1) Le traitement médical dont le but est de régulariser le transit (progression du bol alimentaire dans le tube digestif) comporte avant tout la correction d'une éventuelle constipation par des laxatifs sans abus. En effet, pour l'anus, une selle de consistance légèrement molle et formée est moins traumatisante que plusieurs petites selles dures et difficiles à évacuer.
- Les médicaments tels que les veinotoniques, destinés à favoriser la circulation veineuse, ne sont pas toujours efficaces. Les topiques (crème, pommade, etc...) sont largement employés par les patients. Les médicaments contenant de la cortisone ne doivent pas être employés car susceptibles d'être à l'origine d'une dégénérescence (destruction) locale du tissu et donc d'une atrophie (diminution de volume) de la peau et des muqueuses.
- La photocoagulation infrarouge utilise un photocoagulateur ayant une forme de pistolet dont l'utilisation est très simple. Le proctologue applique ce pistolet, dont l'extrémité est constituée de téflon, à la partie supérieure des hémorroïdes internes. Il envoie des impulsions qui doivent durer entre une demie seconde et 2 secondes. Un seul, parfois deux ou trois points de photocoagulation sont appliqués sur chaque paquet hémorroïdaire, ce qui correspond à environ 3 à 10 tirs par séance. Le seul inconvénient de la photocoagulation infrarouge est l'utilisation d'embout de téflon qui n'est pas à usage unique, posant ainsi le problème de sa désinfection.
2) Les traitements instrumentaux utilisent des techniques telles que :
- Les scléroses consistant à injecter un produit dont le but est de détruire localement la veine hémorroïdaire. Il s'agit du Kinuréa H peu employé car à l'origine de douleurs après l'intervention et quelquefois d'hémorragie sévère.
- La cryothérapie (emploi du froid) : abandonnée.
- La coagulation par infrarouge s'effectue en une ou deux séances espacées de 2 mois. Cette technique permet d'obtenir une nécrose (destruction) de la muqueuse située sous l'hémorroïde et en même temps une immobilisation de celle-ci limitant ainsi la procidence (sortie) hémorroïdaire. Cette technique ne s'accompagne pas habituellement de douleurs ni d'hémorragie à condition de ne pas dépasser 1 seconde de temps d'application.
- La ligature par utilisation d'un élastique. On obtient dans ce cas ce que l'on appelle une mucosectomie sushémorroïdaire. Cette technique permet de réintégrer la procidence (sortie) de la muqueuse de l'hémorroïde. Cette technique s'effectue sur trois séances espacées de 1 mois. Il s'agit de la technique la mieux évaluée, en particulier en France où l'on utilise un ligateur à aspiration qu'il est possible de jeter à chaque séance (usage unique). L'élastique est positionné à la base de l'hémorroïde qui a été préalablement aspirée. Cette strangulation hémorroïdaire entraîne la nécrose (mort, destruction) et laisse derrière l'hémorroïde une petite ulcération (plaie) généralement creusante. Le chirurgien respecte une distance d'environ 1 cm entre la ligne pectinée et la base de la ligature. En effet il existe un risque de douleurs si la ligature est effectuée trop bas.
3) Le traitement chirurgical s'adresse à des hémorroïdes évoluées, à l'origine d'une gêne et d'une altération de la qualité de vie. On parle alors d'hémorroïdes de grade III se caractérisant par une procidence observée après l'émission d'une selle réduite manuellement. Les hémorroïdes de grade IV se caractérisent par une procidence permanente ou récidivant après une réintégration manuelle.
2 techniques s'opposent actuellement.
- L''hémorroïdectomie pédiculaire dite en trois paquets de Milligan et Morgan : cette technique présente des inconvénients qui sont essentiellement des douleurs survenant après intervention chirurgicale et la nécessité d'arrêter le travail souvent pendant 3 à 4 semaines.
- Une technique récente, appelée intervention de Longo, consiste à effectuer une mucosectomie circulaire sushémorroïdaire en utilisant une pince automatique spécialement conçue pour ce geste chirurgical. On parle d'agrafage circulaire qui ne retire pas une partie des hémorroïdes mais les remonte en quelque sorte à l'intérieur du canal anal (en profondeur de l'anus). Les avantages semblent être une plus courte durée d'intervention chirurgicale et des douleurs moins importantes après l'intervention ainsi qu'un arrêt de travail également plus court (une semaine environ). Néanmoins, cette technique n'est pas recommandée quand le patient présente de grosses hémorroïdes externes.