Agrammatisme
- Anglais : agrammatism.
- Terme issu du Latin : a : privatif et grammata : lettre.
Définition
L'agrammatisme est un défaut de prononciation dû à l'omission d'une ou de plusieurs lettres d'un mot. Ce terme désigne également l'imperfection dans la construction grammaticale des phrases comparable à un style télégraphique.
D'après Jarema, Croisile, Roch Lecours, l'agrammatisme s'inscrit dans la constellation sémiologique de la réduction quantitative et qualitative du langage. Il s'agirait d'un trouble portant une appellation erronée car il ne s'agit en réalité, comme le préfixe privatif pourrait le laisser entendre, d'une absence de syntaxe d'un discours très appauvri au niveau de la structure morpho-syntaxique.
La réduction quantitative et qualitative se manifeste par un discours long et laborieux et par l'emploi de phrase peu complexe pouvant se limiter à une suite de sujets verbes ou de sujet verbe objets, et dans les cas les plus sévères, à une simple concaténation (enchaînement de plusieurs éléments) de noms.
Les unités lexicales de la classe fermée, les morphèmes grammaticaux libres autrement dit les articles et les pronoms ou liés (suffixes flexionnels) tel que les désinences verbales sont plus fragiles que les mots de la classe ouverte tel que les noms, les verbes etc. tendent à être omis ou substitués.
On a par ailleurs rapporté des cas d'agrammatisme dans lesquelles on a pu observer une dissociation entre les troubles syntaxiques et des troubles morphologiques.
L'agrammatisme, l'une des manifestations cliniques les plus étudiées, et ce depuis l'apparition de la célèbre monographie de Pick, demeure sujet à controverse, ce dont témoignent les multiples interprétations devant rendre compte de son déterminisme.
La variabilité intra- et inter-individuelles du comportement agrammatique en est sans doute le motif principal. Cette définition de l'agrammatisme est tirée du livre écrit sous la coordination des professeurs Serratrice et Autret, aux éditions ELLIPSES AUPELF/UREF des universités francophones; page 231.
Cette affection a été étudiée par Kussmaul en1876.