Les
collyres habituellement utilisés pour ralentir l'évolution de la cataracte sont peu efficaces.
En fait, le traitement de la cataracte est spécifiquement
chirurgical : il s'agit de
retirer le cristallin et de mettre la place un cristallin artificiel dont la tolérance est généralement bonne.
Avant tout acte chirurgical, un bilan préopératoire et une consultation permettent d'expliquer l’intervention au patient .
Divers types d'anesthésies sont pratiqués :
anesthésie locale et régionale, pour laquelle on demandera au patient de rester à jeun car l'anesthésie locale peut se transformer en anesthésie générale si besoin. Il est effectué une prémédication (administration de médicaments avant l'anesthésie) qui va permettre de baisser la pression à l'intérieur de l’œil et d'atténuer les nausées et les vomissements pouvant survenir après l'opération.
La technique dite d'anesthésie loco-régionale consiste à
injecter un anesthésique local dans la zone antérieure de l’œil.
Un autre type d'anesthésie locale, appelée
anesthésie topique, consiste à instiller de façon répétée un collyre contenant un anesthésique local (la tétracaïne) permettant une récupération visuelle immédiate. Néanmoins, ce type d'anesthésie est réservé aux patients coopérants, aux cataractes classiques et un chirurgien entraîné et expérimenté pouvant opérer rapidement car les mouvements de l’œil persistent, ainsi que certaines zones sensibles. Ce type anesthésie est également utilisé chez les patients prenant des médicaments contre la coagulation sanguine (Anti-agrégants plaquettaires, anti-vitamine K) ou ceux présentant des troubles de la coagulation.
L'opération elle-même fait appel à 3 types de techniques :
1)
Enlever le cristallin en totalité et le remplacer par un cristallin artificiel (
extraction intra capsulaire haute).
2)
Extraire seulement le noyau et l'enveloppe du cristallin puis mettre en place le cristallin artificiel dans ce que l'on appelle le sac capsulaire (extraction extra capsulaire).
3)
Détruire le noyau du cristallin par des ultrasons, l'aspirer puis implanter le cristallin artificiel (phacoémulsification). Cette technique, ainsi que l'extraction extracapsulaire, sont actuellement les plus utilisées.
Chez l'enfant, on utilise la technique dite de la
phacophagie, qui consiste à utiliser un petit instrument permettant de couper le cristallin à la manière d'une guillotine. On aspire ensuite les fragments ainsi obtenus. La phacophagie est une technique qui ne nécessite qu’une petite incision. Elle s'utilise essentiellement lorsque le noyau du cristallin est encore mou ou après un traumatisme quand la capsule a été endommagée et qu'elle est encore imbibée d'humeur aqueuse (liquide physiologique situé dans la chambre avant de l’œil : chambre antérieure, située entre la cornée et le cristallin).
Beaucoup de spécialistes hésitent à employer des cristallins artificiels chez l'enfant, car leur tolérance n'a pas été étudiée sur une assez longue période. On préfère proposer une correction par lentilles de contact ou encore par verres correcteurs.
Après l'opération.
Il est demandé au patient d'éviter les
efforts physiques, le port de charges et la position penchée en avant, immédiatement après l'opération. Néanmoins, avec les nouvelles techniques de chirurgie de la cataracte une activité presque normale est autorisée au patient très rapidement (le lendemain). La nuit cependant, il est recommandé de porter une protection constituée d'une rondelle maintenue sur l’œil avec un peu de ruban adhésif (certains médecins préfèrent une coque rigide).
Le patient doit mettre des
collyres anti-inflammatoires et des collyres mydriatiques (c'est-à-dire permettant l'ouverture de la pupille) pendant deux ou trois mois, de façon à éviter qu’elle se resserre trop tôt sur le cristallin artificiel.
Une
surveillance au premier et au huitième jour permet à l’ophtalmologue de vérifier l'absence de douleurs et l'acuité visuelle de près et de loin. Il vérifie également la transparence de la cornée et l'absence d'inflammation ainsi que la bonne position du nouveau cristallin.
Au 30e jour, l'ophtalmologue prescrit éventuellement une nouvelle
correction.
Une
baisse de l'acuité visuelle, une rougeur ou une douleur doivent amener l’opéré à consulter son médecin sans délai.
Complications possibles
1) Les complications précoces possibles sont :
- L'’infection (un cas sur 3000) est la complication la plus grave
- Un décollement de la rétine (après utilisation du laser)
- Une allergie aux collyres entraînant un prurit (démangeaison) ou un larmoiement
- Une gène superficielle due à l'irritation par les fils de suture, dont l'ablation peut se faire sous anesthésie par instillation d'un collyre, au cabinet de consultation de l'ophtalmologue
- Une erreur dans le choix du cristallin artificiel
2 ) les complications tardives sont :
- L'astigmatisme.
- Un œdème du fond de l’œil (traités par acétazolamide).
- Un œdème de la cornée.