypertension, sur-poids, et surtout antécédents familiaux avec un père décédé d'une crise cardiaque à 51 ans.
Notre médecin s'est alors montré sûr de lui. Il a rassurée mon épouse en lui confirmant son diagnostic d'une œsophagite et en lui expliquant de manière scientifique et cartésienne qu'elle ne pouvait en aucun cas être victime d'un malaise cardiaque : étant donné le fonctionnement du cœur qui joue le rôle d'une pompe aspirant et refoulant le sang, la survenue d'un infarctus provoque tels et tels symptômes, ce qui n'était pas son cas.
Quand notre médecin est reparti, je suis donc allé à la pharmacie de garde acheter le médicament prescrit et mon épouse a pu commencer son traitement le soir même.
Ensuite je suis allé dormir dans notre chambre à coucher à la fin du film passé en troisième partie de soirée à la télévision, tandis que mon épouse est restée installée au salon en attendant que son mal se dissipe. La chambre à coucher est placée au-dessus du salon dans notre maison, et les deux pièces sont séparées par un simple plancher en bois.
Environ 30 minutes plus tard, j'ai été réveillé en sursaut par des râles émis par mon épouse. J'ai alors accouru affolé auprès d'elle. Elle était allongée sur le dos sur notre clic-clac ouvert en position lit. Elle avait perdu conscience et ne répondait pas à mes appels. Elle avait les yeux révulsés, les bras en croix tendus de part et d'autre du corps, la mâchoire crispée en position fermée, et elle émettait des râles venant du fond de sa gorge. Ces symptômes me faisaient penser à un état épileptique.
J'ai tenté dans un premier temps de lui ouvrir la bouche pour lui sortir la langue, de peur qu'elle ne s'étouffe en l'avalant. Voyant que je n'y arrivais pas, je l'ai placée sur le côté en position latérale de survie. Dans cette position, sa respiration a semblé redevenir normale et profonde, comme si elle plongeait dans un profond sommeil.
J'en ai profité pour appeler les secours en composant le 15. En panne de téléphone fixe et en présence d'une communication radio-téléphonique de mauvaise qualité, j'ai couru de pièce en pièce à travers la maison pour trouver une position me permettant un dialogue suffisamment clair avec les services de secours.
Après avoir lancé cette alerte, je suis retourné immédiatement auprès de mon épouse pour lui porter assistance. Quand je suis arrivé dans le salon, elle était à nouveau en position allongée sur le dos, mais elle ne respirait plus, son visage était cyanosé de couleur violacée, le menton appuyé contre sa poitrine.
J'ai alors crié de douleur et j'ai été pris de panique devant le corps inerte de mon épouse. Je l'ai appelée dans l'espoir de la réveiller, mais en vain. Ensuite, j'ai recontacté le 15 avec toutes les difficultés de mauvaises communications radio-téléphoniques pour décrire la situation et demander quels gestes de première urgence prodiguer à mon épouse. On m'a expliqué comment faire un massage cardiaque, mais il fallait au préalable placer le corps de mon épouse sur le sol. Ne réussissant pas à soulever le corps de mon épouse du cli-clac sur lequel elle était allongée, j'ai essayé de lui faire un massage cardiaque dans cette position. Cela ne marchait pas à cause de la souplesse du matelas et du sommier. Je me suis alors concentré sur la pratique du bouche-à-bouche. J'ai réussi à lui desserrer la mâchoire et à lui insuffler de l'air dans le poumons à intervalles réguliers, qu'elle expulsait dès que je décollait ma bouche de la sienne.
Après un temps qui m'a paru une éternité, notre médecin de famille est arrivé pour m'aider. Ensemble nous avons pu déposer le corps de mon épouse sur le sol. Il a alors pratiqué un massage cardiaque et en alternance, j'ai continué à pratiquer le bouche-à-bouche. Ensuite, les pompiers ont pris le relai en utilisant un appareillage avec masque à oxygène. Ils m'ont alors fait sortir de la pièce et m'ont tenu à l'écart en présence d'autres pompiers. Enfin, le SAMU est arrivé et à poursuivi les secours.
Mon épouse n'a pas pu être ranimée. Notre médecin de famille a alors rempli un avis de décès indiquant qu'elle est morte suite à un infarctus du myocarde.

A la lumière de ce récit sur les circonstances du décès de mon épouse, les symptômes et le déroulement évoqués permettent-ils de répondre aux questions suivantes :
1. Mon épouse est-elle bien décédée d'un infarctus du myocarde ?
2. D'autres causes sont-elles possibles :
2.1. étouffement au cours d'une crise d'épilepsie ?
2.2. effets secondaires du médicament Oméprazole ?
2.3. autres … ?
3. Notre médecin de famille a-t-il fait une erreur en écartant la possibilité d'un infarctus lors de son diagnostic initial ?
4. A-t-il commis une autre erreur en voulant rassurer mon épouse et en confirmant son diagnostic initial de manière certaine et péremptoire (trop forte confiance en lui-même) ?
5. Lorsque mon épouse avait perdu conscience et qu'elle respirait encore, aurais-je pu la sauver :
5.1. en trouvant un moyen de lui ouvrir la mâchoire et de lui sortir la langue de la bouche ?
5.2. si je ne l'avais pas placée en position latérale de survie (cette position n'était peut-être pas adaptée dans ces circonstances) ?
5.3. si, au contraire, je l'avais maintenue en position latérale de survie jusqu'à l'arrivée des secours ?

Merci par avance pour tous les éclaircissements que vous pourrez m'apporter.

Portrait de M7R3
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Bonjour,

Je ne répondrais pas sur l'aspect médical de vos questions, mais uniquement à vos questions portant sur des techniques de secourisme pur (question 5 donc) :

5. Devant une victime inconsciente qui respire, il faut placer celle-ci en position latérale de sécurité puis procéder, si possible, à la libération des voies aériennes (ouvrir la bouche en somme).

5.1. Fut un temps, en secourisme, nous utilisions les embouts Sabatier, sorte de grosse vis que nous "vissions" dans la bouche de la victime afin de la lui ouvrir à tout prix. Cette technique n'est plus employée. Dites-vous bien qu'on peut tout à fait respirer par le nez, l'avantage de respirer par la bouche étant que la ventilation est tout de même plus aisée.
Concernant la langue : le fait d'avaler sa langue est une légende urbaine. Le principal risque lorsqu'on est inconscient, est de voir la langue de la victime se relâcher entièrement et tomber vers le bas (vers la gorge donc), obstruant ainsi les voies aériennes. Le fait de placer la victime en PLS et de procéder à la libération des voies aériennes (encore une fois, lorsque c'est possible), supprime ce risque.
J'en profite pour rappeler que l'inconscience est une urgence vitale ! Devant une personne inconsciente qui respire, il faut absolument la placer en PLS et ce quelque soit la cause du malaise ou les circonstances de survenue (traumatisme en particulier).

5.2. Voir réponse précédente : victime inconsciente qui respire = PLS.

5.3. Lorsqu'une victime ne respire plus, il faut, après avoir passé l'alerte si ce n'était déjà fait (auquel cas, rappeler pour annoncer l'arrêt de la respiration), placer la victime sur le dos sur un support solide (pour éviter, comme vous l'avez noté, que les compressions thoraciques ne soient inefficaces car "absorbées" par le support). Il faut alors commencer la réanimation cardiopulmonaire : 30 compressions thoraciques (à un rythme de 100/min) puis 2 insufflations (bouche à bouche ou ou bouche à nez si la bouche ne s'ouvre pas), et ce, en alternance jusqu'à l'arrivée des secours constitués qui prendront la relève.
Si un défibrillateur automatisé externe est disponible, le mettre en oeuvre dès que possible et écouter ses instructions.

En espérant avoir répondu à quelques unes de vos interrogations, n'hésitez-pas si vous avez besoin de plus de renseignements.

Portrait de Roudoudounet
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Bonjour,

Je ne sais pas si c'est important, mais j'ai oublié de mentionner que ma femme avait déjà fait l'objet de complications cardio-vasculaires : elle avait été soignée contre une phlébite aux membres inférieures, survenue environ une quinzaine d'années avant son décès, suite à une fausse couche avec opération chirurgicale (curetage utérien).

Merci par avance pour tous les éclaircissements que vous pourrez m'apporter.

Portrait de SeYa
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Je n'ai pas le niveau nécessaire pour vous répondre et encore moins pour juger si il y erreur ou pas, mais un infarctus du myocarde peut bien prendre une forme un peu plus atypique "digestive" (nausée, vomissement...) donc le diagnostic final du médecin semble être le plus probable .
Effets secondaire de l'oméprazole je pense que vous pouvez l'écarter.

j'espère que quelqu'un pourra vous aider plus précisément
Cordialement

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