Kératite

Grec : kéras : cornée.

Définition 

Le terme kératite désigne l'ensemble des inflammations concernant la cornée.

Classification 

Exemples de kératite :

  • La kératite herpétique (herpetic keratitis) due à une infection par le virus herpès.
  • La kératite vésiculaire se caractérise par l'apparition de petites gouttelettes ressemblant à des vésicules au niveau de la cornée. Cette variété de kératite et due à une infection par le virus de l'herpès.

  • La kératite Kératite calcaire de Galezowski (en anglais keratitis petrifecans se caractérisant par la présence à la surface de la cornée de plaques ayant perdu leur transparence et dont la coloration tire sur le gris. Un constat d'autre part, à ce niveau, des reflets légèrement plus sombres. Ces plaques sont susceptibles de se développer en avant de la pupille entraînant une baisse de la vision plus ou moins importante.
  • La kératite filamenteuse ou fibrillaire (en anglais keratitis filamentosa, filamentous keratitis) correspondant à une atteinte de la cornée  se caractérisant par l'apparition, à la surface de la cornée, de structures adoptant la forme de filament qu'il est possible de comparer à des fils de soie tendus. Ces excroissances longs et menues proviennent de l'épithélium cornéen c'est-à-dire des cellules recouvrant la cornée elle-même.
  • La kératite parenchymateuse ou interstitielle diffuse (en anglais intetstitial keratitis) appelée également kératite de Hutchinson se caractérise par l'apparition de lésions de la cornée se manifestant par une modification des couches composant cet organe : les lames  moyennes et profondes. Ce type de kératite est le résultat d'une infection par la syphilis congénitale.
  • La kératite de Hutchinson qui est une kératite s'accompagnant d'autres malformations telles que des anomalies dentaires entre autres (dents deHutchinson).
  • La kératite à hypopyon de Roser (en anglaishypopyon keratitis) appelée également ulcère de Saemisch ou ulcus serpens correspond une variété de kératite due à une infection et se caractérisant par l'apparition de pertes de substance (ulcérations) prenant la forme d'ondulations (ulcérations serpigineuses) au niveau de la cornée. Elle s'accompagne généralement de sécrétion de pus dans la chambre antérieure du globe oculaire. La kératite à hypopyon serait le résultat d'une infection par un pneumocoque.
  • La kératite nodulaire de Salzmann étudiée par l'allemand Maximilien Salzmann en 1925 (en anglais Salzmann's nodular comeal dystrophy) correspond à une dégénérescence de la cornée se caractérisant par l'apparition de minuscules bosses adoptant la forme de grain de riz. Généralement la kératite nodulaire de Salzmann  apparaît à la suite d'une kératite phlycténulaire. Son évolution s'effectue sur de nombreuses années et n'entraîne pas de lésions majeures.
  • La kératite nummulaire de Dimmer correspond à une kératite survenant superficiellement et sans doute due à une infection par un virus. Cette variété de kératite dont le pronostic est bénin mais particulièrement douloureuse s'accompagne de photophobie (peur maladive de la lumière) et d'un larmoiement sans inflammation des conjonctives (conjonctivite) ainsi que par la pénétration, à l'intérieur des deux cornées (kératite bilatérale), de formations prenant la forme de petits disques.
  • La kératite phlycténulaire (en anglais phlyctenular keratoconjunctivitis) appelé également kératite pustuleuse, kérato-conjonctivite phlycténulaire,  ophtalmie phlycténulaire, conjonctivite phlycténulaire, conjonctivite impétigineuse, scrofulo-tuberculode de la cornée et de la conjonctive, kératite lymphatique de Panas, kératite phlycténulaire ou pustuleuse correspond à une affection touchant l'enfant et se caractérisant par l'apparition au niveau de la conjonctive et de la cornée de petites grosseurs de coloration grise. Cette affection s'accompagne d'une inflammation importante et le patient se plaint de photophobie (la lumière devient insupportable) et de sécrétion importante de larme. L'examen de la cornée montre la présence de petites pertes de la substance sous forme d'ulcérations généralement  en surface et ayant tendance à se cicatriser rapidement. L'évolution de cette variété de kératite se fait rarement vers une atteinte cornéenne plus importante à type de perforation par exemple. Ce sont le plus souvent les enfants infectés par le bacille de Koch (tuberculose) qui présentent cette affection. L'impétigo et certaines affections rhinopharyngées s'accompagnent parfois de kératite pustuleuse.
  • La kératite ponctuée (en anglais keratitis punctata) appelée également aquo-capsulite ou descemétite se caractérise par une atteinte des couches profondes de la cornée c'est-à-dire de la membrane de Descemet. À ce niveau on constate la présence de petites taches et d'une inflammation de l'iris (iritis). Les patients atteints de kératite ponctuée présentent d'autre part une augmentation de la tension à l'intérieur du globe oculaire et des perturbations de fonctionnement de l'humeur aqueuse (passage difficile vers les différentes chambres de l'oeil).
  • La kératite de Thygeson, étudiée par l'Américain Thygeson Phillips en 1950,  correspond à une variété de kératite survenant au niveau des 2 deux yeux (kératite bilatérale). Elle se caractérise par l'apparition d'un ensemble de petits grains de coloration tirant sur le blanc et atteignant les strates (couches) superficielles de la cornée. La kératite de Thygeson débute brutalement. Les patients présentent une photophobie (crainte de la lumière) et un excès de sécrétion de larme (larmoiement excessif). Cette kératite évolue spontanément vers un rétablissement qui est émaillé  de rechutes s'étalant quelquefois sur une longue période (de deux à trois ans).
  • La kératite ulcéreuse correspond une variété d'atteinte de la cornée se caractérisant par l'apparition de petit ulcère (pertes de substance) sous forme de petits points.
  • La kératite neuro-paralytique (en anglaisneuroparalytic keratitisse) se caractérisant par l'apparition de perte de substance sous forme de petites plaies cornéennes dues à des troubles de la vascularisation et des fonctions vitales de la cornée (dystrophie). Cette affection est le résultat d'un mauvais fonctionnement du nerf trijumeau qui est le nerf qui innerve cette partie du visage. La kératite neuroparalytique débute sournoisement. En effet la cornée, qui devient progressivement insensible, présente un jour brutalement des lésions qui vont s'aggraver. Ces lésions se caractérisent par une perte de la transparence de la cornée et une perforation de celle-ci. Dans les cas les plus graves on constate l'accumulation de pus de niveau de l'oeil entraînant parfois la fonte du globe oculaire. Cette variété de kératite est le plus souvent le résultat d'une infection par un zona ophtalmique. Dans certains cas il s'agit d'une infection par un virus herpétique ou encore d'une intoxication par des métaux lourds tel que l'arsenic. Il est possible également de constater une intoxication par certains produits chimiques et plus précisément le trichloréthylène. Enfin l'atteinte du trijumeau n'est pas rare. Précisément ce nerf présente des lésions au niveau de son noyau qui est comprimé par une tumeur du cerveau. Dans certains cas le trijumeau est interrompu à la suite du lésion importante du ganglion de Gasser à type de destruction totale. Enfin, plus rarement ce type de kératite survient après une intervention chirurgicale au cours de laquelle le nerf trijumeau a été malencontreusement sectionné.
  • La kératite ponctuée appelée également keratitis punctata, aquo-capsulite ou descemétite est une inflammation de la couche la plus profonde de la cornée portant précisément le nom de membrane de Descemet où l'on constate la présence de petites taches. Cette variété de kératite s'accompagne le plus souvent d'une iritis (inflammation de l'iris) séreuse avec trouble de l'humeur aqueuse. D'autre part on constate une augmentation de la tension intérieure de l'œil.
  • Le terme kératocèle désigne la hernie de la membrane de Descemet à travers une ulcération survenant au niveau de la cornée.

Anatomie 

La membrane de Descemet (en anglais Descemet's membrane), découverte par Jean Descemet (1732-1810), appelée également lame limitante postérieure ou lamina limitans posterior corneae, est une membrane de la cornée située à la face profonde de celle-ci juste en arrière de sa substance propre.
 

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