Maladie des laxatifs
Définition
Affection du colon due à l'usage trop prolongé et trop intense des laxatifs sources d'irritation de la muqueuse colique.
Physiopathologie
L'utilisation abusive des laxatifs est le plus souvent la conséquence de troubles obsessionnels ou phobiques. L'impression erronée que le malade a de ne pas avoir été à la selle de manière suffisante provoque ce comportement.Chez quelques patients ont constate d'ailleurs l'utilisation concomitante de médicaments diurétiques et plus précisément de salidiurétiques dont le but inavoué est de maigrir. Ceci concerne essentiellement les femmes.
Causes
Les médicaments laxatifs les plus souvent utilisés sont les dérivés de l'anthraquinonique.La phénolphtaléine fait partie également de la liste des laxatifs particulièrement irritant.
Symptômes
Selles trop liquides et trop fréquentes (diarrhées) entraînant une perte d'ion potassium (hypokaliémie).Maigreur quelquefois importante chez certaines patientesPhobie de la constipation
Consultation médecin
La déshydratation (perte liquidienne) que présente les patientes se traduit par :Maigreur (parfois très importante) et surtout liée à l'utilisation de diurétique (médicament ayant la capacité d'accentuer l'élimination des urines)Sécheresse des muqueuses (lèvres entre autres)Coloration sombre de la peau liée à une pigmentation exagérée
Analyses médicales
Le dosage du potassium sérique montre une hypokaliémie (baisse du taux de sodium dans le sang).L'électrocardiogramme qui est quelquefois effectué par le généraliste montre un tracé susceptible d'être le reflet d'une hypokaliémie.Chez quelques patients on constate la présence d'une acidose métabolique. L'acidose métabolique est la traduction d'un déséquilibre du pH de l'organisme. Autrement dit cet excès d'acide (entre autres) traduit les difficultés que présente l'organisme à maintenir son homéostasie. L'homéostasie est la faculté que possède un être vivant de maintenir ou de rétablir certaines normes physiologiques, entre autres la concentration du sang et de la lymphe, la pression artérielle, indépendamment du milieu extérieur.
Examen médical
Il s'agit essentiellement de l'endoscopie colique (visualisation directe de l'intérieur du colon par un système optique). Cet examen paraclinique met en évidence la mélanose ou nigrose colique. Il s'agit d'une coloration particulière de la muqueuse (couche de cellules recouvrant l'intérieur des organes creux en contact avec l'air) du colon, résultat d'une pigmentation (présence de pigments colorés) due à des dépôts de lipofuscine.La lipofuchsine est un pigment de nature graisseuse, de coloration tirant sur le brun susceptible de s'accumuler dans certains tissus (dystrophie maculaire vitelliforme).Le lavement baryté constitue également un examen paraclinique intéressant. En effet il permet de montrer l'effacement des haustrations et du relief de la muqueuse. Chez quelques patients en met en évidence également l'insuffisance de tonicité (de contraction) de la partie descendante du colon (colon gauche) et une béance de la valvule de Bauhin. La valvule de Bauhin est une zone anatomique constituée par la jonction de l'intestin grêle et du gros intestin (côlon). C'est plus précisément le point de jonction entre la dernière partie de l'intestin grêle (l'iléon) et la première partie du gros intestin (le caecum).Une des caractéristiques du gros intestin est sa couche musculaire disposée longitudinalement et en périphérie. Celle-ci entoure la totalité du côlon mais pas de manière régulière. En effet, elle comporte trois bandes musculaires longitudinales. Selon la tension de ces bandelettes et la contraction de la couche musculaire, on constate, à intervalles de quelques centimètres, des rétrécissements réguliers constituants des bosselures appelées les haustrations. Ces haustrations se modifient en permanence selon le déroulement du péristaltisme intestinal colique, c'est-à-dire des ondes de contraction automatique et conjuguée des fibres longitudinales et circulaires situées le long du côlon. Ce péristaltisme affecte d'autres organes du tube digestif comme l'oesophage et l'intestin, se propageant de proche en proche et garantissant le cheminement graduel du contenu du tube digestif.La présence des laxatifs irritants dans les selles et les urines (surtout la phénolphtaléine, les sulfates, magnésium etc.) aide à orienter le diagnostic en faveur de la maladie des laxatifs.
Evolution de la maladie
Le plus souvent on constate des récidives malgré la prise en charge thérapeutique.
Complications de la maladie
Selon la gravité de l'affection la patiente est susceptible de présenter des troubles cardiaques et rénaux liés aux carences en potassium et en sodium.
Traitement
Une prise en charge psychothérapeutique et diététique est le plus souvent nécessaire. Elle permet d'expliquer au patient ses troubles et l'aide à remplacer les laxatifs irritants par d'autres beaucoup moins agressifs pour la muqueuse du colon tels que le son ou les mucilages.Bien entendu, quand cette affection entraîne des désordres électrolytiques trop importants et plus particuièrement l'hypokaliémie (chute du taux de potassium dans le sang) il est alors nécessaire de corriger les déséquilibres.
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