inscription newsletter

Jalousie (approche psychologique)

  • Imprimer
  • Envoyer à un ami
  • Forum
  • Images

Définition

La jalousie est un sentiment d'inquiétude susceptible d'aboutir à un véritable tourment, des douleurs de la part de quelqu'un qui éprouve le désir de posséder de manière exclusive envers une personne désirée et craignant éventuellement une infidélité, une trahison. Ce sentiment de dépit mêlé d’envie, est le résultat de ce qu'un autre obtient ou ce que l’on aurait voulu obtenir ou détenir.

La jalousie est le plus souvent le résultat, parfois imaginaire, de la crainte que l'être aimé choisisse et préfère quelqu'un d'autre. Généralement la jalousie va de pair avec la frustration, la passion, la colère et bien entendu une angoisse accompagnée de douleurs et de souffrance.

S'il existe un sentiment naturel d'avoir peur de perdre l'autre ou d'être abandonné au profit d'une autre personne, il est possible de se questionner sur la valeur du sentiment amoureux par rapport à la notion de jalousie et s'il est possible de distinguer les deux concepts. Comme l'écrivait Cervantès la jalousie est le tyran du royaume de l'amour.

La jalousie peut éventuellement provenir de la notion de propriété sans toutefois confondre le besoin de dominer l'autre et d'avoir une ascendance sur le partenaire. Dans ce cas la jalousie serait éventuellement le reflet de la disposition de l'autre à propos duquel on ne supporterait pas le partage.

D'après une étude canadienne la jalousie se situerait aux deuxième rang des difficultés les plus importantes parmi 37 situations conjugales. Certains spécialistes en psychologie estiment qu'il existe trois formes de jalousie :
  • La jalousie existentielle qui semblerait être bénéfique à celui qui souffre de jalousie. En effet, il serait souhaitable que le jaloux se serve de son expérience afin de mieux se connaître, ce qui lui permettrait au final de développer sa propre personnalité.
  • La jalousie névrotique qui elle fonctionne selon un processus compulsif au cours duquel le jaloux ne peut s'empêcher d'être jaloux. La jalousie névrotique se caractérise essentiellement par une obsession au cours de laquelle le jaloux pense sans cesse mais n'est pas pour autant violent.
  • La jalousie psychotique représente quant à elle une véritable pathologie, au sens maladif du terme, et surviendrait chez certains individus de type paranoïaque. La jalousie psychotique se caractérise par une méfiance, une certaine susceptibilités et un orgueil. Au cours de la jalousie psychotique le jaloux est susceptible de devenir violent via un harcèlement constant. Autrement dit  la jalousie pathologique est une forme de paranoïa exacerbée par un partenaire facilement culpabilisé ayant la caractéristique de manquer de confiance en lui et cherchant à se justifier. Ce type de morbidité est susceptible d'évoluer vers un développement de la jalousie de manière chronique.
Selon Freud à côté de la jalousie habituelle, le psychanalyste identifie une jalousie pathologique qui devient une passion dangereuse teintée de sentiment d'abandon, aboutissant à plus ou moins long terme, à un état de despotisme mêlant amour et haine chez l'autre.

Pour Freud il existerait trois formes de jalousie dont la complexité serait croissante.

En premier la jalousie concurrentielle serait ressentie après avoir été trompé par le ou la partenaire sexuelle entre autres. L'état affectif de la personne trompée est alors teinté d'humiliation, de douleur, d'angoisse, de blessure narcissique, de frustrations, et surtout d'hostilité envers l'autre c'est-à-dire le rival. Il s'agit d'une forme de jalousie généralement fréquente qui ne pourra être « digérée » que par un travail de deuil jusqu'à obtention, quand c'est possible, d'un équilibre psychologique : la guérison mentale. Bien entendu ceci passe par l'acceptation (avec éventuellement une référence au pardon) qu'il est impossible pour certains à cause d'une attention négative sur celui qui devient le concurrent, le rival alors qu'il était l'être aimé avec lequel parfois on avait fusionné. La thérapie réussie passe par l'aveu, la reconnaissance de ne pas avoir su se poser les bonnes questions, adopter les bonnes attitudes avant et après la relation, de manière à pouvoir reconstruire d'éventuelles fondations saines en vue d'un rétablissement futur. La reconstruction d'une autre histoire d'amour passe donc par la méditation, le mûrissement et l'assimilation de l'épisode douloureux.
La deuxième forme de jalousie est la jalousie projetée, particulièrement fréquente et se caractérisant par le soupçon que le jaloux porte sur l'autre étant lui-même infidèle ou ayant des instincts, des tendances, des pulsions d'infidélité qu'il réprime, qu'il n'accepte pas, qu'il refoule.
La jalousie délirante est, d'après Freud, la troisième forme de jalousie correspondant à une tentative intense pour se défendre contre une sorte d'homosexualité refoulée (cas du président Schreber en 1911). Cette forme de jalousie délirante serait attachée au complexe d'Oedipe et relèverait d'un état psychopathologique sévère pouvant aller jusqu'à la paranoïa.

Un des exemples les plus courants de jalousie est celui du mari jaloux. Celui-ci imagine facilement que sa femme est l'objet du regard des autres ou que celle-ci se trouve dans les bras d'un autre homme, voire d'une autre femme. Le mari jaloux épie chaque geste, chaque fait et exacerbe sa curiosité vis-à-vis de son épouse, sa compagne, en fouillant ses affaires entre autres, en la suivant etc. Il s'agit d'une situation particulièrement courante au cours de laquelle la jalousie consiste à imaginer des situations, des relations, des comportements de l'être aimé avec d'autres personnes.
En réalité il s'agit d'une forme d'angoisse. Autrement dit tout ce que le jaloux attribue à l'autre n'est que projection d'un propre désir inconscient. Ainsi le mari jaloux souffre de désir inconscient d'infidélité. Il s'agit de désir qui entrent dans un processus pulsionnel inconscient qui est le plus souvent insupportable.
Se déroule alors le phénomène suivant. Si le mari jaloux a conscience cette pulsion, apparaît alors une angoisse d'un traumatisme très intense. Pour le mari jaloux qui refuse cette angoisse la solution choisie est celle de la projection. En effet, le mari jaloux projette alors ses propres désirs inconscients sur l'autre et au final tout ce qu'il attribue à l'autre est le reflet d'une pulsion propre à lui-même.
Le plus souvent le mari jaloux n'admet pas ce phénomène de projection ce qui aboutit à un conflit à l'intérieur du couple dont la solution ne peut venir que d'une démarche thérapeutique venant en aide aux couple. L'essentiel des questions que le mari jaloux doit se poser est :
  • Ai-je besoin d'être jaloux, suivi du pourquoi ai-je ces désirs que j'attribue à l'autre. Normalement ce cheminement intellectuel doit permettre d'améliorer le rapport avec sa conjointe, venant éclaircir les relations que les deux composants du couple ont entre eux. Le dialogue permettra en théorie de comprendre et d'accepter éventuellement la crise qu'il faut souhaiter passagère, à condition que chaque élément du couple participe objectivement à la recherche de la vérité.
L'évolution ne se fait malheureusement pas toujours dans le sens de l'obtention d'une solution, et quelquefois le mari jaloux devient dangereux se renfermant alors dans une jalousie pathologique que nous évoquons plus loin. Celle-ci est le plus souvent récurrente et violente amenant alors à une consultation d'office sans quoi le couple ne possède plus d'avenir.



Avertissement

Vulgaris décline toute responsabilité quant à une utilisation de cette encyclopédie autre que purement informative.