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Douleur (physiologie de la)

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Classification

Il est possible d'opposer deux types de douleurs :
  • La douleur due à un excès de nociception (perception exagérée de la douleur). Ce type de douleur est le résultat d'une augmentation de la transmission des messages douloureux qui sont transportés par les fibres fines. Pour venir à bout des douleurs par excès de nociception il est nécessaire d'utiliser des antalgiques (aspirine, paracétamol, dextropropoxyphène, dérivés morphiniques etc.).
  • La douleur par défaut d'inhibition ou désafférentation. Il s'agit des douleurs de type neurogène qui font suite à l'atteinte d'un nerf périphérique. Il peut s'agir entre autres d'une section, d'une amputation, d'une lésion nerveuse due à l'utilisation de la radiothérapie, de zona etc. Les douleurs par défaut d'inhibition sont le résultat de l'altération des systèmes inhibiteurs d'origine centrale. Les médicaments employés pour lutter contre ce type de douleurs sont des substances ayant une action centrale. Il s'agit des antiépileptiques (carbamazépines, clonazépam : Rivotril, gabapentine : Lyrica, etc.) et des antidépresseurs tricycliques.
Les patients souffrant de cancer entraînant l'apparition de douleurs sont exposés aux deux types de douleurs simultanément ou successivement.
Phénomènes d'embrasement.

Le phénomène d'embrasement
L'apprentissage sur le plan cognitif c'est-à-dire faisant appel à l'intelligence nécessite des connexions neuronales c'est-à-dire des articulations ou si l'on préfère le passage de l'influx nerveux entre deux ou plusieurs neurones. Il semble que cet apprentissage se fasse consciemment c'est-à-dire intentionnellement. En fait à bien y réfléchir, l'apprentissage est également inconscient. Il semble également que seul le cerveau soit capable de mener à bien cet apprentissage. En fait, ici également, en y réfléchissant de plus près, n'importe quelle structure nerveuse contenant des connexions neuronales est susceptible d'engendrer un processus d'apprentissage.
Il est intéressant de se pencher un instant sur les structures anatomiques susceptibles de favoriser l'apprentissage. La moelle épinière et le tronc cérébral qui est une zone du système nerveux située au-dessus de la moelle épinière participent au processus d'apprentissage mais dans son côté sombre puisqu'il permet de ressentir des douleurs parfois pour longtemps et de façon permanente. On qualifie cette perception de la sensibilité douloureuse, d'apprentissage pathologique.

Il existe, sur le plan neurophysiologie, un phénomène qui porte le nom de phénomène d'embrasement et qui a lieu au niveau de la corne postérieure de la moelle épinière. Quand des impulsions dédiées à générer des douleurs (impulsions nociceptives) surviennent de manière continue et soutenu on remarque qu'au niveau de la moelle épinière, en son sein, et au niveau des ganglions rachidiens se met en place un processus qui augmente, c'est-à-dire qui intensifie, la transmission nociceptive et consécutivement, des stimulations ou du message douloureux vers le cerveau. Le terme embrasement (en anglaiswind up), en français sensibilisation centrale, désigne une intensification des douleurs légères en douleurs intenses, parfois intolérables.
Pour comprendre ce phénomène il est nécessaire de connaître les notions suivantes. La perception initiale de la douleur est le résultat, en grande partie, de la sécrétion et de la libération de substances au niveau de certains neurones : le glutamate. Les neurones en question sont ceux composant les fibres nerveuses de type nociceptive C. Néanmoins ces mêmes fibres nerveuses, et plus précisément les parties terminales que l'on appelle des terminaux, libèrent également d'autres transmetteurs, d'autres substances telles que la substance P ou d'autres substances tel que le peptide lié au gène de la calcitonine (CGRP). Les connexions entre les différents neurones sont susceptibles d'être intensifié c'est-à-dire soutenus par un phénomène de renforcement de ses connexions par l'intermédiaire des effets du glutamate sur les récepteurs NMDA, en présence de substance P.
Il est intéressant de se pencher un instant sur le phénomène d'intensification c'est-à-dire d'accentuation de la libération de ces substances qui augmentent le seuil douloureux. Il est possible d'envisager le mécanisme suivant.
Chacun sait qu'un processus psychologique déstabilisant est susceptible d'augmenter une douleur. Autrement dit une contrariété, une anxiété, une peur, tout processus que l'on peut qualifier de négatifs, est susceptible d'accentuer le phénomène douloureux. Pour preuve, le relâchement, chaque chose ayant une connotation agréable (un effleurement doux, une caresse) a tendance à diminuer le phénomène anxiogène et la douleur. Ceci pourrait expliquer l'accentuation de la sécrétion de la substance P et du peptide lié au gène de la calcitonine.

Le terme hyperalgésie est donc le processus qui est le résultat de celui d'embrasement, conduisant à une augmentation de la sensibilité c'est-à-dire à une hypersensibilité aux stimulations douloureuses.

Le terme allodynie désigne une sensation douloureuse survenant à la suite d'un toucher léger qui ne devrait pas, normalement c'est-à-dire physiologiquement, entraîner de douleur. Autrement dit le phénomène d'embrasement douloureux est susceptible d'expliquer la transformation de légères douleurs en douleurs importantes voir intolérables.
Toutes les fibres nerveuses de l'organisme ne sont pas uniquement destinées à transporter la douleur. Autrement dit certaines fibres, qui habituellement sont utilisées pour transporter de simple phénomène de sensation (toucher, chaleur, froid etc.) sont, au cours des phénomènes d'embrasement, utilisées pour transporter la douleur. Ceci signifie qu'une légère stimulation (comme par exemple quand on appuie légèrement sur un tendon chez un individu atteint de fibromyalgie) entraîne une douleur presque insupportable.

Nous avons là, peut être, un dépit des piste susceptible susceptible d'expliquer les mécanismes douloureux survenant au cours de la fibromyalgie.