Terme issu du grec thrix : cheveux.
Synonyme : trichinellose, Trichinella spiralis, Trichina spiralis, maladie des grosses têtes (commun).
Affection due à l’ingestion de viande de porc trichinée, c’est-à-dire infestée par un ver : la trypsine, parasite appartenant à l’ordre des nématodes et dont la forme adulte se rencontre dans l’intestin du porc.
Cycle
Les larves enkystées sont libérées sous l’action de la pepsine qui est un suc (liquide permettant la digestion des aliments) digestif, envahissent la paroi de l’intestin grêle puis se transforment en vers adultes. Après une semaine, les vers femelles pondent des larves qui envahissent les muscles striés (muscles permettant les mouvements volontaires) où elles s’enkystent, transformant radicalement l’architecture et la structure des muscles.
Quelquefois, l’individu arrive à expulser des vers adultes grâce à ses défenses immunitaires. Néanmoins, les réponses immunitaires sont inefficaces sur les larves enkystées.
La trichinose est très rare en France, ainsi que dans les pays qui sont soumis à une surveillance vétérinaire et où la viande de porc subit une cuisson prolongée. Elle survient sous forme d’épidémies et est provoquée quelquefois par l’ingestion de viande de cheval (quand elle est consommée crue) ou de sanglier. Dans certains pays d’Asie ou d’Afrique, la trichinose peut aussi être contractée par l’ingestion de viandes d’autres animaux, le chien, l’ours ou le morse dans les régions nordiques.
On pense que 50 % des cas de trichinose ne sont probablement pas diagnostiqués.
Symptômes :
La plupart des infections sont bénignes et asymptomatiques (sans signe). La plupart des infections modérées (inférieures à 10 larves par gramme de muscles) passent inaperçues alors que les infections sévères (supérieures à 50 larves par gramme de muscles) sont susceptibles d’être à l’origine d’une pathologie gravissime.
Alors que les parasites envahissent le tube digestif pendant la première semaine après l’infection, ils peuvent à ce moment-là être à l’origine de :
- diarrhée
- troubles digestifs
- douleurs abdominales
- nausées
- constipation
- vomissements. Il semble que des diarrhées prolongées et à répétition soient le résultat d’une infection itérative (réitérée, répétée).
Ensuite, à partir de la deuxième semaine après l’infection, les larves de trichinella migrent à travers la circulation sanguine provoquant :
- hyperthermie (fièvre)
- hyperéosinophilie (augmentation d’une variété de globules blancs, significative de parasitose = présence de parasite dans le sang)
- œdème facial (du visage)
- œdème des paupières
- œdème périorbital (autour des orbites)
- hémorragies de la conjonctive, de la rétine et des ongles.
D’autres signes peuvent survenir moins souvent :
- toux
- difficulté à respirer
- céphalées (maux de tête)
- éruption (apparition de petites plaques).
Enfin, plus rarement la trichinose peut entraîner :
- troubles cardio-vasculaires à type de myocardite (inflammation du muscle cardiaque)
- tachyarythmie (accélération avec trouble du rythme)
- défaillance cardiaque (impossibilité pour la pompe cardiaque d’assurer son travail).
Il peut apparaître très rarement :
- une encéphalite
- une pneumonie précedent la mort du patient.
Plus tardivement, vers la troisième semaine après l’infection, apparaîssent les symptômes de l’atteinte musculaire qui sont :
- une faiblesse des muscles
- des douleurs musculaires
- des oedèmes. Ce sont spécifiquement les muscles de la mâchoire, les muscles situés autour des yeux, du cou, des biceps, du dos et du diaphragme qui sont les plus souvent atteints.
Diagnostic
L’interrogatoire doit permettre de mettre en évidence la consommation de viande à risque. Ce sont essentiellement les oedèmes autour des yeux, les douleurs musculaires et le repas suspect qui vont aider à poser le diagnostic.
Evolution
Quand il n’existe pas de signe d’encéphalite ou de pneumopathie, l’état du patient s’améliore très progressivement.
Labo
- Elévation très importante du taux des éosinophiles (variété de globules blancs augmentant en cas de parasitose) chez environ 90 % des patients, quand le prélèvement est effectué entre la deuxième et la quatrième semaine après l’infection.
- Augmentation des enzymes musculaires (lactate deshydrogénase, créatine phosphokinase, aspartate aminotransférase).
- Le taux dans le sang des immunoglobulines est élevé
- Un test pratiqué dans certains laboratoires, le test de floculation à la bentonite, permet habituellement de doser l’augmentation des anticorps spécifiques (anticorps qui s’élèvent dans ce type d’infection) à partir de la troisième semaine d’infection.
- En cas de doute sur le diagnostic, il est nécessaire d’effectuer une biopsie dont la quantité doit être de 1 g minimum sur le muscle atteint. Le rendement est plus élevé sur les insertions tendineuses. Le tissu musculaire qui est recueilli doit être pressé après entre deux lames de verre et examiné au microscope. En effet, les sections habituellement utilisées sont susceptibles de passer à côté des larves (Léo X. Liu Peter F.Weller in Harrison-1995).
Traitement
Repos allongé.
En cas de myosite (inflammation des muscles) très importante, certains médecins ordonnent de la prednisone (cortisone). Ce traitement est également valable en cas de myocardite (inflammation du muscle cardiaque).
Le mébendazole semblent actif au moment des troubles digestifs occasionnés par le passage du parasite à ce niveau. Néanmoins, il ne semble pas efficace contre les larves enkystées.
Prévention
Elle passe par la cuisson du porc jusqu’à disparition de sa coloration rose ou par congélation à
–15°C° pendant trois semaines.
Pour les individus consommant de la viande de morse ou d’ours, il est nécessaire de savoir qu’une souche de trichinose, la trichinose spiralis var. Nativa, est plus résistante et est susceptible de rester vivante malgré la congélation.