L'aphasie de Wernicke se caractérise par des troubles de la compréhension très importants et par une expression verbale utilisant des mots inappropriés, donnant l'impression que le patient utilise un
jargon qui lui est propre.
Une des caractéristiques les plus importantes de l'aphasie de Wernicke est la
fluence normale ou
exagérée. À cela s'associe des troubles de l'articulation (pour prononcer les sons et les mots), la production d'un grand nombre de
paraphasies, un langage généralement vide de sens et des troubles importants de la compréhension.
Par rapport à l'aphasie de Broca les phrases sont construites à peu près convenablement et leur structure grammaticale globale est respectée. Il est possible de dire que le patient ne souffre pas d'
agrammatisme.
Quand la fluence est importante c'est-à-dire quand le nombre de mots dits par le patient durant une minute dépasse 90 environ, on parle alors de logorrhée incontrôlable.
L'articulation et la
prosodie (le ton mis pour prononcer la phrase) sont normales. Généralement la prosodie n'est pas bien adaptée au contexte.
De façon générale les pensées du patient ne sont pas vraiment comprises par l'entourage. On constate un
nombre supplémentaire de syllabes en fin de mots et des mots en fin de phrase avec
paraphasies verbales et sémantiques. Les autres paraphasies sont de type phonémique et à cela s'ajoute du néologisme. L'ensemble de ces perturbations est susceptible d'aboutir à l'apparition d'une jargonaphasie.
Un des caractères importants de l'aphasie de Wernicke est la
répétition défectueuse.
Le langage automatique, à savoir réciter les jours de la semaine, les mois de l'année etc. n'est pas trop mauvais.
Au cours de la dénomination, le manque du mot est très important et on ne constate pas d'amélioration à l'ébauche orale et la production de paraphasie est fréquente.
La
compréhension porte sur des mots isolés ou des phrases courtes, mais le langage parlé est le plus souvent incompris. On constate une forme de saturation des capacités de compréhension qui se traduit par le mécanisme suivant. Un mot isolé est quelquefois compris mais si on rajoute d'autres mots plus complexes ou bien si l'on positionne le même mot dans des phrases plus complexes, le mot n'est plus compris.
À l'opposé la
dénomination de
différentes parties du corps est convenable. Il en est de même si on demande au patient de bouger un segment de membre ou de mimer tel ou tel mouvement etc.
La
lecture et la production écrite (écriture) sont perturbées conjointement à la production orale (l'expression langagière).
En ce qui concerne l'écriture, les lettres sont bien formées et la production est abondante. À l'instar de ce qui se passe dans la production orale, on constate des
néologismes et de nombreuses paragraphies.
À l'inverse de l'aphasie de Broca les mots grammaticaux (et; ou; etc, sont mieux écrits que les substantifs (les noms).
La copie est meilleure que l'écriture spontanée ou la dictée. On a constaté, que ce soit pour la compréhension et pour l'expression, de rares cas de
dissociation des performances entre l'oral et l'écrit (Hier et Mohr,1977, in EMC de neurologie17-08-L-10).
Les
déficits neurologiques associés à l'aphasie de Wernicke sont peu importants. Il peut s'agir d'une hémiparésie, des troubles de la sensibilité, une amputation du champ visuel essentiellement une quadranopsie supérieure droite ou hémianopsie latérale homonyme droite c'est-à-dire l'absence de la moitié du champ visuel situé à droite du même côté.