Poliomyélite
Symptômes
L'infection n'entraîne pas systématiquement une maladie (on parle alors de forme bénigne ou forme abortive). En effet, le virus de la poliomyélite n'est à l'origine d'une poliomyélite paralysante (appelée également forme maligne et pouvant entraîner une paralysie ou pas) que dans quelques cas seulement. Pour les deux formes, les signes de début sont identiques.
Pour la forme bénigne qui correspond à 80 à 90 % des infections et qui survient essentiellement chez les jeunes enfants, le plus souvent en été et en automne, le virus n'atteint pas le système nerveux central. L'incubation (correspondant à une période silencieuse pendant laquelle les germes se développent dans l'organisme sans apparition des symptômes) dure une semaine environ, on remarque, trois à cinq jours après l'exposition au virus, l'apparition de :
un état infectieux de type grippal
des troubles intestinaux
Des courbatures
Une fièvre élevée
Des douleurs musculaires
Une sensation de malaise
Une angine
Des vomissements
Pour la forme maligne
Des céphalées violentes (maux de tête vifs)
Une raideur de la nuque et du dos
Des douleurs musculaires profondes qui traduisent une méningite dite à liquide clair correspondant à une inflammation des méninges (membranes de recouvrement et de protection du système nerveux central)
Des spasmes musculaires
Une rétention d'urine (quelquefois)
L'apparition d'une paralysie qui s'installe en quelques jours, parfois quelques heures, et toujours pendant les phases fébriles (périodes pendant lesquelles le malade a de la fièvre). Cette période dure environ une semaine. Ces paralysies sont irrégulières, touchant différemment une partie ou l'autre partie du corps (asymétrie) et s'accompagne d'une absence de réflexes des zones concernées. Le réflexe est une réponse motrice (entraînant un mouvement) brève, instantanée et involontaire de l'organisme grâce à une action de système nerveux. Ces réponses sont secondaires à une stimulation sensitive. La réponse sensitive est en rapport avec les sensations transmises par les nerfs sensitifs par l'intermédiaire des terminaisons nerveuses. L'exemple le plus connu du grand public est celui du réflexe rotulien qui consiste à frapper d'un coup bref mais suffisamment violent le tendon situé au-dessous de la rotule. Ce geste entraîne un redressement de la jambe quand l'individu n'oppose aucune résistance et ne présente pas d'atteinte du système nerveux. Ces paralysies présentent d'autre part la caractéristique d'être totales pour certains muscles et partielles pour d'autres muscles, avec une atrophie (diminution du volume) dont l'installation est rapide (membres, colonne vertébrale, abdomen, muscles respiratoires et muscles permettant la déglutition (qui permettent d'avaler) dans les cas les plus graves. Il existe des facteurs qui prédisposent aux lésions neurologiques graves : ablation des amygdales effectuée récemment, vaccins (D.T. polio), grossesse, exercice physique intense au début de la période où le système nerveux est touché.
La présence de dysphagie (difficulté à avaler), de régurgitation par le nez, d'une voix nasonnée sont des signes précoces de l'atteinte du bulbe rachidien (zone du système nerveux située en arrière du cervelet au-dessus de la moelle épinière et au-dessous du cerveau)