Portrait de Invité

Bonjour

Je voudrais savoir si l'intoxication au café peut provoquer en dehors des palpitations, insomnie et autre, un "relachement" de la peau.

Il m'arrive d'arrêter d'en boire pendant quelque temps, et lorsque j'arrête il me semble que mon teint devient plus clair et ma peau plus tendue.et moins rougeâtre

Peut être est-ce simplement une impression mais les gens me disent que je suis "mieux"

Pensez-vous réellement que cette amélioration soit due à l'absence de caféine.

Merci de bien vouloir me répondre

Portrait de maryread
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L'addiction au café : ça existe.
Voici un témoignage :
Illustration : Addiction au café (jeune femme, étudiante) , addiction de la vie quotidienne (Loonis, 1999).
« J’ai une grosse dépendance au café. Le matin, surtout le matin sans sucre sans lait et super noir et super fort, parce que sinon, j’arrive pas à me réveiller et j’ai mal à la tête, je suis énervée pendant quatre jours, si j’ai pas eu mon café ».
« Tous les matins. Et si je ne le prends pas au matin, si je le prends vers quatre heures de l’après-midi, c’est foutu aussi. C’est dès le réveil, la cafetière et puis voilà.
Parfois, je la programme, même, pour être sûre quand j’ai pas le temps le matin pour faire le café ».
« C’est complètement physique. J’ai pas besoin de manger, si je prends mon café. Je prends du café toute la journée. Le café turc aussi, c’est bien fort, c’est bien bon mais il me faut plein de quantité. En fait, je bois du café comme on boit de l’eau. D’ailleurs quand j’ai pas de café, c’est horrible. Je suis prête à payer n’importe quel prix à l’épicerie du coin ».
« Par contre, quand je vais chez mes parents, c’est horrible parce que eux ils boivent le café, heu, c’est du jus de chaussette leur café et ça me rend malade aussi parce qu’il n’est pas fort et corsé et qu’il déchire pas, alors je trouve ça dégueulasse, on dirait de l’eau et ça me donne mal à la tête. Mais je me refais du café, après quand ils sont partis et en cachette parce qu’ils n’aiment pas que je bois du café fort ».
« Parce que c’est quand même dangereux le café, peut-être… ça rend nerveux, cardiaque, toutes ces conneries-là, non ?
« Oui, je suis tout à fait dépendante du café, mais c’est pas grave, c’est pas comme une dépendance à la cigarette, c’est moins dangereux. A la drogue, à l’alcool, c’est beaucoup plus dangereux ».
« Oui, peut-être que la cigarette à avoir avec le manque de quelque chose… Qu’est-ce que je peux dire la-dessus ? Le café, il a comblé quel manque ? Ben, le manque de sommeil, tout simplement (elle rit). Bon, voilà combler un manque de sommeil c’est pas dramatique et c’est pas amoral. C’est vrai que je dors pas beaucoup, ça me fait chier de dormir, il y a trop de truc à faire, alors pourquoi dormir, c’est une perte de temps ».

Premier critère de l’addiction : le surinvestissement
L’activité addictive devient la chose la plus importante dans la vie de la personne. Elle domine ses pensées (préoccupations et distorsions cognitives), ses sentiments (désir excessif : craving) et ses comportements (détérioration des comportements socialisés avec certaines addictions).
Le surinvestissement apparaît ici sous la forme d’un envahissement de la vie du sujet par l’activité (« Le matin, surtout le matin », « Je prends du café toute la journée »). Le surinvestissement apparaît bien dans la durée, les préoccupations, le désir, l’investissement financier. Le surinvestissement n’empêche pas pour la buveuse de café d’avoir d’autres activités adaptées. Elle consomme du café finalement comme une stratégie pour ne pas dormir ou dormir moins et faire des tas de « trucs ». Elle ne parle pas d’addiction mais de dépendance (« je suis tout à fait dépendante du café »). Le surinvestissement n’a pas un caractère négatif et montre le caractère adaptatif de l’addiction au café (il sert à faire un tas de trucs). C’est une sorte de surinvestissement stratégique, choisi, délibéré, pouvant remplir des fonctions et poursuivre des buts dont le sujet est plus ou moins conscient. Ce constat nous amène à comprendre qu’une addiction plus pathologique que l’addiction au café doit correspondre à un surinvestissement beaucoup plus contraignant.

Deuxième critère de l’addiction : le conflit
Le conflit en rapport avec l’addiction est :
1. Externe : la personne addictée est confrontée aux pressions que son entourage exerce sur elle pour qu’elle réduise ou arrête une activité perçue comme trop envahissante et dangereuse.
2. Interne : la personne addictée est confrontée à ces choix continuels pour un plaisir et un soulagement à court terme qui conduisent à ignorer les conséquences négatives à plus long terme. Des conséquences qui accroîtront le besoin apparent pour l’addiction, comme stratégie pour faire face à la souffrance conséquente et aux conséquences négatives.
Pour notre buveuse de café, les conflits interne et externe sont bien présents.
« Mais je me refais du café, après quand ils sont partis (ses parents) et en cachette parce qu’ils n’aiment pas que je bois du café fort ».
« Parce que c’est quand même dangereux le café, peut-être… ça rend nerveux, cardiaque, toutes ces conneries-là, non ? » .

Troisième critère de l’addiction : le manque
Le manque correspond à des sentiments de déplaisir et/ou des effets physiques négatifs quand l’addiction est interrompue ou soudainement réduite.
« parce que sinon, j’arrive pas à me réveiller et j’ai mal à la tête, je suis énervée pendant quatre jours, si j’ai pas eu mon café ». « C’est complètement physique ». « il me faut plein de quantité ». « quand j’ai pas de café, c’est horrible ».
Tout comme pour la drogue, le manque peut s’exprimer pour une addiction de la vie quotidienne de façon physique et/ou psychique. On peut se sentir « énervé, en manque » ou ressentir un inconfort moral, une sorte de nostalgie. Mais il peut également en pas apparaître
(addiction passion, plaisir ; déni du manque (« j’arrête quand je veux »).

Quatrième critère de l’addiction : le soulagement.
Les effets de l’addiction sont si puissants qu’il apparaît un rebond de contre-effets quand elle cesse (c’est le manque) et quand ce manque arrive à un certain niveau, la seule façon d’éviter les sentiments pénibles est de trouver un soulagement en reprenant l’addiction à la première opportunité.
Chez notre buveuse de café, le soulagement n’est pas perceptible directement, on le perçoit cependant en écoutant ses propos : « Le matin, surtout le matin sans sucre sans lait et super noir et super fort». « Tous les matins ». « C’est dès le réveil, la cafetière et puis voilà ». « Mais je me refais du café, après ».
L’expression du soulagement peut être rendue invisible pour les mêmes raisons que le manque (l’équilibre prévenant le manque diminue l’impression de soulagement ; le déni est toujours actif afin de préserver une image de soi acceptable).

Cinquième critère de l’addiction : la rechute et le rétablissement
Il s’agit de la tendance à des retours répétés vers les anciens modèles de comportements addictifs (soit de manière très souple, insidieuse, soit de manière brutale comme dans l’alcoolisme, le tabagisme ou la toxicomanie) et dans les cas les plus extrêmes, un haut niveau d’activité addictive peut être rapidement restauré, même après plusieurs années d’abstinence. La rechute et le rétablissement ne sont perceptibles qu’à partir d’une évaluation diachronique et rétrospective portant sur plusieurs mois ou années. Pour cette raison, nous ne pouvons rien dire ici concernant notre buveuse de café qui semble ne s’être jamais arrêtée.

Pour notre addicté au café, la souffrance psychique se révèle à la fin de l’interview. Quand elle déclare « ça me fait chier de dormir, il y a trop de truc à faire, alors pourquoi dormir, c’est une perte de temps », nous devons comprendre que sa véritable addiction « addiction primaire » n’est pas une addiction au café mais une addiction aux activités, à l’hyperactivité. La souffrance psychique se situe dans cette course en avant, effrénée « tout un tas de trucs à faire » qui empêche le sommeil. L’insomnie (symptôme typique de la dépression) mise au profit de l’hyperactivité génère un manque de sommeil (rationalisé au passage afin d’en dénier les soubassements psychiques plus profonds en terme de souffrance « combler un manque de sommeil c’est pas dramatique et c’est pas amoral », qui doit être comblé par ce qui ne représente qu’une addiction secondaire, conséquente, stratégique, l’addiction au café.

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