Thrombus
Physiologie
Plus précisément, la coagulation, à l'origine de la formation d'un caillot sanguin, permet l'arrêt d'un saignement dû à une blessure entre autres. Cette coagulation fait tout d'abord intervenir un premier caillot sanguin de coloration blanche (clou plaquettaire ou thrombus blanc) qui est provoqué par l'agrégation des plaquettes entre elles : il s'agit de l'hémostase primaire. La phase suivante est l'hémostase secondaire ou coagulation proprement dite, correspondant à une succession de réactions en cascade où interviennent des protéines qui sont normalement présentes dans le sang et plus précisément dans le plasma (400 g par litre de sang). Ces protéines sont normalement dans un état inactif jusqu'à ce qu'intervienne l'activation qui est déclenchée quand certaines protéines, et plus particulièrement le facteur XII, appelé également facteur Hageman, entrent en contact avec la paroi d'un vaisseau dont l'intérieur (endothélium) a été abîmé ou est anormal. À cet instant, le contact déclenche la chaîne d'activation des protéines du plasma qui aboutit à la formation du caillot. Les facteurs intervenant dans cette cascade de la coagulation sont au nombre de 13. Ils entrent dans cette chaîne complexe de réactions qui a pour résultat de transformer une protéine soluble, le fibrinogène, en une protéine insoluble : la fibrine. La fibrine est en quelque sorte le squelette du caillot nouvellement constitué.Le caillot est donc le résultat de la transformation du fibrinogène (qui est une variété de protéines), en fibrine (autre variété de protéines). Le fibrinogène contenu dans le plasma sanguin est fabriqué par le foie et joue un rôle important dans la coagulation sanguine. Le fibrinogène est également appelé facteur I de la coagulation, il s'agit d'un précurseur de la fibrine qui fait partie de la cascade précédemment décrite. La thrombine, autre élément entrant en jeu dans la coagulation sanguine, est une autre protéine du sang capable d'activer la fibrine. Quand la thrombine a activé le fibrinogène, celui-ci se transforme en fibrine. Cette fibrine va ensuite se polymériser, c'est-à-dire effectuer l'accolement de nombreux monomères (morceaux) et devenir insoluble car ayant acquis une stabilisation par l'intervention d'un autre facteur : le facteur XIII. À partir de là, un ensemble de protéines est réuni, constituant une espèce de bouchon dont le but est d'arrêter le saignement : c'est l'obturation de la plaie par le caillot définitif.La formation du caillot va permettre d'arrêter relativement rapidement le saignement des vaisseaux de petit calibre quand ceux-ci subissent un traumatisme (une plaie par exemple). Il existe des circonstances où on ne constate pas de traumatisme mais qui s'accompagnent néanmoins d'une hémorragie : c'est le cas des règles et dans ce cas également, le caillot joue un rôle d'hémostase (arrêt de l'hémorragie).Le thrombus apparaît dans des conditions pathologiques, c'est-à-dire qu'il se constitue accidentellement dans un vaisseau susceptible alors de se boucher. Ce type de caillot survient dans les artères et dans les veines. Quand il se situe dans les veines, il est à l'origine des thrombophlébites, elles-mêmes susceptibles d'entraîner une embolie pulmonaire (présence de caillot sanguin à l'intérieur de la circulation sanguine des poumons). Quand les caillots se constituent à l'intérieur des artères de la circulation générale de l'organisme, ils sont quelquefois source de thromboses artérielles dans les coronaires (vaisseaux de vascularisation du myocarde, c'est-à-dire du muscle cardiaque), dans les artères cérébrales (à l'origine d'accidents vasculaires cérébraux : attaque cérébrale) ou dans la circulation périphérique à l'origine de thromboses artérielles, c'est-à-dire d'une diminution du calibre, voire de l'abolition du passage sanguin dans les artères.Physiologiquement, c'est-à-dire normalement, chez un individu en bonne santé, les caillots se dissolvent au bout de plusieurs jours, grâce à l'intervention d'un processus naturel appelé la fibrinolyse. Quand cela est nécessaire, c'est-à-dire en présence d'une thrombose, il est possible d'accélérer la fibrinolyse : on parle alors de thrombolyse. Dans certains cas, il est nécessaire d'intervenir chirurgicalement et de procéder à une désobstruction artérielle.