Antibiotique (généralités)
- Anglais : antibiotic.
- Terme issu du Grec : anti : contre, et bios : la vie.
Définition
Un
antibiotique est une substance d'origine naturelle ou synthétique, ayant la capacité d'arrêter la multiplication des bactéries, mais également d'autres agents infectieux. Certains sont également capables de détruire les
microbes.
Une antibiothérapie est une technique thérapeutique qui utilise un ou plusieurs médicaments anti-infectieux, médicaments appartenant à la classe des antibiotiques et dont l'activité s'exerce contre les germes, plus précisément les bactéries à l'origine de l'infection.
Le mot microbe, employé largement par le grand public, regroupe tous les organismes microscopiques ne possédant qu'une seule cellule. C'est le cas par exemple des
virus, des
bactéries, des
champignons constitués d'une seule cellule (que l'on nomme unicellulaires).
Le synonyme généralement employé est germe. Certains antibiotiques agissent également sur les cellules cancéreuses. Chaque antibiotique a une activité préférentielle, il est transformé et éliminé par l'organisme, mais possède également des effets indésirables (réaction allergique, toxicité pour les reins, pour le foie, pour le système digestif et le sang). Certains antibiotiques présentent des
contre-indications c'est-à-dire qu'ils ne doivent pas être employés dans certaines circonstances (chez le nourrisson, l'enfant, pendant la grossesse, chez l'insuffisant rénal, chez un individu présentant des allergies, chez l'insuffisant hépatique, etc...).
Toutes les découvertes médicales effectuées au cours du XXe siècle sont importantes. Néanmoins l'antibiotique, dans la mesure où il a fait reculer le taux de mortalité en permettant de guérir certaines maladies infectieuses, est sans doute le médicament dont la découverte a le plus bouleversé la médecine et la démographie. Bien entendu, ces maladies n'ont pas disparu et sont encore la principale cause de mortalité. Généralement, quand on pense aux antibiotiques et à leur histoire, le premier nom qui vient à l'esprit est celui du britannique Alexander Fleming. Pourtant, à partir de 1874, Roberts, puis Tyndall (en 1876), Pasteur et de Joubert (en 1877), enfin Duchesne (en 1897-1898), amorcent la découverte de Sir Alexander Fleming par leurs réflexions sur la question des produits susceptibles d'entraver la multiplication des germes comme les moisissures (qui sont des champignons microscopiques se développant à l'humidité sur des milieux organiques).La découverte heureuse de Fleming, qui sans le vouloir met en contact des germes avec un milieu contenant des moisissures, va permettre de mettre en évidence le pouvoir d'inhibition de celles-ci sur la multiplication des bactéries appelées Penicillium notatum.
En fait, l'histoire des antibiotiques commence en 1929, date à laquelle on constate qu'une moisissure se développant naturellement sur des fruits ou des fromages empêche la prolifération du bacille de la diphtérie et de celui du charbon dans les boîtes où l'on cultive ces microbes, en laboratoire. On baptise le liquide de culture de cette moisissure Penicillium notatum, et on constate qu'elle n'est pas toxique pour la souris à laquelle on l'injecte. Malgré tout, cette découverte n'attire pas vraiment l'attention des chercheurs et reste sans lendemain.
En 1935, l'Allemand Domagk reprend les idées d'Ehrlich sur l'effet anti-infectieux de certains colorants qu'il avait mis au point en 1905, en se servant d'un colorant pour traiter certaines infections par une bactérie appelée streptocoque. Le Français J. Tréfouël et sa femme, à l'Institut Pasteur, montrent que le produit actif appartient à une famille appelée sulfamide. A partir de là, et pendant une quinzaine d'années, cette variété de médicaments sera employée contre les germes, reléguant du même coup à une seconde place les moisissures et autres produits susceptibles de posséder des capacités antibiotiques.Ce n'est qu'en 1939 que le français R. Dubos découvre qu'une bactérie appelée Bacillus brevis est capable de produire une substance empêchant la multiplication de certaines bactéries. Grâce à un système de coloration qualifiée de «gram +» (d'après une méthode de coloration due au biologiste danois Hans Gram), il met en évidence cette bactérie.La pénicilline était en train de naître, et depuis elle est devenue l'antibiotique le plus connu. Les antibiotiques découverts par la suite seront généralement de nature synthétique. Leur nombre deviendra tel qu'il faudra établir progressivement des règles de prescription que l'on appelle antibiothérapie.