Ensemble d’hormones que l’on peut qualifier comme étant spécifiques la féminité, les oestrogènes naturels comprennent l’œstradiol et l’œstrone (ou folliculine). Ils sont synthétisés par l’ovaire, par le placenta au cours de la grossesse et, chez l’homme, dans les testicules.
La sécrétion d’œstrogènes par la femme est cyclique, et comprend un pic au 14e jour du cycle, correspondant à l’ovulation (émission d’un ovule par l’ovaire). Elle est sous le contrôle de la glande hypophyse, qui se trouve à la base du cerveau et elle-même sous les ordres de l’hypothalamus, (dont le rôle est de réguler de nombreuses fonctions de l’organisme : chaud, froid, faim, satiété, etc.). La destruction des œstrogènes a pour résultat final l’œstriol, éliminé dans les urines.
L’action physiologique des œstrogènes s’exerce sur :
- Les voies génitales
- Le métabolisme (fabrication, régulation) des lipides (corps gras) et des protéines
- Le développement et le maintien des caractères sexuels secondaires (pilosité, ton de la voix, etc.)
Les oestrogènes agissent en dehors de la grossesse sur la vulve, sur le vagin, sur l’utérus et sur les seins au moment de la lactation.
Pendant la première moitié du cycle, qui dure environ 14 jours, ils ont une action sur l’intérieur de l’utérus en favorisant la multiplication des cellules qui le tapissent (l’endomètre) : un tissu neuf vient remplacer les anciennes cellules devenues inutiles pour accueillir l’œuf récemment fécondé. Si l’ovule n’a pas été fécondé, la muqueuse utérine est éliminée avec son " nid " lors du cycle suivant : ce sont les règles.
Pendant la première moitié du cycle, on peut procéder à un dosage des œstrogènes qui sont à ce moment-là en quantité plus élevée que pendant l’autre moitié du cycle.
Leur dosage est susceptible d’apporter une aide diagnostique en mettant parfois en évidence un déséquilibre hormonal.
Mise à jour Mai 2000
Depuis le neuvième congrès international sur la ménopause du mois d’octobre 1999, on a la confirmation qu’il existe aujourd’hui de nombreuses preuves de l’action bénéfique des œstrogènes sur la paroi endothéliale (membrane tapissant l’intérieur d’une artère). L’action de ces hormones joue un rôle préventif chez les femmes ménopausées, surtout sur le système cœur-vaisseaux. Or les maladies cardio-vasculaires sont la première cause de mortalité des femmes une fois passée la ménopause, loin devant le cancer du sein, le cancer du colon, du rectum, ou des poumons.
Il existerait au niveau de l’endothéliumn et plus particulièrement des cellules qui le composent, 2 types de récepteur. Les premiers récepteurs interviendraient dans un mécanisme dont l’action sur la paroi vasculaire apparaîtrait plus ou moins longtemps après le traitement à base d’oestrogènes. En ce qui concerne le deuxième type de récepteurs, il s’agirait de récepteurs ayant un rôle actif sur la coagulation, mais aussi sur la vasodilatation (ouverture des artères), en agissant par l’intermédiaire d’une enzyme (petite protéine indispensable au bon fonctionnement de l’organisme) endothéliale, l’oxyde nitrique synthétase. Les scientifiques ont montré que les œstrogènes auraient une action préventive sur certaines carences en oxygène du myocarde (muscle cardiaque) surtout pendant l’exercice physique.