Myélodysplasie

Grec : muélos : moelle, dus : difficulté et plassein : façonner.

Définition 

Le terme de myélodysplasie, définit plus couramment le syndrome myélodysplasique, et désigne également la dysmyélopoïèse correspondant à une anomalie de la moelle osseuse.

Les patients atteints de cette anomalie ont un risque plus élevé d'évoluer vers une leucémie aiguë de type myéloïde (sans que cette complication de la dysmyélopoïèse soit permanente)

Ces anomalies de la moelle osseuse, entraînent une perturbation de la formation des globules rouges (dysérythropoïèse), des globules blancs (dysgranulopoïèse) et des plaquettes (dysmégacaryopoïèse).

Généralités 

Dans un tout autre contexte, ce terme, qui peut prêter à confusion si l'on ne fait pas attention, a été utilisé par Fuchs en 1909, pour caractériser une ou plusieurs anomalies de développement, d'origine congénitale touchant la moelle épinière (donc nerveuse) cette fois-ci, et non pas osseuse. (qui fabrique les cellules sanguines)

Pour mieux comprendre le syndrome myélodysplasique il est nécessaire d'avoir en mémoire quelques notions de base en hématologie (spécialités médicales concernant le sang). 

Le mot dysplasie désigne l'anomalie de maturation d'une ou deux, voire de trois lignées au niveau de la moelle osseuse. On entend par lignée, le processus de maturation, c'est-à-dire en quelque sorte, la façon de constituer, de former une cellule sanguine à partir d'une cellule-souche, cellule de départ qui est indifférenciée. Les spécialistes appellent ce type de cellules, les cellules totipotentes. Ceci signifie qu'une cellule de départ peut évoluer soit pour donner un globule rouge, soit pour donner un globule blanc soit pour donner une plaquette. Le processus de maturation porte le nom d'hématopoïèse ou formation sanguine.

Pour comprendre le processus d'hématopoïèse il faut se remémorer les états de développement et de maturation des différentes cellules sanguines de départ. Elles se divisent toutes en permanence, et chacune de ces cellules-souches, qui est nouvellement constituée, se différencie en cellules différentes de la lignée sanguine. Chacune de ces lignées cellulaires, se spécialise au final, grâce a un grand nombre des divisions.

Les divisions sont les suivantes : 

  • Erythrocyte.
  • Granulocyte.
  • Lymphocyte.
  • Monocyte.
  • Plaquette.

La formation des globules rouges, qui porte précisément le nom de l'érythropoïèse passe par plusieurs stades de développement dont le premier stade transforme une cellule totipotente en un proérythroblaste qui, à son tour, se différencie en érythroblaste (après l'incorporation de fer et de pigments sanguins qui est l'hémoglobine). Cette cellule devient ensuite normoblaste dont le noyau se condense progressivement puis s'atrophie. La phase suivante est celle de réticulocyte. Le réticulocyte se transforme en érythrocyte qui est la dernière cellule s'apprêtant à quitter la moelle osseuse, pour passer dans la circulation sanguine. Les érythrocytes perdent totalement leur noyau et ne possèdent plus la capacité de se diviser.  

La formation des globules blancs qui porte le nom de leucopoïèse entrant également dans le cadre de l'hématopoïèse, débute par une cellule-souche totipotente comme pour le globule rouge précédemment décrit. Tout commence par un monoblaste, lymphoblaste ou myéloblaste à partir desquelles, vont se développer les lignées cellulaires principales des globules blancs. Autrement dit les monoblastes vont se transformer en plusieurs étapes de division en promonocytes qui vont se développer eux-mêmes en monocytes

Les lymphoblastes vont se transformer en prolymphocytes qui vont eux-mêmes donner les lymphocytes B. En fonction de leur lieu de maturation, les lymphocytes T vont subir une maturation à l'intérieur du thymus,  et les lymphocytes B vont subir une maturation à l'intérieur de l'os (en anglais bone marrow).

Les granulocytes vont se développer à partir des myéloblastes en passant par les stades : myélocytes puis en granulocytes éosinophiles, basophiles ou neutrophiles.

La formation des thrombocytes, c'est-à-dire des plaquettes, porte le nom de thrombocytopoïèse.

Certaines cellules souches se différencient en mégacaryoblaste un des précurseurs des plaquettes.

L'étape suivante, est la transformation des mégacaryoblastes en promégacaryocytes qui deviennent eux-mêmes des mégacaryocytes que l'on appelle également cellules géantes de la moelle osseuse.
Les plaquettes, qui rappelons-le, portent également le nom de thrombocyte sont, avec un diamètre moyen de 3 µ et un volume moyen de 7 microcubes, les plus grandes cellules de la moelle osseuse.

Ensuite, par fragmentation du cytoplasme des mégacaryocytes donnent naissance aux thrombocytes c'est-à-dire aux plaquettes proprement dit.

Pour finir ce sont de petits morceaux de mégacaryocytes qui aboutissent à la formation de plaquettes. Il s'agit de formation sans noyau ayant la forme de petites plaques plus ou moins sphérique.

En résumé, le syndrome myélodysplasique est une anomalie des différentes étapes que nous venons de citer.

L'anomalie peut porter sur la première, la deuxième et la troisième lignée. Ces anomalies se déroulent comme nous venons de l'indiquer, au sein de la moelle osseuse.

Ceci entraîne des altérations de la quantité de chacun des éléments obtenus, c'est-à-dire globules rouges, globules blancs et plaquettes.

Ceci porte le nom de cytopénie, cytopénie de la lignée érythropoïétique ou cytopénie au cours de l'érythropoïèse (formation des globules rouges) cytopénie de la leucopoïèse (formation des globules blancs),  et cytopénie de la thrombopoïése (formation des plaquettes).

Épidémiologie 

Le syndrome myélodysplasique concerne à peu près 4 cas pour 100 000 habitants/an à 60 ans. Puis elle augmente avec l'âge 70 pour 100 000 habitants/an de 70 à 80 ans.

Les enfants sont très rarement atteints de syndrome myélodysplasique, néanmoins il est possible d'observer des cas de leucémie monocytaire.

La myélodysplasie qui fait suite à un traitement contre le cancer, ne présente aucune relation avec l'âge du patient, et se voit chez près de 15 % des cas dans une période de 10 ans qui suit le traitement.

Classification 

  • Le terme de myélodysplasie de la moelle épinière, qui rappelons-le n'a rien à voir avec la myélodysplasie de la moelle osseuse, désigne une ou plusieurs affections de la moelle épinière.
  •  La myélopathie cervicarthrosique appelée également myélopathie cervicale est une complication rare de l'arthrose touchant la partie de la colonne vertébrale concernant les vertèbres cervicales (le cou). Pour certains, les lésions secondaires à la myélodysplasie de la moelle épinière (généralement inaperçues) seraient à l'origine de malformations de type syndactylie ou encore de malformations du canal sacré (passage de la moelle épinière à l'intérieur de la colonne vertébrale de la zone correspondant au bas du bassin). La syndactylie est une malformation, se caractérisant par la soudure des doigts entre eux, la soudure des plans superficiels (doigts palmés), mais également des phalanges osseuses dans leur totalité (plus exceptionnellement). On a constaté chez des patients des incontinences urinaires nocturnes (impossibilité de retenir les urines pendant la nuit), des troubles de la sensibilité au niveau des pieds et des perturbations des réflexes. Ce terme issu du latin reflectere, réfléchir, est une réponse motrice (entraînant un mouvement) bref, instantané et involontaire de l'organisme grâce à une action de système nerveux. Ces réponses sont secondaires à une stimulation sensitive. La réponse sensitive est en rapport avec les sensations transmises par les nerfs sensitifs par l'intermédiaire des terminaisons nerveuses. L'exemple le plus connu du grand public est celui du réflexe rotulien qui consiste à frapper d'un coup b ef, mais suffisamment violent, le tendon situé en dessous de la rotule. Ce geste entraîne un redressement de la jambe quand l'individu concerné n'oppose aucune résistance et ne présente pas d'atteinte du système nerveux.
  • La myélodysplasie de la moelle osseuse appelée également syndrome myélodysplasique (S.M.D.) se caractérise par la présence de cellules souches en quantité élevée, mais anormales se différenciant des aplasies (absence de cellules souches) que l'on devrait appeler logiquement hypoplasies (diminution du nombre des cellules-souches). Les cellules-souches sont les cellules précurseurs (bébés cellules) des globules rouges, globules blancs et plaquettes.

En ce qui concerne le syndrome myélodysplasie,  il faut distinguer les formes primitives et les formes secondaires. Parmi les formes primitives soit 90 % des cas, il faut citer :

  • La leucémie myélomonocytaire chronique qui se caractérise par une élévation d'une variété de globules blancs : les monocytes. Il s'agit donc d'une monocytose qui s'accompagne de la présence, dans le sang , d'un grand nombre de monocytes qui n'ont pas complètement mûris et que l'on appelle des monocytes immatures associés à une anémie. Assez souvent il est possible, au cours de la leucémie myélomonocytaire chronique, de rencontrer une thrombopénie ce qui traduit une dysplasie des trois lignées sanguines (des globules rouges, des globules blancs et des plaquettes). Au cours de cette maladie on ne constate pas la présence de chromosome Ph. Des examens de laboratoire, montrent une augmentation des lysozymes du sang, et le myélogramme montre une prolifération des éléments granuleux et un trop grand nombre de myéloblastes et de monocytes. Pour ne pas confondre cette maladie avec une autre affection, il est nécessaire d'exclure une monocytose réactionnelle c'est-à-dire survenant à la suite de certaines maladies comme la syphilis, un cancer ou encore la tuberculose. L'évolution de cette maladie se fait souvent vers une leucémie aiguë.
  • Les anémies réfractaires idiopathiques dont l'apparition se fait essentiellement après l'âge de 50 ans, et qui se caractérisent par une résistance aux divers médicaments qui sont proposés aux patients. Dans ce cas, on constate une atteinte des deux ou des trois lignées assez fréquemment. L'évolution des anémies réfractaires idiopathiques, se fait vers une leucémie aiguë non lymphoblastique, assez fréquemment mais pas obligatoirement. C'est ce que l'on appelle le syndrome préleucémique. Récemment, les anémies réfractaires ont été séparées en deux groupes, selon que la dysplasie concerne uniquement les lignées érythroïdes (celle des globules rouges) ou plusieurs lignées à la fois.
  • Le syndrome 5q- se caractérise par une augmentation du nombre des plaquettes et des mégacaryocytes qui apparaissent segmentés en cas d'anomalies chromosomiques de type délétion du bras long du chromosome numéro cinq.
  • La métaplasie myéloïde hagnogénique.

 

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