Plantes à risques

Le texte qui suit décrit une liste non exhaustive de plantes dangereuses pour la santé. Il s'agit des plantes les plus connues. Ce texte ne tient pas compte d'éventuelles allergies chez les patients qui généralement connaissent leur pathologie.

Les plantes dangereuses font partie de notre vie quotidienne. On peut les rencontrer partout y compris dans notre propre jardin. Elles sont particulièrement attractives, spécialement pour les enfants. Il s'agit des baies noires ou rouges, décoratives… mais malheureusement gorgées de poison. En effet, habitué à manger des myrtilles, des groseilles, l'enfant ne fait pas la différence.
Dans notre environnement immédiat, c'est-à-dire notre jardin ou notre appartement, il faut se méfier des plantes suivantes :

1) les plantes les plus fréquemment rencontrées

Le laurier rose et le laurier cerise sont souvent confondus avec le laurier sauce. Pour ne pas les confondre, il faut tout d'abord les connaître et ensuite sentir leur parfum qui n'est pas le même. C'est la raison pour laquelle, quand on ne connaît pas le laurier sauce, il faut s'abstenir de le cueillir et de l'utiliser. Le laurier rose est toxique dans sa totalité. Le laurier cerise porte des baies qui attirent mais sont dangereuses.

Le cytise est dangereux en raison de la présence de gousses de couleur verte susceptibles d'être confondues avec des petits pois.

L'if, à la fin de l'été, porte des boules rouges dont les graines, situées au centre du fruit, sont très toxiques. Signalons que la feuille et l'écorce sont toxiques également.

Les arums comportent plusieurs espèces (les aroïdacées) dangereuses. Parmi celles-ci, citons l'arum tacheté ou gouet et les dieffenbachia. Le fait de mâcher ses feuilles mais également leur contact est dangereux pour la santé et susceptible d'être à l'origine de troubles graves y compris le contact direct des feuilles avec la peau.

Le genêt à balai n'est pas très toxique mais est susceptible de provoquer des vomissements (spartéine) ainsi que de violentes coliques.

La pervenche de Madagascar, souvent cultivée pour la beauté ses fleurs et utilisée comme anticancéreux, est toxique.

Le jasmin à fleurs de primevère ou jasmin de Virginie est très toxique car il contient des alcaloïdes semblables à ceux de la digitale et ayant les mêmes effets. La toxicité porte essentiellement sur le cœur et entraîne, à partir d'une certaine dose, l'arrêt de celui-ci.

Le sceau de Salomon odorant contient un alcaloïde du nom de pilocarpine. Il s'agit d'un parasympathicomimétique entraînant des déséquilibres du système nerveux sympathique.

La douce-amère est très toxique : la solanine, contenue surtout dans ses baies, est susceptible de dérégler le système nerveux. Elle peut également provoquer une dégénérescence des hématies (globules rouges). Cette plante, quelquefois utilisée comme dépurative à petite dose, devient dangereuse à haute dose.

La fougère mâle, utilisée pour paralyser le ténia (ver solitaire), contient également quelques produits toxiques.

Le muguet est, malgré son apparence innocente, une plante particulièrement toxique. En effet, il contient des saponines et surtout de la convallarine dont les effets sont analogues à ceux de la digitaline (toxique pour le cœur à certaine dose).

La prêle, utilisée comme reminéralisant en raison de sa teneur en silice, est susceptible d'entraîner des désordres nerveux et des hémorragies intestinales.

Le lupin des jardins est considéré comme mortel à partir de l'absorption de 100 g de graines. Les troubles affectent le tube digestif, le foie et les centres nerveux.

Le chèvrefeuille (très odorant)

Le gui, de par la présence d'une substance appelée viscotoxine, est susceptible de provoquer une modification de la tension artérielle, du rythme cardiaque et, absorbé en grande quantité, une perte de la sensibilité associée à un début de paralysie.

Le fusain est toxique pour l'organisme et plus précisément pour le cuir chevelu, essentiellement quand il est réduit en poussière.

La glycine

Le vératre (appelé également ellébore) est particuièrement toxique car il contient une série d'alcaloïdes (18 environ) qui sont mortels à la dose de 2 à 3 centigrammes. Le poison a une action sur le système digestif et sur le moelle épinière à l'origine de convulsions et de troubles de l'équilibre puis d'asphyxie par atteinte de l'appareil respiratoire. Cette plante est quelquefois confondue avec la gentiane (apéritif).

Le colchique est particulièrement toxique en raison de la présence d'une substance appelée la colchicine. Il s'agit d'un poison si violent qu'il suffit d'en absorber 3 mg pour obtenir une dose mortelle. Le patient présente tout d'abord une inflammation de l'appareil digestif associée à des diarrhées puis une hémorragie intestinale, une anurie (absence démission d'urine) et pour terminer une paralysie de l'appareil respiratoire.

L'ancolie dont l'odeur n'est pas agréable entraîne des brûlures cutanées (de la peau).

L'aristoloche présente également une odeur repoussante : c'est la raison pour laquelle elle cause peu d'accidents. En cas d'absorption, cette plante entraîne des troubles de la circulation (vaisseaux de petit diamètre) liée à la présence d'une substance : l'aristolochique.

La jusquiame, que l'on rencontre dans les décombres et les terrains vagues, est très toxique et contient un alcaloïde appelé l'hyosciamine. Habituellement utilisée comme somnifère majeur et antidouleur d'origine neurologique, cette plante entraîne des troubles digestifs à type de ballonnements et des convulsions violentes. Son absorption conduit quelquefois à une paralysie mortelle.

La ciguë tachetée contient un alcaloïde toxique appelé la conicine, toxique sur le système nerveux qui se paralyse progressivement. Cette paralysie commence par les extrémités qui se refroidissent peu à peu et gagne très rapidement les muscles du corps dans son ensemble, aboutissant à une tétanisation puis à la mort.

La ciguë vireuse, appelée également ciguë aquatique, est extrêmement toxique. Heureusement, son odeur très repoussante en diminue la consommation. Ce sont essentiellement les vaches qui s'intoxiquent. Le toxique dangereux de cette plante s'appelle la cicutine, qui peut avoir des effets très rapides. Il s'agit d'un poison à l'origine de convulsions suivies de prostration et de paralysie de l'appareil respiratoire entraînant la mort.

La belladone, qui pousse dans les décombres et porte des baies noires, est toxique surtout pour les enfants qui se laissent tenter par les fruits brillants et sucrés. Cette plante, qui contient de l'atropine, de la scopolamine et de la nicotine, est particulièrement dangereuse car elle entraîne des troubles respiratoires, une augmentation du calibre de la pupille (mydriase) et une paralysie des voies respiratoires.

Le tabac, généralement connu du public, contient de la nicotine toxique pour le système nerveux central, essentiellement à partir d'une certaine dose. Sa consommation fréquente, d'autre part, est à l'origine d'un effet d'accoutumance dangereux à long terme.

La digitale, très jolie fleur attirante pour les enfants, ne doit pas être manipulée. Son absorption est à l'origine de troubles cardiaques.

L'aconit, appelé également arsenic, est une magnifique fleur de couleur violette possédant plusieurs alcaloïdes toxiques : la napeline, l'aconine, l'aconitine. Il suffit d'1mg d'aconitine pour faire mourir un individu du sexe masculin. Cette plante entraîne une paralysie de l'appareil respiratoire précédé de vomissements, de coliques et de troubles du rythme cardiaque.

2) Les plantes les moins fréquemment rencontrées (étranger y compris)

Aconit
Actée en épi
Adonide de printemps
Adonis d'été
Amaryllis belle-dame
Amour en cage
Ancolie
Anémone sylvie
Anis étoilé
Aristoloche
Arum tacheté
Asperge des bois
Azalée du Japon
Badianier de Chine
Belladone
Bois carré
Bonnet de prêtre
Boule d'or
Bryone
Cabaret
Calla des marais
Câprier
Casque de fer
Cerfeuil enivrant
Chanvre
Chélidoine
Chèvrefeuille noir
Ciguë aquatique
Coca
Coloquinte
Coqueret
Coronille variée
Corydale à bulbe creux
Croton des pharmaciens
Datura en arbre
Dictame
Dompte-venin
Duboisia
Euphorbe petit-cyprès
Faux Ébénier
Persil
Fève de Calabar
Ficaire
Fraxinelle
Fusain d'Europe
Gratiole
Hellébore noir
Herbe au pauvre homme
Hydrastis
Ivraie enivrante
Jusquiame noire
Laitue vireuse
Nénuphar jaune
Noix d'arec
Ornithogale des Pyrénées
Parisette
Pavot à opium
Perce-neige
Peyotl
Pied d'alouette des champs
Pivoine des pharmaciens
Podophylle pelté
Poison sumac
Poivrier bétel
Pomme épineuse
Primevère de Chine
Renoncule rampante
Rhododendron des Alpes
Ricin
Rondelotte
Rosage
Rose de Noël
Souci d'eau
Stramoine
Strophante velu

Thérapeutique et prévention
Il semble logique de garder les enfants sous surveillance constante durant les promenades. Malheureusement, quand ceux-ci jouent dans un jardin, il est impossible de les empêcher de toucher voire de cueillir une plante. C'est la raison pour laquelle la prévention passe également par l'apprentissage.
Apprendre à un enfant à ne pas toucher aux baies, à une plante quelle qu'elle soit, une herbe, est facile mais il vaut mieux, auparavant, lui expliquer les risques encourus. Généralement, quand ceci est fait avec gentillesse mais fermeté, l'enfant comprend mieux et vite... En attendant qu'il reconnaisse lui-même les plantes dangereuses, il faut également lui faire comprendre de ne rien porter à la bouche de ce qui peut être toxique (brindilles d'herbe etc...).

De façon générale, il ne faut cueillir que les plantes que l'on connaît parfaitement, sinon s'abstenir pour ne pas être obligé de terminer la promenade aux urgences. La problématique est exactement la même en ce qui concerne les champignons.

Les soins à apporter à un individu ayant éventuellement absorbé une plante toxique sont les suivantes :
Dans un premier temps, il est nécessaire d'alerter les secours et suivre les conseils par téléphone (intérêt du téléphone portable) du SAMU de son département ou des pompiers, puis, si possible faire vomir.

L'absorption d'antipoison est fortement déconseillée : il faut laisser ce geste aux personnes spécialisées. L'absorption de lait (qui passe pour un antitoxique) n'est pas conseillée voire contre-indiquée. Ne rien donner à boire au patient.

Il est nécessaire de garder les plantes, les baies, les fruits etc. susceptibles d'être à l'origine de l'intoxication pour faciliter le diagnostic, et donc le traitement.

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