Pour « traiter» la douleur, de nombreuses techniques sont actuellement utilisées.
La plus fréquente, qui concerne les douleurs relativement légères, fait appel aux analgésiques, antalgiques (anti-douleurs). Il s'agit avant tout de l'aspirine, du paracétamol, des anti-inflammatoires ne contenant pas de corticoïdes (cortisone). Pour les douleurs plus importantes on utilise des analgésiques narcotiques (proche de la morphine).
D'autres techniques comme la mésothérapie, l’acupuncture, la cryothérapie sont des alternatives intéressantes.
La prise en charge psychologique du patient est également particulièrement importante. En effet si le seuil de la douleur est le même chez tous les êtres humains c'est-à-dire si chacun de nous perçoit la douleur à partir de la même intensité, en revanche la tolérance de la douleur varie de façon considérable d'une personne à l'autre. Celle-ci est influencée par des facteurs autres qu'organiques (psychologique, culturelle etc.).
D'autre part, la tolérance à la douleur semble augmenter avec l'âge.
Enfin les émotions, de façon générale l'état mental de l'individu a une incidence sur la douleur.
Les douleurs chroniques et rebelles aux médicaments précédemment cités nécessitent des injections de morphine ou d'équivalents en opiacés, agissant par voie sanguine après pénétration du produit par voie sous-cutanée (sous la peau), intramusculaire ou intrathécale. La mise en place d'un cathéter (fine tubulure permettant la pénétration du produit antalgique) intrathécal (au niveau des méninges qui sont les membranes de recouvrement et de protection du système nerveux central) est une technique relativement récente et très efficace. Ce cathéter est associé à un réservoir placé sous la peau, en liaison avec une pompe qui permet au patient de doser à la demande la quantité de produit qu'il désire s'autoadministrer. Le cathéter peut également être utilisé par voie intra vasculaire c'est-à-dire après pénétration d'un vaisseau.
Certaines équipes utilisent la thermocoagulation du ganglion de Gasser en cas de névralgie rebelle du nerf trijumeau. Cette technique est utilisée pour le cerveau.
Un autre type de traitement antidouleur est la neurostimulation transcutanée qui est adaptée au traitement des douleurs chroniques, elle fait appel à la neurostimulation c'est-à-dire à la stimulation électrique du système nerveux. Cette méthode est appréciée par environ la moitié des patients qui continuent à utiliser ce traitement après six mois. Au cours de la neurostimulation électrique transcutanée, l'analgésie (ce qui permet de diminuer voire de supprimer la douleur) fait intervenir le mécanisme de la porte" Gate contrôle " étudié ci-dessus. Au cours de cette stimulation on constate la survenue d'une inhibition de la transmission du message douloureux au niveau d'une zone précise de la moelle épinière : la corne postérieure. Pour obtenir cette stimulation 2 types de courants sont employés. Un courant de haute fréquence (entre 40 et 150 Hz) ayant une faible intensité. Les fibres du tact peuvent être stimulées à condition qu’elles soient conservées. L'intérêt de cette stimulation est la durée du résultat obtenu. En effet, l'analgésie, non seulement est immédiate mais peut durer même après l'arrêt de la stimulation électrique (stimulus). Ensuite, elle diminue rapidement chez la majorité des patients. Un courant de basse fréquence c'est-à-dire comprise entre 1 et 10 Hz et dont l'intensité est élevée.
Ce courant est employé également en acupuncture et plus précisément en électrono-acupuncture. Il semble être à l’origine de sécrétion par l'organisme, d'hormone proche de l'opium : les opioïdes endogènes et de ce fait entraîne un effet antidouleur local et régional qui se prolonge et qui est différé par rapport à la stimulation décrite précédemment.
En pratique L'appareil de neurostimulation est constitué d'un boîtier qui contient un ou plusieurs générateurs, une batterie et des électrodes autocollantes dont le nombre atteint parfois 4. Cet appareil est fixé à la ceinture du patient. Avec un accord préliminaire, l'assurance-maladie accepte de prendre en charge les six premiers mois de la location et éventuellement l'appareil lui-même. La première séance permet aux patients d'apprendre à se servir de l'appareil et d'en évaluer l'efficacité. L'effet antidouleur est perçu immédiatement par le patient. Chez certains d'entre eux il est nécessaire de répéter les séances tout en faisant varier certains paramètres avant d'obtenir une efficacité appréciable.
jeLes effets secondaires sont (liste non exhaustive) :
- Fourmillement parfois difficilement supportable.
- Allergie aux points de contact.
- Brûlures superficielles locales.
- Augmentation des douleurs.
- Contre-indications.
- Patients porteurs d'un stimulateur cardiaque.
- Femme enceinte sauf avis médical contraire.
- Position des électrodes de chaque côté du cou pouvant être à l'origine de spasme du larynx (au niveau des sinus carotidiens).
- Patient présentant une neuropathie (atteinte nerveuse proprement dite).
- Zones anesthésiées ou insensibles.
Indications de la neurostimulation transcutanée.
- Arthrose.
- Douleur fantôme (après amputation).
- Algoneurodystrophie.
- Polyarthrite rhumatoïde.
- Douleurs Importantes survenant après le zona.
- Douleurs du trijumeau.
- Tendinite.
- Douleurs survenant après un traumatisme de la moelle épinière.
- Entorse.
- Douleurs survenant après une intervention chirurgicale (obstétrique, chirurgie viscérale).
Douleurs rebelles après lésion du plexus brachial (traitement des).
Chez une personne souffrant d'une lésion du plexus brachial à la suite d'un accident de la circulation entraînant l'apparition de douleurs très intenses ressemblant à des brûlures ou un arrachement et se localisant sur le dermatomes (territoire neurologique correspondant une racine nerveuse) de la cinquième et de la sixième vertèbre cervicale, il est proposé un traitement par les médicaments suivants.
- Antidépresseurs tricycliques.
- Antiépileptiques ou anticonvulsivants.
- Opiacés (dérivés de la morphine).
- Clonidine dont l'action, pour les spécialistes, inhibe l'ouverture des canaux calciques voltage dépendants. D'autre part la clonidine à une action directe au niveau de la moelle épinière en inhibant la transmission de la douleur.
Aucun de ces médicaments ne donne de bons résultats c'est la raison pour laquelle il est proposé une sympathectomie du ganglion cervical supérieur. Il nécessaire de savoir que la sympathectomie, dans certains cas, aggrave le phénomène douloureux. Et quand celui-ci est diminué il ne l'est que de façon transitoire.
En conclusion, en dehors du confort du patient, l'intérêt de cette méthode est de diminuer la quantité de médicament antalgique absorbée par le patient. D'autre part cette méthode permet une reprise de la rééducation fonctionnelle. Quand les douleurs deviennent rebelles et qu'aucune technique citée précédemment ne le soulage, le patient peut alors consulter un des nombreux services hospitaliers récemment mis en place et prenant en charge le traitement spécifique de la douleur.