voir également cuivre, Wilson (maladie de)
Maladie héréditaire, estimée à 1 pour 250 000 naissances, dont la transmission se fait suivant le mode gonosomique récessif (pour que l'enfant ait la maladie, il est nécessaire que les deux parents portent l'anomalie génétique sur un chromosome sexuel).
L'anomalie chromosomique a été localisée sur le chromosome X. et plus précisément en X.q.13.
Elle est à l'origine d'un transport inadapté du cuivre se faisant par l'intermédiaire d'une protéine à l'intérieur des cellules. Ceci altère la fonction d'une enzyme destinée au fonctionnement du cuivre dans l'organisme. Ce dysfonctionnement est à l'origine des symptômes de la maladie.
Un scientifique du nom de Danks avait remarqué que les enfants atteints de cette maladie présentaient des cheveux décolorés, de la même couleur que la laine des moutons élevés en Australie sur les sols contenant une faible teneur en cuivre. C'est de cette manière que le rôle du cuivre a été découvert.
Le cuivre s'accumule sous une forme qui n'est pas toxique dans les cellules de tous les tissus de l'organisme, et tout particulièrement une variété de globules blancs : les fibroblastes. Le seul organe à ne pas être envahi par le cuivre est le foie.
Ce trouble du métabolisme (assimilation et distribution) du cuivre est à l'origine de nombreuses pathologies de l'organisme. Il entraîne des anomalies du tissu conjonctif (tissu de soutien de nombreux organes du corps) liées à un défaut de l'élastine (protéine participant au tissu conjonctif).
Ces anomalies entraînent des altérations des artères, à l'origine de pathologies : anévrisme (distension), sténose (rétrécissement), thrombose (oblitération).
Le tissu nerveux (cervelet et cerveau) est également touché.
Symptômes
- Atteinte des jeunes garçons de 3 à 6 mois
- Retard de croissance à début intra-utérin (avant la naissance) avec prématurité (l'enfant naît avant terme)
- Aspect particulier du visage : les lèvres et les joues sont tombantes, l'enfant est joufflu, les sourcils sont absents.
- Les cheveux sont anormaux : grisâtres, cassants, rares et décolorées. Il existe des zones d'alopécie (chute de cheveux) au niveau des tempes et de l'occiput (en arrière du crâne). Leur examen au microscope permet de déceler une forme en spirale appelée "pili torti "
- Faible pigmentation (coloration de la peau)
- Modification du tissu osseux
- Trouble de la coagulation avec survenue de thrombose (caillot sanguin)
- Pathologie artérielle à type de rupture des artères
- Hémorragies au niveau des méninges et des intestins.
- Diminution de la température du corps (hypothermie), qui est parfois permanente et s'accompagne de problèmes infectieux
- Détérioration neurologique progressive s'accompagnant d'une hypotonie axiale (perte du tonus musculaire qui permet de maintenir le tronc droit), d'une spasticité (contraction sous forme de spasmes des différentes régions de l'organisme), et de convulsions (contractions involontaires et transitoires des muscles).
- Atteinte des voies urinaires avec apparition de diverticules de la vessie (cavité anormale se terminant en cul-de-sac à la manière d'un doigt de gant, communiquant avec un conduit naturel, en l'occurrence la vessie) et des uretères (conduit amenant l'urine des reins vers la vessie). Ceci favorise les infections urinaires.
Diagnostic
- Le scanner de l'encéphale (système nerveux contenu dans le crâne) décèlent une diminution de volume du cerveau et du cervelet.
- L'artériographie (mise en évidence radiologique des artères après injection d'un produit de contraste) montre des artères tortueuses dont le calibre est variable, fait de dilatations et de rétrécissements.
- La radio montre une ostéoporose qui touche le squelette et se caractérise par une diminution de la masse osseuse accompagnée d'une altération de l'architecture de ces tissus, susceptible d'entraîner un risque de fracture plus élevé. Il existe également des calcifications (dépôts de minéraux) situées en dessous du périoste (membrane de nature fibreuse entourant les os et jouant un rôle de premier plan dans leur croissance et leur vascularisation).
Labo
Le dosage du cuivre sanguin est abaissé.
Traitement
Il a pour but d'administrer du cuivre par voie injectable (histidinate de cuivre). Malheureusement, si ce traitement n'est pas commencé suffisamment tôt, c'est-à-dire avant l'apparition des symptômes, il ne modifie pas de façon significative l'évolution neurologique.
Quand le traitement est débuté tôt, peu après la naissance, les résultats sont meilleurs mais de façon inconstante. Il existe néanmoins un risque de surdosage en cuivre qui nécessite une surveillance du traitement particulièrement étroite.
Evolution
En dehors d'une prématurité, la naissance est normale puis, vers l'âge de 2 à 4 mois, surviennent des problèmes de développement : l'enfant ne se développe plus sur le plan psychologique et intellectuel, son tonus musculaire (" force musculaire ") s'épuise progressivement, et s'accompagne de crises d'épilepsie difficile à contrôler.
Dès la première année, le contact entre l'enfant et son entourage devient de plus en plus difficile. La tonicité et la force musculaire du tronc et des membres diminuent beaucoup. Les spasmes sont de plus en plus nombreux et le décès survient généralement avant 4 à 5 ans.
Dans certains cas, les enfants présentent une évolution comparable mais leur survie est prolongée jusqu'à l'âge de 10 ans. Néanmoins, les problèmes neurologiques demeurent.
Prévention
La biologie moléculaire permet de faire une étude familiale et un diagnostic anténatal.